Chapitre 3 : fuite

1315 Mots
June s’habillait pendant qu’Alfred la regardait avec gourmandise. - C’était parfait, Alfred ! - Mais tu dois m’expliquer. - Expliquer quoi ? - Ce qui t’a pris. Tu es assez timide d’habitude…je veux dire…tu prends très rarement les rennes mais là…tu m’as surpris car tu avais l’air déchainée. - Je peux être imprévisible, tu sais ? répliqua-t-elle en souriant. - C’est encore cet homme ? Ton beau-père ? Automatiquement l’expression du visage de June changea. - Je ne veux pas parler de ça avec toi et surtout pas maintenant ! - D’accord mais… - Non, arrête ! Elle s’était déjà rhabillée et commença par fourrer son jouet et ses bas dans son sac. - Tu pars déjà ? Tu avais dit vouloir grignoter un truc avant. - Je suis sensée être chez moi à cette heure. Le mieux est que je parte. Elle prit une pause puis reprit : - Ce n’est pas que je…c’est beaucoup trop complexe pour être expliqué et tu le sais. Je sais que ce n’est pas bien l’attirance que j’ai pour…cet homme mais je n’y peux rien et je ne veux vraiment pas qu’on me fasse de sermons par rapport à cela. - Tu sais que jamais je ne ferai une telle chose. - Ok alors n’aborde plus le sujet. June se baissa pour nouer ses lacets. - June ? - J’écoute. - Entre nous…tu penses que…tu penses qu’il pourrait…je veux dire que nous... - Tu me fais quoi là, Al ? - Tu me plais beaucoup June. Au de-là de ce qui se passe actuellement entre nous. - Tu veux dire que… - Je…Je… - Non ! ne le dis surtout pas. Je t’en supplie ne fais pas ça. - June… Elle agrippait déjà son sac contre elle et s’enfuit par la porte pendant qu’impuissant, Alfred la laissait s’en aller. Il était bien conscient que ce qu’il venait de faire allait peut-être tout changer mais il avait jugé que c’était le moment idéal pour se livrer. Jamais il n’avait été question d’autre chose plus que du sexe entre eux. Elle n’arrêtait pas de fantasmer sur son beau-père, elle voulait quelqu’un avec qui elle pourra coucher quand cela lui plaisait bien et apparemment c’était uniquement ça ce qu’elle voulait mais lui…lui était raide dingue d’elle. *** Greg rentra assez tard. Il trouva June assise dans le salon, lumières presque éteintes. Il s’inquiéta et pensa qu’elle allait encore mal donc il s’élança vers elle après avoir allumé les lumières. - Tu ne vas pas bien, June ? - Si. - Pourquoi tu es assise dans le noir et tu parais si triste ? - Je vais bien. - Non mais…tu à l’air pâle. Tu as encore de la fièvre ? - Je viens de dire que je vais bien. Dois-je te faire un dessin peut-être ? Greg s’offusqua mais ne répliqua pas. Se rendant compte de sa bêtise, elle s’excusa aussitôt. - Désolée. Je suis vraiment désolée. Je monte dans ma chambre. Bonne nuit. Il hocha simplement la tête et la regarda monter les marches. Lorsqu’elle fut dans son lit, June ne put s’empêcher d’éclater en sanglots. Elle aurait aimé que tout se passe autrement. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fallu que son meilleur ami vienne tout gâcher ? Pourquoi lui avait-il fait ça alors qu’il savait très bien qu’elle en bavait pour un autre et que lui était la seule personne qui pouvait l’emmener dans cet autre monde où rien d’autre ne comptait à part leur plaisir à eux deux ? ces moments uniques où elle avait la possibilité de s’imaginer vivre ses désirs les plus sombres… ? June ne sut trouver des réponses à ses questions. Elle passa une grande partie de la nuit éveillée et ne finit par sombrer entre les bras de morphée qu’à l’aube. Sa décision était prise. Si les sentiments devaient s’y mêler, elle préférerait qu’entre elle et Alfred, il ne se passe plus rien car en ses mains, jamais elle n’aurait le courage de placer son cœur. Epuisée physiquement et mentalement, pour la énième fois depuis des mois, elle s’était endormie en rêvassant des bras musclés de Greg autour de sa taille, elle le chevauchant avec sensualité et lui l’encourageant en l’embrassant comme si sa vie en dépendait. *** Le soleil s’était levé il y avait un moment et les oiseaux avaient cessé de chanter leurs doucereuses mélodie matinale mais June dormait toujours. Elle entendit vaguement la porte de sa chambre s’ouvrir puis se refermer et une odeur de plat fumant vint lui titiller les narines. C’était Greg ! Elle ouvrit les yeux et tomba sur son magnifique sourire. Qu’il était beau…il s’était rasé et sentait divinement bon ! June n’arrivait pas à arracher les yeux de ses abdos, son corps magnifique. Pourquoi n’avait-il pas pris la peine de mettre un t-shirt ? ça lui aurait certainement évité tant de tourments alors qu’elle venait à peine de se réveiller ! Dans ses mains robustes il tenait un plateau sur lequel avait été majestueusement placé le petit déjeuné. - Allez ! on se réveille pour grignoter et commencer la journée en pleine forme ! - Nooon…laisse-moi dormir s’il te plait. - En aucun cas ! c’est une très magnifique journée, tu ne vas pas en cours et je nous ai organisé une petite sortie ; pour finir, tu n’as pas droit de jouer à la flemmarde. Tu vas te lever, prendre ton petit déjeuner ensuite ta douche et on lève le cap. Je suis sûr que tu vas aimer. - Sérieux ? - J’ai l’air de plaisanter peut-être ? répondit-il en riant, laissant entrevoir sa belle dentition. Il ne fallut pas encore mieux pour que June se lève complétement de son lit. Elle avait les yeux qui pétillaient à l’idée de passer toute une journée avec Greg. Jamais cela ne s’était produit. Elle prit rapidement son petit déjeuné et fila sous la douche d’où elle sortit aussi rapidement qu’elle y était entrée. Greg avait prévu un panier de pique-n***e et était prêt tout comme elle lorsqu’elle l’eut rejoint. - Alors, où allons-nous ? - Pique-n****r. Ensuite on ira se balader. On fera tout ce que tu veux aujourd’hui à condition de rentrer assez tôt pour que tu te reposes. Ta mère rentre demain et je ne veux aucunement qu’elle pense que je ne me suis pas assez bien occupé de toi. - Ça me va ! répondit-elle toute souriante. Ils prirent place dans le véhicule et Greg prit le volant. Il mit de la musique et June ferma les yeux, un sourire béat aux lèvres. C’était trop beau pour être vrai. - Tu as un petit copain ? questionna-t-il au bout d’un moment. La question la fit sursauter. Elle ouvrit instinctivement les yeux. - Pardon ? - Je demandais si tu avais un petit copain. Tu peux très bien ne pas répondre si tu penses que c’est déplacé de te demander cela. Je respecterai ton intimité. - Oh mais non, non ! fit-elle gênée. Ce…n’est pas…je veux dire…oui euuuh n…oui, oui. J’ai euh…j’ai un petit copain mais actuellement c’est un peu tendu entre nous. - Ah bon ? Pourquoi ? Parce que je raffole de toi, bordel ! voulut-elle hurler mais elle se contenta de répondre un sourire forcé aux lèvres : - Pour des broutilles…je suis sûre qu’il comprendra que j’avais raison et oh…on s’aime beaucoup du coup euh…ça va s’arranger je pense. - D’accord. J’espère qu’il ne joue pas au con avec toi car tu es une jeune femme magnifique et pleine de vitalité. « C’est moi la conne à ne pas arrêter de flasher sur toi…, je pense » - Merci. Elle se contenta de sourire et se mit à regarder le paysage par la vitre. Le reste du trajet se passa dans le silence, ce qui parut beaucoup mieux à June tellement elle détestait bégayer quand il lui posait une simple question.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER