Chapitre 17

1937 Mots
C’était un magnifique coucher de soleil, les vagues venaient frapper ses pieds arrivant jusqu'à ses genoux, au bord de la mer. Kélèty était un amoureux de la nature, il venait passer tout le reste du soir à contempler cette merveilleuse mer, À Barô il n’y a point de mer, juste des fleuves et des marigots. Cette mer était bondée de créatures de toutes espèces que Kélèty entrevoyait. Il discutait même parfois avec ces quelques diables qui passaient par ci par là. À la tombée de la nuit, quand il n’y avait personne dans l’eau, tous les diables qui pouvaient le voir, avaient déserté, alors il se déshabilla complètement et fit des sauts dans l’eau, il fit des ronds pendant des minutes, et sans le remarquer, une présence féminine vint se planter dans son dos. - Est-ce qu’elle est tiède ? Fut la voix dans son. Brusquement il se retourna et fit face à une des plus belles créatures qu’il n’avait jamais vu, enfin à part Sarata bien sûr. Sarata ! Il n’arrêtait pas de penser à elle, elle avait pris possession de son esprit, il n’aurait jamais pensé dire ça mais, elle lui manquait, atrocement ! Des femmes, il en a connues un tas dans sa vie, mais Sarata semble différente de toutes celles qu’il a côtoyées. - Eh oh…je te parle ! S'impatiente la fille qui lui faisait face, et complètement nue en plus. Il revint vite fait à la réalité. - Excusez-moi ? Je peux vous aider ? Demande-il. - Je te demandais, si l’eau est tiède. Cette fille qui lui faisait face, ne semblait même pas de préoccuper du fait quelle soit complètement nue devant un homme, au contraire elle s’en délectait et à en juger par son expression joyeuse, on pourrait affirmer qu’elle a anticipé tout ceci pendant un moment. - Euh…ça fait déjà un moment que je suis là donc…elle est normale pour moi, par contre toi qui vient d’arriver je ne pourrais pas en dire de même pour toi. Doucement, elle approcha de plus près, jusqu'à ce que l’eau vienne lui toucher les pieds, quand elle s’habitua à cette température, alors elle descendit encore plus bas elle fut trempée jusqu'au coup, elle commença à nager d'un coin sous l’œil attentif de Kélèty qui ne la quittait pas d un œil. - Que fais tu tout seul ici, humain ? - Je profite de la nature et de la paix qu'elle me procure. - Tu as des tourments ? Je peux t'en débarrasser tu sais ; dit-elle en faisant un autre saut cette fois en s’approchant un peu de Kélèty. - Disons que je préfère les garder, ils font parti de moi, je n'ai pas le droit de m’en débarrasser. - Oh…je vois. Sinon, dis moi un peu, tu viens d'où toi ? Question piège, constata Kélèty, son nom et tête étaient postés un peu partout dans la région, il était toujours recherché pour vol et outrage a la cour royale. Un seul faux pas de sa part, et il était cuit. D’ailleurs il ne savait même pas d'où venait cette femme, une inconnue qui vient l’aborder en pleine nuit et toute nue au bord de la mer, ça ! C’était assez inquiétant. - De très loin ! Répondit-il vaguement. - Oh…et cet endroit, il n’a pas de nom ? - Et si on parlait de toi, par exemple comment tu t’appelles ? Demande-il pour changer de sujet. - Je vois que tu es trop méfiant, y'a-t-il une raison particulière à ça ? - Oui y en a une, dit Kélèty en se redressant de toute sa hauteur dans l’eau et venir à l’encontre de cette mystérieuse jeune femme. Une fille qui s’adresse comme ça à moi toute nue et me demande de lui raconter ma vie est très louche. Et j’ai pour habitude de me méfier de l’eau qui dort. Sur ce, dit-il en s'approchant davantage de la belle demoiselle. Je te souhaite une excellente bonne soirée. Il se retira de l’eau et la laisser toute pantelante. Il ramassa ces habits et s'habilla à la hâte et parti. Au loin il lui lança ceci : - En passant, tu es vraiment magnifique ma belle, mais désolé, je ne peux répondre à tes avances ce soir. Elle lui fit un doigt d’honneur dans l’eau. Kélèty en ria et Continua son chemin, à cette heure ci, les vieux du village avaient fini de se raconter leurs contes, mais il y’a une chance que père Samba soit encore éveillé. Pendant qu’il s’approchait du village, il surprit une conversation entre deux personnes, à les voir, il sut directement qu'il s’agissait des diables et ils prononcèrent le mot « roi ». Il leur suivi avec attention tout ce qu’ils se disaient. Il dû se cacher derrière une case pour éviter de se faire repérer et pour mieux les entendre aussi. - Le roi Moussa est si cruel ! Commença l’un d’entre eux. C'est vrai quoi, comment peut-il enfermer sa propre fille, l'avenir de Barô dans un donjon, uniquement par ce qu'elle est enceinte d'un humain. Nous connaissons tous sa haine vorace envers ces espèces mais, de là à… - Tais-toi Noumoukey, le coupa le second. N'oublie pas que tu es entrain de proférer des propos vexants contre la personne du roi, et tu sais la peine que tu encours si jamais tu venais à te faire prendre, et tu n'es pas sans savoir qu'ici les mûrs ont des oreilles. - Oui je sais Aly, mais… - Mais rien du tout, ce que fait le roi ne nous regarde en rien, il gouverne aujourd'hui toute la région, il a des espions prostrés devant toutes les maisons. Un seul mot de travers, et tu peux dire adieu à ta minable vie. C’est une discussion entre frère. C’est ce qu’il cru comprendre. - Écoute, Noumoukey, tu es mon frère et je ne veux que tu sois victime de tyrannie, alors je te le demande en tant que frère, de laisser tomber tout ça. Laisse le roi faire ce qu’il à envie, toi tu n’as rien avoir avec ça. Quelqu'un qui enferme sa propre fille dans une cage soit disant qu’elle l'a trahi, tu imagines ce qu’il peut faire à quelqu'un comme toi, quelqu'un qu’il ne connaît même pas ? - Oui tu as raison grand frère, il faut que j’oublie cette histoire. Figé, Kélèty ne put attendre une minute de plus et s'élança vers la maison du vieux Samba, espérant lui demander de l’aide. Sa course effrénée l'a fait transpirer au point où il fut essoufflé, quand le vieux Samba l'aperçu au loin, sut directement qu’il y avait un problème. Il rentra à l'intérieur de sa maison et sorti avec un gobelet rempli d’eau, qu’il lui tendit juste à temps. - Vous lisez dans les pensées mon père ? Demande-t-il après qu’il ait ingurgité une quantité d'eau pour calmer son stress. - L’eau est le meilleur remède pour les gens qui sont en panique, ça leur permet de se calmer et de digérer leur état. - Oui vous avez raison, je crois que j’ai fait une énorme connerie mon père. - Et si tu commençais d’abord par t’assoir, comme ça on pourrait discuter calmement. Il alla chercher un tabouret et vint s'assoir au pied de la chaise du grand homme. - Très bien, maintenant dis moi ce qu'il y'a ! Il raconta toute l'histoire, au vieux Samba. Il lui évoqua tous les passages de ce dont les deux frères se disaient. Attentif, Samba écoutait son récit avec calme et sagesse. Kélèty finit par rajouter ceci : - Vous vous rendez compte mon père, que la princesse est peut-être enceinte de moi ? - Oui je me rends bien compte mon fils. Et le moins que l'on puisse dire, c’est qu’on ne s’y attendait pas du tout. Alors qu’est ce que tu comptes faire à présent ? - Comment ça qu’est ce que je vais faire ? Je ne vous comprends pas. Que pensez-vous que je vais faire ? Samba tira très fort sur sa pipe, et dégagea l’odeur qui se vaporisa dans l’air. - Si cet enfant était le tien, assumerais-tu les conséquences de t’es actes ? Endosserais-tu ton rôle de père ? Ne s’attendant pas à cette question, il fut éberlué, prit de court. - C’est vrai que je n’y avais jamais songé, sachez néanmoins que je ne suis pas un lâche. - Je n’ai jamais dit ça, je veux simplement que tu me dises, jusqu’où tu es prêt à aller pour cet enfant ? On peut dire que Kélèty n’a vraiment aucune chance avec les diables, il a toujours des problèmes avec ceux-ci, d’abord il se fait kidnapper par l’un d’entre eux et il se trouve aujourd’hui qu’il est le père de l’enfant de la princesse du royaume, un autre héritier du trône. Si Sarata est réellement enceinte d’un humain, kélèty sait et admet haut et fort qu’il est vraiment son géniteur. Jamais il n’oubliera cette nuit d’amour passée avec elle, il se souvenait de tout, de sa timidité quand il lui avait effleuré le menton, celle qui au début semblait être une tigresse, s’est transformée en une fleur quand elle s’est lâchée dans ses bras. Kélèty ne savait pas dans quoi il s’embarquait, ou peut-être que si. Mais une chose était sûre, il allait se battre pour son fils ou sa fille. Alors c’était décidé, il allait enfin sortir de l’ombre, plus besoin de se cacher à présent, il allait faire face au roi, à sa fille et au tout le peuple de Bâro. Pour l’instant il ne savait pas comment s’y prendre mais il allait sûrement trouver quelque chose. - Tu as pris la bonne décision mon fils ! Hein ? quoi ? il regarda Samba d’un regard interrogateur, ce dernier amusé lui sourit et ajouta : - Je lis aussi dans les pensées, tu as oublié ? - Oh…oui bien sûr, que suis-je bête ! Se maudit-il. - Tu as pris la bonne décision je disais donc, reprit le vieil homme en recouvrant son sérieux. Mais un bon soldat ne part jamais en guerre sans ses armes, il faut que tu sois armé Kélèty. - Et avec quoi vais-je m’armer ? demanda kélèty. Samba se releva de sa chaise, et s’appuya sur sa béquille et d’une voix espiègle lui dit : - Viens avec moi que je te montre ma collection d’art.
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