Chapitre 19

1967 Mots
Cela faisait maintenant plusieurs minutes que personne dans la pièce n’osait parler. Tous étaient scotchés, sur cet individu qui prétendaient être Kélèty. Assis sur le fauteuil, Fanta blottit dans ses bras et qui pleurait à chaudes larmes. Des larmes de joie disait-elle. Habib, Oumou et Bourama son jeune frère n’y comprenait rien à toute cette histoire. A vrai dire, ils étaient tous convaincus du fait que plus jamais, ils ne reverraient Kélèty, après 21 ans d’absence, ils étaient persuadés qu’ils ne reviendraient plus. - Vous croyez vraiment que c’est lui Kélèty ? chuchota Bourama aux oreilles de sa femme et de son beau-frère. - Je n’en sais pas trop ! - Quand mon frère a été enlevé, à l’époque j’étais si jeune ! toi qui étais tout le temps avec lui, pourquoi tu ne te rappelles pas de son visage ? - Parce que quand il a quitté ici, il avait encore un visage d’adolescent, mais là, regarde cet homme, il est tout en muscle, en plus il doit faire dans les 1,90m, contrairement à moi qui suis dans les 80. - De toute façon, ma mère semble y croire donc… Quand son état euphorique fut enfin passé, la vieille maman n’en revenait toujours pas du retour de son fils, elle parsema son visage de bisous. N’arrêtant de lui dire à quel point il lui avait manqué et vice versa. - Kélèty…c’est vraiment toi..., je ne rêve pas n’est-ce pas ? demandait Fanta toujours blotti dans ses bras. - C’est bien moi maman, je suis bien ton fils Kélèty ! - Bourama, regarde ton grand frère est revenu ! je vous avais dit que Kélèty allait revenir ! Doucement, elle se détacha de Kélèty, qui, à son tour se leva du fauteuil dans lequel il était assis, et vint se planter devant nos trios très sceptiques de la situation. - Comme vous avez changés, commença Kélèty. Je ne suis pas étonné vous savez, parce que je vous voyais presque tous les jours ! je suis fier de ce que vous avez accompli durant mon absence. - Allez Bourama, tu vas rester là à me regarder où tu vas venir te blottir dans mes bras ? Il n’en fallut pas plus d’une seconde à celui-ci pour venir s’y glisser. Kélèty l’étreignit jusqu’à étouffement, qu’est-ce que c’était bon de revoir sa famille, se disait-il. - Si c’est bien toi mon frère, je n’arrive plus à te reconnaitre, lui dit son petit frère en s’éloignant un peu pour le contempler, n’arrivant toujours pas à croire que son frère disparu depuis des années lui faisait face. - Ce n’est pas grave mon frère ! tu étais si jeune quand j’ai quitté ici, tu ne sais pas à quel point je m’en veux encore de vous avoir délaissé. - Ce n’est pas de ta faute, maman m’a dit qu’un méchant personnage t’avait enlevé ! - Oui en quelques sortes. Quand il se libéra de l’étreinte de son jeune, il vint à nouveau auprès de son ami d’enfance, celui qui a accompli ses obligations envers sa famille pendant qu’il était loin, de celle-ci. - J’espère au moins que toi tu ne m’as pas oublié ? - Je ne rêve donc pas ? Kélèty mon frère oui c’est vrai je n’ai plus aucun doute là-dessus ! Et c’était parti pour une nouvelle accolade, mais cette fois, c’était plus intense, c’était une accolade amicale, le genre qui n’apporte que du soutien. Ce retrouvaille familial a rameuté les bonnes humeurs de tout le monde. Notre vieille Fanta n’arrivait plus à se détacher de son fils. - Dis-moi, tu veux un verre d’eau ? - Oui avec plaisir ! - Oumou, apporte-lui de l’eau ! - Oui tout de suite, s'empresse celle-ci qui ne savait plus où se donner de la tête. - Vas y dis-moi tout ! comment ça se fait que tu es là ? comment tu as fait pour arriver ici ? est-ce que ce démon a enfin décider de te rendre ta liberté ? allez raconte-nous un peu ce que tu as fait pendant tout ce temps, oh…dis-moi comment vas-tu depuis le temps ? - Calme toi maman ! dit Kélèty en s’adressant à sa veille maman, qui ne tenait presque plus sur ses pieds. Puis il rajouta cette fois-ci à l’adresse de toute l’assemblée : - Si vous savez tous, j’ai tellement de choses à vous raconter, mais pour cela, il me faut beaucoup plus qu’un verre d’eau que je tiens là dans mes bras. Son jeune frère proposa alors : - Je suggère qu’on y aille au dehors sur la terrasse ! on sera plus tranquille et puis c’est plus spacieux. ~~~ L’obscurité, le silence, seuls ces deux éléments lui tenaient compagnie. A six mois de sa grossesse, son père n’a pas eu pitié d’elle pour la sortir de son cachot et lui traiter comme le méritait toute femme enceinte. Non ! l’égo de son père était incommensurable, sa haine pour l’espèce humaine était beaucoup plus forte que l’amour qu’il ressentait pour sa fille ; certes, cette dernière l’avait trahi en s’offrant à un humain, mais quand même. Sarata ne savait plus combien de temps elle a passé ici, enfermée comme une criminelle, même un vrai criminel était mieux traité qu’elle en matière de conditionnement. Au moins, eux avaient droit à de la visite deux fois par semaine, tandis que, elle, n’avait droit à rien du tout, à aucun traitement de faveur. Le roi a interdit l’accès à sa cellule à tout le monde, aucun garde n’osait s’y aventurer, il lui apportait lui-même ses repas, ne laissant personne s’en charger à sa place. En effet, depuis qu’il a appris pour la grossesse de sa fille, il avait complètement changé, en pire pour être exact. Il ne voulait pas ébouriffer la nouvelle, voulant garder ça entre eux, mais hélas ! les murs ont des oreilles ! A peine une semaine qu’il fut au courant de ça, que déjà les chuchotis avaient commencé dans tout le palais jusqu’à ce qu’aujourd’hui toute la région était au courant maintenant. Sira sa meilleure amie seule prenait encore des risques pour elle, se faufilant parfois pour venir lui tenir compagnie, tout en lui apportant quelques amuse-gueules pour qu’elle tienne au moins la forme. Souvent, elle se faisait prendre par le roi, malgré les réprimandes et les mises en gardes de celui-ci, elle s’entête quand même à tenir compagnie à son amie. Elle se foutait des conséquences que ça pouvait engendrer. - Sarata, je t’ai apporté quelques fruits, dit Sira en les lui glissant du seul trou qui servait de fenêtres au cachot. - Oh…Sira, qu’est-ce que tu es adorable ! merci beaucoup. - Les amis, c’est fait pour ça. En plus Kèmo n’a de cesse de prendre de tes nouvelles. - Hummm. - Oh…je croyais que ça te ferait plaisir de savoir que quelqu'un prenait de tes nouvelles. - Ne t’emballe pas Sira, entre lui et moi ce n’était qu’une question de plaisir, rien de plus. - Il a l’air de tenir à toi pourtant ! - C’est mon statut qui l'intéresse tu veux dire ? - D’accord je vais rien dire maintenant. Nos deux amies étaient tranquillement entrain de savourer leur moment de paix ensemble, quand les bruits de bottes se sont faits entendre en leur direction. Sira n'a même pas eu le temps de réagir que déjà, le roi Moussa lui faisait face avec sa grandeur. Dans son regard, il y avait tant de colère que Sira penait à le regarder dans les yeux. - Majesté ! Salua-t-elle. - Sira combien de fois t'ai-je défendu de ne jamais lui apporter à manger, c’est une prisonnière comme les autres et elle ne mérite pas de traitement de faveur. Ou bien tu veux te joindre à elle ? - Désolée majesté ! Dit-elle en s’effaçant pour le laisser seul avec la princesse. - Oh…mon charmant petit papounet est venu voir comment se porte sa belle petite princesse, dit-Sarata avec sarcasme. ~~~~ - Je n’arrive pas à croire que tu ais eu des relations avec une princesse démone ! S'exclame Fanta après que Kélèty lui mis au courant de sa mésaventure avec Sarata. - Et oui maman, tu comprends maintenant pourquoi je dois à tout prix la sortir de là. C’est à cause de moi si elle s’est faite prisonnière pendant tout ce temps. - Oh…mon fils… En effet, Kélèty avait raconté sa situation actuelle à toute sa famille du mieux qu’il a pu. Faut l’admettre, ce n’était pas une histoire qui pouvait se raconter en une seule nuit. Ces derniers n’en croyaient pas leurs oreilles, c’était si hallucinant et incroyable. Pendant tout ce temps, ils s’étaient faits à l’idée qu’il était peut-être mort à l'heure qu’il Est, mais faut croire que le destin nous réserve des drôles de surprises. - Dis Kélèty, comment tu comptes t’y prendre ? Lui demanda Habib - Je n’en sais rien pour le moment ! - Attends tu es entrain de nous dire que tu vas affronter un roi démon, mais tu n’as aucun plan d’attaque ? - Oui c’est à peu près ça. - Mais c’est de la stupidité voyons ! Du pur suicide. Tu veux te jeter dans la fosse aux lions ! - Je n’ai pas d’autres choix Habib ! Rétorqua-t-il. - Bien sûr que t'as le choix ! S’énerve celui-ci. - Mais tu t’entends parler ? Je te rappelle qu’il s’agit de mon enfant ! - Tu n’as aucune confirmation là-dessus. Il n’avait pas tord. Certes, il a eu des rapports avec celle-ci mais qu’est ce qui peut garantir qu’il est vraiment le père de cet enfant ? Peu importe, bientôt il saura toute la vérité. Les deux amis étaient en train de se disputer violemment, et personne ne put intervenir par crainte de se retrouver au milieu des deux. - Écoute Kélèty, reprit Habib cette fois plus calmement. Nous sommes ta famille. Nous t’avions déjà perdu une fois, et ça nous a brisé le cœur à tous. Je ne veux plus voir ta mère souffrir de ta perte à nouveau, alors je te le demande en tant que frère, d’oublier cette histoire. - Il ne le fera pas Habib ! Intervint Fanta qui en avait plus que marre de les voir comme ça. Tu sais comme moi que quand Kélèty prend une décision, rien ni personne ne peut lui faire changer d'avis. - Mais maman… - Kélèty est un homme aujourd'hui, il n’est plus un enfant. Il sait ce qu’il fait, et pour la première fois de ma vie, j'approuve cette décision. Ça prouve à quel point mon fils n’est pas un lâche qui fuit ses responsabilités. Ce fut un choc pour Kélèty, sa mère a toujours désapprouvé son comportement ou ses agissements, prétextant le protéger d’éventuels dangers. - Mais enfin maman, c’est ridicule ! Continue Habib qui n’était toujours pas d’accord de sa décision. Fanta se dirigea vers Habib. - On doit faire confiance à Kélèty, Habib. Tu comprends ? Toujours réticent, mais Fanta trouva les bons mots pour faire tomber ses barrières. - Je comprends ce tu ressens Habib, et crois moi nous t'en serons éternellement reconnaissants pour tout ce que tu as fais pour nous. Mais Kélèty est libre de ses choix à présent. On doit simplement le soutenir peu importe ce qu'il fait. D accord ? Il hocha frénétiquement la tête. Fanta se retourna cette fois pour faire face à Kélèty. - Tu es sûr de ce que tu fais hein ? Lui demande-t-elle à l’adresse de son fils. - Non ! Mais si vous me soutenez et que vous êtes avec moi alors je crois pouvoir y arriver. - Dans ce cas tu as ma bénédiction ! 
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