• CHAPITRE 5 •

1956 Mots
L'amour est la vie si vous manquez d'amour vous manquez la vie. Mes vacances sont terminées. Je rentre demain. Ma tante est de garde aujourd'hui aussi, elle travaille tout le temps. - Stp ne rentre pas! Il me fait un câlin  - Je dois travailler tu le sais - Restes ici je peux dire à ma mère de t'inscrire à la même école que moi elle acceptera  - Non Ousmane je ne peux pas... c'est impossible  Il se lève et monte dans sa chambre. Je le rejoins. - Ousmane arrêtes tes enfantillages  - Prends le comme tu veux Je le serre fort contre moi et il me fait la bise. * * * C'est le grand jour, je rentre enfin à Dakar après de merveilleuses vancances ici à Saint-Louis l'ancienne capitale du Sénégal. Une magnifique ville... Mariama, Sidy et Mouha sont venus hier pour me dire au revoir et me souhaiter un bon voyage. Ousmane est vraiment triste mais il doit s'y faire et m'oublier, oublier ce qui s'est passé, se dire que ce n'était qu'un rêve... J'ai dit à ma tante de se reposer et que Ousmane pourra m'accompagner à l'aéroport.  - Alors tu t'en vas comme sa? - Ousmane! J'ai les larmes aux yeux - Chut pleure pas! Il essuie mes larmes Il m'embrasse pour la dernière fois... On annonce mon vol... J'ai dormi pendant une heure pour oublier la fin de mes vacances.  De retour chez moi!  Fatou est venue me prendre avec Aïda et Moctar: je me demande comment ces deux-là ont fait pour que Fatou accepte qu'ils viennent avec elle. * * * Aujourd'hui c'est la rentrée, après de merveilleuses vacances de noël. Ça m'a permis de penser à autre chose que les études, les problèmes familiaux, la maladie de mes parents... Je porte les nouveaux habits qui m'ont été offerts par ma tante. Ma tante... Ousmane il me manque...non je dois l'oublier, le sortir de ma tête définitivement. Avant la sonnerie, je raconte mes vacances à Aïda mais pas ce qui s'est passé avec Ousmane. Aïda est devenue un loustic pour moi: je me méfie un peu d'elle... On est en classe au cours de maths, mais j'ai l'esprit ailleurs. Je garde l'.... oh mon Dieu je me sens mal, j'ai la tête qui tourne... je me lève et cours aux toilettes sans demander la permission je n'ai pas le temps pour ça... Je déverse tout, je sens quelqu'un me tapoter le dos et m'attacher mes mèches: c'est Aïda. - Ça va? Je me rince la bouche et le visage. - Non je me sens mal - T'as mangé quoi?  - Rien - C'est bizarre! Tu devrais rentrer... Je repars en classe accompagnée de Aïda et m'excuse auprès du professeur il me demande si tout va bien et je réponds que je suis un peu souffrante. Je récupère mes affaires et sors de la classe, je demande un billet de sortie au surveillant et rentre chez moi. Je me sens vraiment mal: j'ai la tête qui tourne tout le temps ça a commencé hier nuit et maintenant des vomissements. Ma mère m'a fait un interrogatoire quand je suis rentrée et heureusement que Fatou est au boulot. J'ai dû mentir à ma mère et dire que le professeur s'est absenté. Pendant le dîner autour du bol mes malaises reprennent. Je m'excuse et pars aux toilettes mais je tombe à terre et tout d'un coup du noir... A mon réveil j'ai un mal de tête incessant, je suis dans notre chambre à Fatou et moi. Maintenant ils vont s'inquiéter et me poser maintes questions alors que je ne sais même pas ce qui m'arrive. Fatou entre avec un bol de bouillie à la main. - Tiens ça te fera du bien - Merci  - Qu'es-ce que tu as?  - Je ne sais pas... sûrement la fatigue et le stress des cours. Je fuis son regard. - Ah tu penses... hum tu as eu des rapports avec Moctar? Je recrache la bouillie et la regarde avec de gros yeux faisant l'air d'être choquée et perturbée par sa question. - Jamais - Je n'en crois rien - Fatou fiches moi la paix ok j'ai répondu à ta question maintenant laisse moi me reposer. Elle me lance un dernier regard et sort de la chambre et aussitôt je déverse toutes les larmes de mon corps. Non je ne peux pas être en enceinte, je dois chasser cette pensée de ma tête. Je rigole en y pensant moi Nafissatou Ba enceinte que vont dire les gens non. Et si je l'étais non je n'imagine pas une telle catastrophe ma mère me tuerait à coup sûr. De toute façon si je le suis Moctar est un bon gars il assumera, du moins je pense! N'est-ce pas? Mais en y pensant je n'ai pas vu mes règles et... non... non. * * *  Le lendemain à l'école, Aïda me force pour que je fasse le test. - Non je ne suis pas enceinte ! - Qui sait? Tu as couché avec lui? Que je sache oui alors fais le test si tu en es aussi sûre, c'est simple! - D'accord je le ferai pour te montrer que je ne suis pas enceinte. Et pour me convaincre... A la descente on va à la pharmacie pour acheter un test de grossesse. J'avais tellement honte quand on l'achetait. Je n'ai cessé de penser à cela durant toute la journée.  Merde m***e m***e ça ne peut pas être non m***e le test s'est avéré positif et cela veut dire que... que je suis enceinte de Moctar Cissé. Mon Dieu on va me tuer. Et c'est sûr que le père c'est Moctar mais comment vais-je annoncer ça à ma famille? A ma mère? Et mon père? Toutes sortes d'idées sont passées par ma tête durant cet instant: j'ai pensé à me suicider, à avorter, à prendre beaucoup de médicaments pour tuer ce qui naît en moi, à m'enfuir de la maison, à aller chez un marabout... j'ai pensé à TOUT. Les larmes coulent et j'ai la main sur ma bouche, je n'y crois pas. J'ai mal au coeur. Je vais devenir folle...je ne dis rien à Aïda. Je rentre chez moi les larmes aux yeux, le coeur qui bat la chamade, les mains tremblantes, que dois-je faire à présent? J'entre dans la maison, traînant les pieds, mon visage ne présente aucune émotion: choquée? triste? déçue? Ma mère et ma soeur Fatou accourent à ma vue. Je laisse tomber mon sac. - Qu'est-ce qu'il y a?  Ma mère est terrifiée  - Hey! Ma soeur me secoue légèrement. Je ne peux même pas lever la tête pour les regarder, j'ai tellement honte de moi, je me sens sale, souillée. - Yaye... - Quoi?  - Yaye, je suis enceinte, dis-je en hoquetant  Elle n'y croyait pas, ma soeur elle avait les yeux grands ouverts. Elle me regardait, dégoutée. Ma mère me gifla sur le champ, la gifle la plus forte que je n'ai jamais reçue, une giffle vraiment forte. Mon père mon Dieu il est là. Je n'ai pas la force de le regarder.  - C'est quoi ce bazar encore? - Ta fille est enceinte... enceinte. Elle répétait le mot comme pour se convaincre du contraire. Elle se laisse tomber à terre et se tient la tête. Fatou met sa main sur sa bouche. Je ne peux décrire le sentiment qui m'a envahi à cet instant et je le ressens toujours quand j'y repense: la déception de ma famille, la honte de ma vie... En plus mon père ne parlait pas il s'est retourné et est parti dans sa chambre sans rien dire...rien. - "Sors de cette maison... va-t-en je ne veux plus te voir sale dévergondée, tu ne mérites pas de vivre, tu nous as déshonoré, tu nous as tué. Que vont dire les gens à propos de notre famille, sama "noone yi"(mes ennemies). Je ne sais pas ce que j'ai pu faire de mal, l'erreur irréparable que j'ai pu commettre pour avoir donné naissance à une fille comme toi: impolie, ne respectant personne même pas ses propres parents. Je regrette de t'avoir donné la vie Nafissatou, de t'avoir porté pendant neuf mois car tu n'es qu'une ingrate en fin de compte. Est-ce trop te demander d'étudier et d'être correcte? Mais au lieu de ça tu te prostitues. " Elle fond en larmes. OUAW! Les paroles qu'elle m'a dites sont les plus atroces que je n'ai jamais entendu. C'est comme si elle me coupait vivante. J'ai gâché tout l'espoir qu'elle avait fondé sur moi. Ses paroles sont celles d'une mère fatiguée, déçue, trahie, choquée... par sa fille adorée. Mais c'est mon destin ça devait arriver et c'est arrivé mais dois-je jeter la faute à Dieu? Bien vrai que chacun a son destin déjà tracé mais chacun est responsable de ses choix, mettre de ses actes.  Mes trois frères se tenaient là et n'avaient rien à dire tellement ils étaient bouleversés. Soudain un cri résonne dans la maison... Non pas ça: mon père a fait une crise. Et ça, ce n'est que le début du commencement! - Papa je cris  Mes frères portent mon père. Ma mère était terrifiée elle ne pourrait supporter un autre malheur, elle restait inerte. Nous prenons un taxi pour nous rendre à l'hôpital Abass Ndaw vu qu'on habite à la médina. En attendant des nouvelles de mon père qui est aux urgences j'entends toutes sortes de choses. - Tout cela est de ta faute.  Mon frère aîné Thierno est énervé et je n'ose pas le regarder ou me défendre je risque de prendre une autre dose. Il continue: - Je te jure que s'il lui arrive quelque chose je ne te le pardonnerai jamais! Puis le silence total, Fatou ne disait rien elle était assise à même le sol. Et ma mère pleurait silencieusement mais j'entendais ses renifflements. Il ne lui restait aucun mot et la voir comme sa me faisait de la peine et savoir que c'était à cause de moi me détruisait. La voir comme sa ne faisait qu'affirmer à quel point je représente un calvaire pour eux. Kyara avait raison sur toute la ligne, tout ce qu'elle m'avait dit était vrai. Je regrette du fond du coeur, je faisais ma rebelle, ma "p**e" celle qui aime de toute son âme et voilà tout se retourne contre moi. J'aimerai remonter le temps et corriger mes fautes mais c'est impossible. Il ne me reste qu'une chose: prier.  Prier pour que mon père ne nous quitte pas. Prier pour que Moctar assume. Prier pour que mes malheurs s'arrêtent ici. Prier pour que ma mère me pardonne Prier pour que tout redevienne comme avant. Prier et encore prier pour tant de choses.  Que tout redevienne comme avant mission impossible: j'ai perdu leur confiance, trahi leurs sentiments et voir même perdu leur amour si fort. Ma mère éprouve une répulsion pour les filles-mères qu'elle qualifie de "p**e". Et j'en suis une, je m'amusais, je disais profiter de la vie, de ma jeunesse et j'ai trébuché. Mais cet enfant ne doit pas être la cause de tous mes maux au contraire prenons les choses du bon côté, il me relie à Moctar, il sera tellement content quand il apprendra et on se mariera enfin. Il sera à moi, rien qu'à moi. Mais en ce moment, je dois penser à mon père.  Le docteur s'avance vers nous et parle à mon frère: - L'état de votre père est maintenant stable mais son état  s'est aggravée. Il ne s'est pas encore réveillé mais vous pouvez aller le voir. Ma soeur aînée Awa est arrivée, c'est la plus grande suivie de mon frère Thierno. - Bonjour je suis venue dès que j'ai appris pour papa. Comment il va? Ah oui les nouvelles passent vite à la médina. - Mal vraiment mal réponds ma mère qui pleurait toujours.  Fatou lui explique la situation dans un coin. J'ai pu remarquer sa déception, elle me regardait des fois et se concentrait sur ce que Fatou disait. Avant son mariage nous étions très proches: j'étais sa confidente. Quand je pense à ce que je leur fais endurer depuis ma naissance, j'ai envie de me ôter la vie car je ne la mérite pas du tout. VOTEZ S'IL VOUS PLAÎT 
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