• CHAPITRE 7 •

1509 Mots
Sourie même si tu es triste on ne sait jamais qui pourrait tomber amoureux de ton sourire. Je ne sais plus quoi faire: la mort de mon père puis l'effondrement de mon premier amour. Je me couche dans mon lit de jeune fille où j'ai évoqué tant de fois l'image de Moctar. Ce soir-là, je me sentais seule et triste. Je suis perdue. Un fiel intense de rage et d'impuissance corrodait mon coeur; mes larmes amères se sont mises à couler lourdement, silencieusement, des larmes inutiles. Je suis plongée dans un silence de néant, le néant des coeurs qui avait rempli le temps et l'espace d'un rêve de bonheur, qui tout d'un coup se brise, laisse un avenir long, vide de sens, inondé de déceptions. Mes larmes continuent toujours leur chute molle. Dans ma grande détresse je n'entendis pas l'arrivée de ma mère qui avait deviné mon désespoir et qui accourait me consoler. Une main amie caresse mon visage et les mèches de mes cheveux qui bouclent sur mon front. Ma mère s'assoit à mon chevet et me prend dans ses bras. C'est l'efficace consolation qu'il faut à ma douleur. Toutes les deux, blotties l'une dans les bras de l'autre, nous pleurons notre impuissance. - Maman pardonne moi pardon - Chut ne pleure pas ma fille Enfin quelque chose de positif, la colère de ma mère était descendue. J'avais vraiment besoin d'elle, de ses mots doux, de ses conseils, de sa tendresse. * * * SIX MOIS PLUS TARD J'en suis à mon neuvième mois, je n'ai raté aucune de mes visites. Selon le médecin tout se passe bien. J'espère... Je ne me suis toujours pas remise de la mort de mon père et la perte de mon premier amour. Durant ces six mois, j'ai essayé d'oublier, mais rien n'y fait. J'essaie de montrer à tout le monde que je me suis relevée. Mais combien de nuits ai-je passé à pleurer? A regretter? A me torturer? J'ai même essayer de me suicider en me coupant les veines mais rien, on m'a amené à l'hôpital immédiatement, c'était à mon quatrième mois. Combien de fois ai-je prier pour que Dieu me prenne? Mais quand j'ouvre les yeux je suis toujours là, je fais toujours partie de ce monde cruel. Qu'ai-je fait pour mériter cela? Désobéir à mes parents! Être irrespectueuse envers eux! Les défier! Je regrette toutes les fautes que j'ai négligé jusqu'à la plus petite. Tant de regrets. Kyara, ainsi que ma famille m'ont soutenu tout au long de ma grossesse. Je ne pourrai leur payer tout cela. J'attends cet enfant avec impatience mais j'ai peur, peur de l'accouchement car ça fait très mal et mes cauchemars ne m'aident pas. Aïda vient de moins en moins me voir et cela m'inquiète. Je ne sais pas quelle en ai la raison. J'ai prévu de lui demander aujourd'hui pour savoir quelle en est la raison. En ce moment, j'ai besoin de soutien, mais je ne la sens pas, elle s'éloigne de moi. Kyara entre dans la chambre et me sort de mes pensées. - Nafi j'aimerai discuter avec toi - Oui vas y! C'est pas grave j'espère?  - Cela dépends de comment tu vas le prendre. - ... - Aïda et Moctar t'ont-ils semblé bizarres depuis que tu les connais? - Oui j'avoue, d'ailleurs Aïda était amoureuse de Moctar au début de notre relation... - Abon, alors tu n'es pas au courant de la nouvelle qui court? - Je ne sors plus Kya - Je ne vais rien te cacher. Je ne veux pas que tu l'apprennes dans la rue de la bouche d'une peste. Je ne veux pas que les gens se moquent de toi à ton passage. Aïda et Moctar sortent ensemble. Je veux que tu sois forte et que tu gardes la tête haute ma belle. Je plonge sur le lit et mes larmes coulent. Il fallait qu'elle m'en rajoute. Aïda ma Aïda non. A ce moment, je l'a détesté. Comment a-t-elle osé me faire ça ? Non et depuis quand ils sortent ensemble? Mon Dieu. Que se passe-t-il? Pourquoi moi? - Non non ce n'est pas vrai... tu mens ! - Nafi, calme toi. Je suis désolée mais je ne pouvais pas te mentir, te cacher cela. Arrêtes, ce n'est pas bien pour le bébé.  Elle réussit à me calmer difficilement. Je suis dévastée, je ne sais plus où en donner de la tête, je ne sais plus quoi faire, les événements se bousculent dans ma tête. Tout est mélangé. Je prends mon téléphone et envoie un message à Aïda lui demandant de venir pour que je puisse lui parler. Dix minutes après elle arrive et frappe à la porte de ma chambre. Elle me trouve entrain de faire les cents pas en me caressant le ventre. Je suis un peu perturbée mais j'essaie de rester calme.  - Nafi ça va?  - Aïda c'est vrai? - Quoi? - Toi et Moctar? Elle ne parlait pas et me regardait d'un air ennuyé, ce qui avait le don de m'agaçer. Je regarde le plafond pour ravaler mes larmes. Je ferme les yeux et quand je les ouvre, c'est pour regarder Aïda dans les yeux. Elle me dégoûte tellement.  - RÉPONDS  Je ferme la porte à clé et reviens me placer devant elle je peux vous dire que je l'aurai tué à cet instant mais je me retenais je voulais des explications claires et nettes. Je me sentais lourde. - "Oui c'est vrai Nafi. Tu croyais quoi hein que je te le laisserai? Ah ça non chérie. Je l'ai toujours aimé et il n'aurait jamais dû t'appartenir! Tu croyais que je ne l'aimais plus ou quoi? Eh ben tu t'es fait des illusions car je l'aimais. Il faut que tu fourres ton nez partout Nafi. Tandis que je cherchais un moyen de le séduire toi tu l'avais déjà. Cela m'a fait tellement mal. Durant tout ce temps je me suis retenue..." Quel toupet! - Sale peste! Aïda! J'aurais dû écouter Kya. Ta mère doit s'en vouloir à mort de t'avoir donné naissance car tu n'es qu'une diablesse. Si tu aimais tant Moctar t'aurais dû me le dire. Je me serai sacrifiée pour toi. Mais au lieu de ça, mademoiselle a préféré me poignarder dans le dos et faire sa sale p**e. - Attends attends la sale p**e? La p**e ici c'est toi et ça (en pointant mon ventre) en est la preuve. C'est toi qui a perdu ta virginité, qui a déshonoré ta famille pas moi.  Je lui plaque une bonne gifle bien forte. Les larmes coulent je bouille intérieurement. Je crie:  - Tu ne parles pas de mon enfant et tu ne me traites plus jamais de p**e sous mon toit en plus. Si je n'étais pas enceinte je t'aurai devisagé depuis longtemps. N'oublie pas que toi aussi tu n'es plus vierge. - Nafissatou tu es aussi bête? Je te jure que tu en es drôle. Quand je t'ai dit que je n'étais plus vierge c'était pour te remonter le moral pour que tu continues à coucher avec Moctar que je puisse atteindre mon objectif. - Quoi? Je m'assois sur le lit ne pouvant digérer tout ça, Aïda ne peut pas être aussi méchante, aussi diabolique. Elle ouvre la porte et sort. Mes larmes coulent, je me lève pour marcher un peu, je sens que je vais exploser. Oh mon Dieu, il ne manquait que ça. Mon liquide amniotique est sorti. Je m'assois et respire fortement. Je sens les contractions intermitantes de mon utérus et j'ai mal au dos. Je crie de toutes mes forces à cause de cette douleur, à cause de tout ça et je ne sais sais plus où j'en suis vraiment. Ma soeur accoure dès qu'elle voit le sol mouillé elle met sa main sur sa bouche et crie en ressortant de la chambre. Je me tords de douleur. Elle revient, accompagnée de ma mère et de mes frères. Ils m'aident à me lever et m'amènent à l'hôpital. Ma mère panique. J'ai mal, atrocement mal... - Ça va aller ma fille, calme toi J'ai l'impression qu'elle essaye de se convaincre de rester calme. J'entre dans la salle d'accouchement où il y avait d'autres femmes. On me met une perfusion et elles font remonter ma robe. Une sage-femme mesure je suis à combien de centimètres. Je suais à mort. Quand je commence à pousser rien ne peut décrire cette douleur. Elle est indescriptible. Je suis les instructions de la sage-femme. Les larmes coulent, j'ai mal. Je vois que la tête est sortie je ferme les yeux et continue à pousser. C'est bon... C'est fini... je soulève la tête pour voir car je n'entends aucun bruit. Pourquoi il ne pleure pas? La sage-femme me regarde avec pitié. - Vous avez accouché d'un mort-né  J'étais sans voix. Non pas ça cela ne peut pas se produire. Je ne verrai pas mon bébé sourire, je ne l'entendrais pas pleurer ni me dire "maman". Je l'ai perdu. J'ai tellement mal au coeur que mes larmes refusent de couler. - Mon bébé - C'est une souffrance foetale explique la sage femme J'imaginais déjà son avenir, notre avenir. Je revois tous ces visages défiler: papa, Moctar, Aïda... mon bébé. Je me tiens la tête et crie de toutes mes forces. Je sens une piqûre et mes paupières s'alourdissent... VOTEZ S'IL VOUS PLAÎT 
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER