5. Les distractions étaient minces à Exeter. J’étais en permanence sous surveillance. Quand le roi avait besoin de moi, il m’envoyait chercher. Certain que je ne chercherais pas à m’évader — j’avais donné ma parole et puis je craignais d’être tué — je pouvais le suivre à la chasse. Un jour, nous longeâmes le ria de l’Exe et voyant l’embouchure de la rivière, les voiles, les barques, j’éprouvai une violente nostalgie de la France. Tournai, Paris, Amboise, comme vous étiez loin ! Mais si proche ! Frion venait parfois me sonder. Je gardais bouche cousue sur mes sentiments réels. Et il en fut pour ses frais, le sale espion. En tout cas, il ne me ressortit plus l’histoire de la veille de la bataille de Taunton, lorsqu’il me retourna comme une crêpe. Un jour, il s’approcha de moi et me glissa :


