troisLes Gavroy échappèrent aux exécutions sommaires et aux incendies qui furent le lot de toute la région. Monsieur Jourdan mourut en 1915, d’une fluxion de poitrine mal soignée. Les Gavroy pensèrent qu’on pouvait de nouveau accrocher le crucifix dans la pièce où il avait logé et qui servit logiquement de chambre funéraire. Mais on n’osa placer devant le corps le verre d’eau bénite et la branche de buis qu’Émilienne avait toujours en réserve dans un coin du buffet. Les Gavroy trouvèrent, bien que cela leur en coûtât, qu’il fallait respecter les opinions du défunt. Beaucoup de gens défilèrent devant le corps, embarrassés de ne rien trouver qui leur permît de bénir la dépouille. Alors, on fit des signes de croix à sec, à droite et à gauche et n’importe où, avec un sourire complice qui voula


