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UN MARIAGE ARRANGÉ AVEC UN MILLIARDAIRE

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Lorsque Clara a épousé Nathan, un inconnu rencontré lors d’un rendez-vous arrangé, elle s’attendait à une vie de couple paisible, discrète et sans histoire. Rien de plus.Elle ne pensait pas un instant que son mari serait aussi collant et possessif qu’un chewing-gum sous une semelle.À sa grande surprise, Nathan semblait capable de résoudre tous ses problèmes dès qu’elle en avait besoin. Chaque fois qu’elle l’interrogeait, il répondait simplement : « La chance. »Jusqu’au jour où Clara tomba sur l’interview d’un célèbre milliardaire local, réputé pour choyer sa femme. En regardant la vidéo, elle fut frappée par une évidence : cet homme riche ressemblait étrangement à son propre mari.Et la femme comblée d’attentions à l’écran… c’était elle.

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Chapitre 1
Une journée ordinaire POV Clara La fissure au plafond était toujours là. Une vieille cicatrice en zigzag que j'avais baptisée ma rivière à l'envers. — Toi non plus t'as pas dormi ? j'ai murmuré. Cinq heures quarante-cinq. J'ai coupé le réveil avant qu'il ne braille. Debout. Café noir. Douche. L'eau chaude a tenu trois minutes, comme tous les matins. Dans le miroir, mon reflet m'a renvoyé des cernes et des cheveux emmêlés. — Vingt-quatre ans, j'ai dit à la glace. T'en parais trente. La fille dans le miroir n'a pas répondu. Avant de partir, j'ai effleuré la photo sur ma table de chevet. Maman, souriante, ses cheveux bruns cascadant sur ses épaules. La photo datait d'avant la maladie. — Bonjour maman. Je me bats. Toi aussi, d'accord ? J'ai glissé le cadre dans mon sac et je suis sortie. Le bus 27 était bondé. Coincée contre la vitre, je regardais la ville défiler sous la pluie fine. Un couple s'embrassait sous un abribus. J'ai détourné les yeux. Je ne peux pas me permettre de rêver. Les rêves, c'est pour ceux qui ont un filet de sécurité. « Le Petit Grain » sentait le café torréfié et le pain grillé. — Clara ! T'es trempée comme une soupe ! Monsieur Perrin m'a tendu mon tablier, l'air bougon. — J'aime la pluie, monsieur Perrin. — Personne n'aime la pluie. Tu radotes. — Vous êtes charmant ce matin. — Je suis toujours charmant. Allez, madame Girard arrive dans dix minutes. Café crème, une dosette et demie de sucre. — Pas de mousse, j'ai complété. — Et c'est pour ça que je te garde. Madame Girard est arrivée à huit heures précises, son cabas au bras. — Un café crème, ma p'tite Clara. — Une dosette et demie de sucre, pas de mousse. — T'as l'air fatiguée, toi. Tu dors assez ? — Dormir ? C'est quoi ce concept ? Elle a claqué la langue. — Les jeunes. Toujours à courir. Tu vas te brûler les ailes. — Je cours pas, madame Girard. Je tiens debout. Elle a glissé un billet dans le pot à pourboires avant de partir. Monsieur Leblanc a suivi, expresso serré. Puis la dame du pressing, chocolat viennois. La valse des habitués. Je connaissais leurs commandes par cœur. C'était ma façon à moi de leur dire : je vous vois. À la pause, je me suis assise à la table du fond avec une serviette en papier et un stylo. J'ai dessiné un logo. Clara's. Ma future pâtisserie. Des lettres entrelacées, élégantes, la promesse de vitrines pleines de macarons et de tartes au citron. — C'est quoi ça ? Monsieur Perrin lisait par-dessus mon épaule. — Rien, j'ai dit en cachant la serviette. — « Clara's ». C'est ta future boutique ? — C'est juste un rêve. Il a posé sa tasse et m'a regardée avec une expression bizarre. — Les rêves, ma petite, c'est ce qui nous tient debout quand tout s'écroule. Faut pas les cacher sous une serviette. — Pour que tout le monde voie que j'ai pas les moyens de le réaliser ? — T'es pas pauvre, Clara. T'es en pause. C'est pas pareil. J'ai souri, amère. — En pause. J'aime bien. — Tu devrais être à la tête de ta propre boutique, pas ici à servir mes cafés. Les jours passent vite. Faut pas trop attendre. Il est retourné à son comptoir. J'ai plié la serviette et je l'ai glissée dans ma poche. Le soir est tombé. Le vent faisait claquer les enseignes dehors. Je ringais les tasses quand mon téléphone a vibré. Tante Patricia. Mon sang s'est figé. — Quoi ? a demandé monsieur Perrin. — Ma tante m'appelle. — Et alors ? — Elle m'appelle jamais. Sauf quand c'est grave. J'ai décroché. — Allô, tante Patricia ? — Clara. » Sa voix était tendue, méconnaissable. — Qu'est-ce qui se passe ? — Il faut qu'on parle. C'est urgent. — Urgent comment ? C'est maman ? — Ta mère va... aussi bien que possible. Mais ce n'est pas pour ça. Viens chez moi ce soir. Immédiatement. — Tante Patricia, vous me faites peur... — Viens. Je t'expliquerai. Ça concerne ton avenir. Et celui de ta mère. Ne traîne pas. Elle a raccroché. Je suis restée plantée, le téléphone à la main, le cœur battant à tout rompre. — Clara ? a dit monsieur Perrin. Qu'est-ce qu'elle a dit ? — Rien. Enfin, elle a rien dit. Mais... il faut que j'y aille. Je suis désolée... — Arrête de t'excuser. Vas-y. Je fermerai. Il m'a tendu un billet de vingt euros plié en quatre. — Prends un taxi. — Je peux pas... — Tu me le rendras plus tard. File. J'ai attrapé le billet en bredouillant un merci étranglé. Puis j'ai couru sous la pluie, la serviette avec le logo Clara's encore froissée dans ma main. Le taxi m'a déposée devant un immeuble cossu aux façades propres. Patricia habitait un autre monde. Elle m'attendait sur le pas de la porte, pâle, sans maquillage. Patricia ne sortait jamais sans maquillage. — Clara, a-t-elle dit en m'embrassant rapidement. Entre. Assieds-toi. Je me suis assise sur le canapé, mes mains serrées sur mes genoux. — Tante Patricia, qu'est-ce qui se passe ? C'est maman ? — Non. Ta mère va... aussi bien que possible. Mais ton grand-père a pris une décision. Mon grand-père paternel. Henri Saint-James. Je ne l'avais pas revu depuis l'enterrement de mon père. — Quel genre de décision ? Elle a fermé les yeux une seconde. — Tu te souviens du pacte entre les Saint-James et les Blackwood ? — Blackwood ? Non... — Le grand-père Blackwood et Henri étaient amis. Très proches. Ils ont scellé un pacte il y a des années. Et aujourd'hui... Henri exige qu'il soit honoré. — C'est-à-dire ? Elle m'a regardée, les yeux pleins de détresse. — Il a organisé ton mariage, Clara. Avec Nathan Blackwood. Dans un mois. Le silence qui a suivi était assourdissant. — Mon quoi ? — Ton mariage arrangé. J'ai éclaté de rire. Un rire nerveux, absurde. — C'est une blague ? On est en quelle année, là ? — Ce n'est pas une blague, a-t-elle murmuré. Et tu n'as pas le choix. — Comment ça, j'ai pas le choix ? — Henri a tout verrouillé. Si tu refuses, les fonds pour les soins de ta mère sont coupés. La maison est saisie. Ta mère... — Ma mère quoi ? — Elle se retrouvera à la rue. Sans soins. Sans rien. Je me suis levée d'un bond. — C'est du chantage ! Patricia a baissé les yeux. Elle n'a pas nié. J'ai reculé, les jambes tremblantes. — Je peux pas... Je le connais même pas, ce Nathan... — Rencontre-le au moins, a-t-elle plaidé. Une fois. Peut-être que ce n'est pas un monstre. — Peut-être, j'ai répété dans un souffle. La serviette avec le logo Clara's était toujours serrée dans ma main, froissée, brûlante. — Très bien, j'ai cédé, vidée. Je le rencontrerai. Une fois. Rien qu'une fois. Patricia a hoché la tête, soulagée. Mais une lueur de culpabilité traversait son regard. J'aurais dû me méfier. J'aurais dû poser plus de questions. Mais je ne savais pas encore que cette rencontre unique allait changer ma vie pour toujours. Et je ne savais pas que Nathan Blackwood n'était pas du tout l'homme qu'il prétendait être.

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