Chapitre 11 Un pâle soleil éclairait l’anse de Penfoul, ce bras de l’Odet, situé à deux encablures de la mer, où était installé le port de plaisance de Bénodet. Le ciel était gris, ce qui faisait qu’on apercevait à peine la fine arcure – peinte dans les mêmes tons – du superbe ouvrage d’art qui enjambait la rivière à quelque trente-cinq mètres au-dessus du niveau des plus hautes marées. Le capitaine du port s’était absenté et Mary attendait son retour assise sur un banc, au bord de l’eau. Le bassin était d’un calme absolu; les bateaux s’y reflétaient comme un miroir sans rides. Cette paix n’était troublée que par quelques retraités qui rentraient dans leurs canots propulsés par des moteurs hors-bord crachant une fumée bleutée. On pouvait entendre leurs grosses voix échangeant des réflex


