CHANT XX Il me faut dire en vers des peines différentes qui forment l'argument de mon vingtième chant du poème premier, qui parle des damnés. Je m'étais bien placé, pour mieux examiner ce que l'on pouvait voir du fond de ce fossé[192] qui semblait submergé sous des larmes d'angoisse. Je vis donc un vallon comme un cercle, où des gens cheminaient en pleurant silencieusement, du pas dont parmi nous vont les processions. Et comme mon regard tombait sur eux à pic, je vis dans chacun d'eux un changement étrange à partir du menton jusqu'au bas de leur tronc. Ils tournaient le regard du côté de leur dos et, voulant avancer, marchaient à reculons, puisqu'ils n'auraient pas pu regarder devant eux. Peut-être sous le coup d'une paralysie quelqu'un aura pu voir des corps aussi tordus,


