CHANT XIV Le commun souvenir de notre lieu natal fit que je ramassai les branches détachées et les rendis au tronc qui venait de se taire. Nous passâmes ensuite aux confins où débouche le deuxième giron, pour entrer au troisième, où s'offrait aux regards une affreuse justice. Pour dire clairement des choses aussi neuves, je dis que nous étions dans un désert de sable dont le sol ne portait aucun brin de verdure[131]. La forêt des douleurs l'entourait de partout, tout comme le fossé contournait la forêt ; et nous, nous fîmes halte au bord de ce désert. Le sol en était fait d'un sable épais et sec, tout à fait ressemblant à l'autre, qui jadis avait été foulé par les pieds de Caton. Ô vengeance de Dieu, combien tu dois paraître redoutable au lecteur qui peut imaginer ce que


