CHANT XV Nous marchons à présent sur le rebord de pierre que la vapeur de l'eau recouvre comme un toit, pour protéger du feu le fleuve et son rempart. Comme font les Flamands, entre Wissant et Bruges, pour contenir les flots qui leur menacent guerre, des digues, de façon qu'ils arrêtent la mer, ou comme celles qui, le long de la Brenta, protègent les villas et manoirs de Padoue, quand la neige a fondu sur la Chiarentana[142], tels étaient les remparts qui bordaient la rivière, bien qu'ils fussent moins gros et d'une moindre hauteur, quiconque fût celui qui les avait bâtis. Nous nous trouvions déjà si loin de la forêt, que je n'en pouvais plus apercevoir la place, quand, pour la regarder, je retournais la tête. Nous croisâmes alors un long convoi d'esprits qui longeaient la


