Cette journée était aussi la plus mauvaise pour Livia. Elle s'était d'abord dirigée vers une petite cafétéria, où elle s'était assise en silence, les yeux perdus dans la tasse de café. Après quelques gorgées amères, elle se leva et se mit en route pour rentrer chez elle. Chaque pas lui semblait plus lourd que le précédent.
Devant sa petite maison, une grosse voiture était garée, attendant apparemment quelqu'un. Elle leva un sourcil, incrédule, un frisson de malaise parcourant son échine. Elle soupira profondément, comme pour repousser la sensation d'angoisse qui montait en elle. Avant de faire demi-tour et d'entrer dans sa maison, elle passa devant la voiture, faisant mine de ne pas la voir.
« Livia, comment peux-tu passer comme ça, comme si tu ne me voyais pas ? » appela une voix familière, hautaine et pleine de reproche. C'était son oncle, assis dans la voiture.
Livia ne s'arrêta pas. Elle ouvrit la petite porte de sa maison sans un mot, le cœur battant plus fort, avant de la refermer d'un geste brusque derrière elle. Elle sentait ses mains trembler légèrement.
« Livia, je suis en train de te parler ! » insista son oncle depuis l'extérieur, sa voix perçante. « Est-ce que tu peux ouvrir cette misérable porte ? »
Elle se dirigea vers la douche, fermant les yeux pour contenir la colère qui bouillonnait en elle. Ses poings se serrèrent, et elle se força à respirer profondément. Après quelques minutes, elle ressortit enfin, la gorge serrée, et ouvrit la porte, son visage impassible.
« Oui, monsieur, est-ce que je peux vous aider ? » dit-elle d'un ton froid, presque robotique.
Son oncle sourit, un sourire satisfait, comme s'il avait pris le dessus.
« Alors comme ça, tu vas te comporter avec moi comme si tu ne me connaissais pas ? »
Livia le fixa, une étincelle de défi dans ses yeux. « Est-ce qu'on s'est déjà vu quelque part, monsieur ? Je ne vous connais pas. Je ne sais pas ce que vous faites ici. »
Il soupira d'un air exaspéré, avant de se pencher légèrement en avant, comme s'il allait la sermonner. « Livia, je sais que tu es fâchée contre moi, mais j'ai fait ce qui était juste pour moi. D'accord ? C'est toi qui as refusé de te soumettre à tous mes ordres. Tu as choisi la rue plutôt que la gigantesque villa de ton père. »
« Qu'est-ce que tu es venu faire ici ? Te moquer de moi ? » répondit-elle, les dents serrées, une douleur sourde dans la poitrine.
Il posa ses mains sur les hanches, comme un homme bien décidé à la faire plier. « Pas du tout. Je ne suis pas venu me moquer de toi. Je me souviens qu'aujourd'hui c'était l'anniversaire de la mort de mon frère et de sa femme. Et c'est aussi ton anniversaire. Alors je suis venu te donner un cadeau. »
Elle lui lança un regard glacial, son cœur se serrant un peu plus. « Merci beaucoup pour ton cadeau, mon cher oncle. Très attentionné. Si l'argent de mon père que tu dépenses n'était pas déjà assez pour toi, tu pourrais aller dépenser dans les orphelinats ou dans la rue, chez les gens qui n'ont même pas de toit au-dessus de leur tête. »
Il sembla un instant déstabilisé par son ton mordant, mais se reprit rapidement. « Mais Livia, je l'ai fait de bon cœur. Je sais que tu n'as jamais fêté une fête d'anniversaire, mais te donner un petit cadeau n'était pas une mauvaise intention. »Livia serra les poings, sentant une rage brûlante monter en elle. Elle ferma les yeux un instant, essayant de garder son calme. Puis, sans ciller, elle répondit d'une voix glaciale : « C'était très gentil de ta part de te souvenir de moi. Je sais que cette date est une date de gloire pour toi, alors tu peux disparaître devant moi avant que je ne déverse de l'eau. »
Il sembla hésiter un moment, avant de lâcher un soupir agacé. « C'est bon, c'est bon. Pas la peine que tu te mettes en colère. Je vais partir, mais je laisse le cadeau ici. Au revoir, Livia. »
Son oncle déposa le paquet qu'il tenait en main et se dirigea vers sa voiture, sa démarche arrogante. Il la démarra et se dirigea vers la maison qui se trouvait juste en face de la petite maison de Livia.
Voir son oncle venir la calomnier devant sa maison était une insulte qui la brisait encore un peu plus. Elle ramassa la boîte du cadeau, le cœur lourd, et la jeta dans la rue, comme pour se débarrasser de cette douleur qu'il lui avait infligée une fois de plus.
Une fête clandestine était organisée dans l'un des hôtels 7 étoiles de la ville.
L’ambiance était lourde, étouffante. La soirée clandestine battait son plein dans l’un des clubs privés les plus sélects de Milan, un lieu où seules les élites du monde souterrain étaient conviées. L’alcool coulait à flots, les rires résonnaient sous les lumières tamisées, et la musique vibrait en fond, mais Alessandro Volta, lui, ne riait pas.
Vêtu d’un costume noir sur-mesure, il était installé dans un fauteuil en cuir près du bar, un verre de whisky à la main. Ses traits étaient figés dans une expression froide, impassible, mais à l’intérieur, une rage sourde grondait. Il observait d’un œil acéré les chefs de famille qui se regroupaient par petits cercles, chuchotant, lançant des regards amusés dans sa direction.
Un homme finit par s’avancer, un sourire narquois aux lèvres. Emilio Conti, le chef du clan Conti, une famille influente mais inférieure aux Volta, s’arrêta devant Alessandro et leva son verre en signe de provocation.
— Alessandro, mon ami ! lança-t-il d’un ton trop enjoué. Il faut nous expliquer quelque chose...
Derrière lui, Dario Ricci, le bras droit des Conti, ricana.
— Trois millions d’euros… Pour trois minutes de retard ? Il secoua la tête, comme s’il était attristé. Quelle humiliation. Je pensais que les Volta ne pliaient devant personne.
Un autre homme s’approcha, Salvatore Moretti, du clan Moretti, un ennemi de longue date des Volta. Il s’appuya sur le comptoir du bar et ajouta d’un ton moqueur :
— On dit que c’est Rocco Marino qui a imposé cette somme. Trois millions ! Un homme puissant comme toi… obligé de s’agenouiller pour ne pas contrarier Rocco.