Ils continuèrent leur route sur une allée pavée bordée d’arbres soigneusement taillés, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’entrée principale de la demeure.
Le moteur s’éteignit dans un silence pesant.
— Allez, on la sort.
Ils ouvrirent la portière arrière et l’un des hommes passa ses bras sous le corps inerte de Livia avant de la soulever avec précaution. Son visage était détendu, presque paisible, mais sa respiration légèrement irrégulière trahissait l’effet de la drogue.
Ils franchirent les grandes portes de la demeure, traversant un immense hall aux lustres scintillants et aux colonnes de marbre. Les talons de leurs chaussures résonnaient sur le sol brillant, accentuant l’atmosphère oppressante du lieu.
— Amenez-la dans la chambre d’ami.
La voix grave et froide venait d’un homme posté au pied du grand escalier.
Alessandro Volta.
Vêtu d’un costume sombre, son regard perçant suivait chacun de leurs mouvements. Son expression était indéchiffrable, un mélange de calcul et de satisfaction.
Ils hochèrent simplement la tête avant de monter l’escalier en colimaçon, portant Livia jusqu’à une chambre luxueuse aux rideaux de velours et au lit immense.
Ils la déposèrent doucement sur le matelas, puis reculèrent.
— Elle devrait se réveiller d’ici une heure, annonça l’un d’eux.
Alessandro s’approcha lentement, son regard glissant sur le visage endormi de Livia.
Il effleura une mèche de ses cheveux, son expression s’adoucissant légèrement, avant qu’un sourire froid ne vienne étirer ses lèvres.
— Parfait. Vous pouvez disposer.
Les hommes s’inclinèrent légèrement et quittèrent la pièce, refermant la porte derrière eux.
Dans le silence qui suivit, Alessandro s’assit sur le bord du lit, observant Livia avec une intensité troublante.
— Bienvenue chez moi, Livia. murmura-t-il, sa voix un mélange de possessivité et de triomphe.
Puis, il se leva, laissant la chambre plongée dans une tranquillité trompeuse, attendant le moment où elle ouvrirait enfin les yeux.
Livia émergea lentement du néant, son esprit encore embrumé, flottant entre cauchemar et réalité. Ses paupières lourdes papillonnèrent, la lumière tamisée agressant ses yeux fatigués. Son souffle était court, irrégulier.
Où était-elle ?
Elle cligna plusieurs fois des yeux, son regard flou se posant sur le plafond d’un blanc immaculé. Un parfum subtil de cuir et d’ambre flottait dans l’air, lui donnant une étrange sensation de malaise.
Elle tourna la tête, son cœur s’emballant soudainement.
La pièce était vaste, élégante, ornée de meubles luxueux. De lourds rideaux de velours couvraient les immenses fenêtres, et un grand lustre diffusait une lumière chaude, presque apaisante… si ce n’était pas une prison déguisée.
Prison ?
Livia fronça les sourcils, ses pensées encore embrouillées.
Que faisait-elle ici ?
Elle tenta de bouger, mais un bruit métallique la fit tressaillir.
Ses poignets.
Attachés.
Un frisson d’horreur la parcourut alors qu’elle constatait qu’elle était entravée par des menottes fines mais solides, reliées aux montants du lit par une chaîne dorée.
— Non… murmura-t-elle, son souffle se coupant brutalement.
Elle tira sur ses liens, paniquée, le métal mordant sa peau.
Son cœur battait à tout rompre alors que les souvenirs lui revenaient par vagues.
Sa maison… la porte fracassée… les hommes qui l’avaient saisie… le trou noir.
Un hoquet d’effroi s’échappa de ses lèvres.
Elle était prisonnière.
Son regard effrayé parcourut la pièce à la recherche d’une issue. Les murs en bois sombre donnaient une impression de luxe et d’oppression à la fois. Il n’y avait qu’une seule porte. Fermée.
Elle respira profondément, essayant de contenir la panique qui menaçait de l’engloutir.
Elle devait sortir d’ici.
Son corps tout entier se tendit alors qu’elle tirait à nouveau sur ses liens, tentant désespérément de se libérer.
— Allez… allez… grogna-t-elle, ses poignets douloureusement marqués par la pression du métal.
Mais c’était inutile.
Soudain, un bruit de pas résonna derrière la porte.
Elle se figea.
Ses muscles se raidirent, son souffle se suspendit dans sa gorge.
La poignée tourna lentement, et la porte s’ouvrit dans un silence pesant.
Un frisson glacial lui parcourut l’échine lorsqu’elle vit Alessandro Volta apparaître dans l’encadrement de la porte.
Son regard sombre s’ancrant immédiatement au sien, un rictus indéchiffrable sur les lèvres.
Livia sentit son sang se glacer.
Elle était piégée. Et il était là.
Livia voulut parler, protester, mais sa gorge était sèche, comme si chaque mot s’était évaporé sous l’effet de la peur.
Alessandro referma la porte derrière lui d’un geste tranquille, comme si tout ceci n’était qu’un simple jeu.
Il s’approcha, son ombre se projetant sur elle, amplifiant son angoisse.
— Enfin réveillée, murmura-t-il, sa voix suave résonnant dans la pièce.
Livia secoua la tête, cherchant désespérément une explication, une échappatoire.
— Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu veux ?
Alessandro esquissa un sourire froid, sans une once de douceur.
— Tu oses encore poser la question ? Après tout ce que tu as fait ?
Il s’arrêta au pied du lit, la dominant de toute sa hauteur. Livia déglutit avec difficulté, son corps tremblant malgré elle.
— Alessandro, je… je n’ai jamais voulu…
Il leva une main, et elle s’interrompit aussitôt.
— Tais-toi, coupa-t-il, sa voix tranchante comme une lame.
Elle obéit, incapable de soutenir la dureté de son regard.
— Tu m’as défié, Livia, continua-t-il en contournant lentement le lit. Tu as osé me tourner le dos, douter de moi, me manquer de respect…
Il s’arrêta juste à côté d’elle, se penchant légèrement, son souffle effleurant sa peau.
— Tu crois que je laisse passer ce genre d’affront ?
Livia sentit la panique exploser dans sa poitrine.
Elle tira sur ses liens, ses poignets brûlés par le métal froid des chaînes.
— Je… je suis désolée, balbutia-t-elle, sa voix étranglée par la peur. Alessandro, s’il te plaît…
Mais il ne semblait pas l’entendre. Il porta lentement ses mains à sa chemise et défit le premier bouton.
Livia sentit son estomac se nouer dans un nœud de terreur pure.
— Non…
Elle secoua la tête frénétiquement, des larmes lui brûlant les yeux.
— Non, non, non… Alessandro, je t’en supplie…
Un autre bouton sauta, révélant une partie de son torse sculpté.
— Tu voulais savoir si j’étais vraiment incapable ? Si j’étais aussi impuissant que tu l’as insinué ?
Un rictus cruel apparut sur son visage.
— Je vais te montrer, Livia. Je vais te faire comprendre ce que signifie défier Alessandro Volta.
Livia suffoqua, sa poitrine se soulevant violemment sous l’effet de la panique.