II Gustave Müller, marchand de joujoux Sur le chemin de Richmond Upon Thames, quand on a dépassé le pont de Putney jeté sur la grande route de Londres et que l’on a grimpé jusqu’en haut de West Wood, vaste colline boisée à une lieue à peine du fleuve, on découvre le riant cottage loué par un marchand de jouets retiré des affaires répondant au nom de Gustave Müller. Pendant trente ans, cet honnête Alsacien, dont on vante toujours les mérites dans son pays natal, s’était fait une spécialité des masques, des pantins et des marionnettes de carnaval en papier mâché. Il en avait tant et tant vendu dans l’Europe entière qu’il s’était retrouvé à la tête d’une vraie fortune. Aussi, quand son comptable lui démontra qu’il avait trois cent vingt mille thalers de revenu, Müller quitta Wissembourg et


