Troubles et délires

3858 Mots
kaylee Une semaine plus tard Je souffle bruyamment en attendant le retour du docteur dans son bureau. Il est allé faire sa tournée de visite matinale de ses patients. Depuis une semaine, nous étions sans nouvelles de Sonia. Mais aujourd’hui, il m’a appelé, pour me parler en privé m’a-t-il dit. J’espère que sa situation ne s’est pas aggravée et qu’elle va mieux. L’attente m’ennuie, le mieux serait que je fasse quelque chose pour passer le temps. Curieuse, je déambule un peu partout dans la pièce. Je décide d’observer de plus près le mobilier de bureau du docteur. Je me positionne près de sa chaise et tout de suite quelque chose attire mon regard sur son bureau. Une photo. Je m’empare du cadre photo pour bien l’observer. C’est l’image d’une jolie petite fille qui sourit. Un magnifique sourire qui expose une belle rangée de dents. La porte s’ouvre à la volée sur le docteur un peu plus bourru qu’à mon arrivée. Il me fixe l’air réprobateur, et je me décide de parler pour rompre le silence pesant qui s’est installé dans la pièce. — C’est votre fille ? Il contourne le bureau, me prend le cadre des mains sans pour autant me répondre. Gênée, je retourne prendre place en face de lui. — C’est ma petite fille. — Votre petite fille ? — Oui. — Elle est très jolie. Quel âge a-t-elle ? — Je vous ai appelé pour vous parler de la situation de la patiente. Lance-t-il sèchement en ôtant ses verres pour se frotter les yeux. Sa réaction me surprend un peu, mais je ne vais pas insister là-dessus. — Je vous écoute. — D’après les derniers scanners, l’opération a été une véritable réussite. Je crois qu’avec du repos elle se sentira encore mieux et recommencera à se souvenir petit à petit de son passé. — Elle est consciente de la situation ? — Oui. — Comment vit-elle sa perte de mémoire ? — Elle n’extériorise pas ses sentiments. Mais en me mettant à sa place je peux imaginer qu’elle serait son ressenti. — Quand peut-elle sortir ? — Elle est en observation actuellement. La semaine prochaine si tout va bien elle pourra partir. Mais dans son état, elle a besoin de recevoir des soins et d’être surveiller 24 h/24. — Que voulez-vous dire par là ? — Que ce n’est pas prudent qu’elle reste seule chez elle ! Je me rembrunis, en m’adossant à mon siège. Que veut-il me demander exactement ? — Autrement dit ? — Pourriez-vous l’héberger chez vous, le temps qu’elle se remette totalement de son opération ? — Pardon ? — Madame McCoy. C’est une doléance. Il n’est pas prudent de la laisser sans surveillance je ne sais dans quel immeuble. En tant que médecin, je n’ai pas envie que son mal s’aggrave. Je vous promets que je vous fais une recommandation que je ferai à la famille de n’importe quel patient dans le même cas. Je prends du temps pour déchiffrer ce qu’il essaye de me dire. — Vous voulez dire que, Sonia doit habiter chez nous ? — Non. Je comprends très bien la délicatesse de votre situation vis-à-vis d’elle. Je vous propose juste, de convaincre votre époux de garder un œil sur elle, après sa sortie. Il est possible de recourir aux services des infirmières qui viennent à domicile, si ma proposition ne vous convient pas. Il faut par exemple veiller à ce qu’elle ne se fatigue pas, elle doit prendre des médicaments, ne dois sous aucun prétexte faire de gestes brusques et… Je me perds, dans le flot de ses paroles. C’est une situation à laquelle je ne me suis pas préparée. Il est vrai qu’après une opération, il faut que le malade soit bien suivi, mais Sonia n’est pas n’importe quelle malade. Travor n’acceptera jamais de l’héberger, et même s’il le voulait, comment serait l’atmosphère à la maison ? Quelle attitude devrais-je adopter vis-à-vis d’elle ? — … Malheureusement, elle ne peut rester ici indéfiniment. Votre époux doit venir signer quelques documents, afin que nous la laissions sortir de l’hôpital. — Je peux lui parler ? — Oui. Suivez-moi. Quelques minutes plus tard, je suis nez à nez avec elle. Sa mine est moins blafarde et elle semble avoir repris des couleurs. Son expression calme se mue en surprise quand nos regards se croisent. Elle tente tout de suite de se s’asseoir sur le lit. — Bonjour.  Fais-je lentement, ne sachant par où commencer. Il faut dire qu’en dépit du fait que son visage soit salement amoché, elle n’en demeure pas moins une belle femme. Ses cheveux sont rejetés sur son épaule droite et ses yeux bleus se font de plus en plus curieux en m’observant. Elle me détaille avec attention, et j’ai l’impression de passer une inspection physique. Je me compare mentalement à elle en me mordant les lèvres, et en serrant mon sac contre moi. Brune, visage parfait sans tache de rousseur, silhouette de mannequin, lèvres pulpeuses, jambes interminables, regard hautain, doigts fins et manucurés, tout le contraire de la petite rousse que je suis. Travor et ses préférences. Je n’étais sans aucun doute pas son genre. Qui sait, il ne m’aurait jamais regardé sans ces testaments. Songé-je avec amertume. Serait-ce de la jalousie ? Me souffle ma conscience. Non ! Du tout pas. Je n’ai pas de raison de l’être. Je n’ai pas pu m’empêcher de procéder à cette comparaison. — Bonjour. — Comment vous sentez vous ? — Je crois que nous ne sommes pas obligées de nous vouvoyer on partage le même homme n’est-ce pas ? marmonne-t-elle, en me scrutant. Partage ?tu n’y es pas du tout. Il est à moi. — On ne partage pas le même homme. Mais je suis d’accord pour qu’on se passe du vouvoiement. — Franche et directe. — Quoi ? — Tu es franche et directe. — Ah… D’accord. Je ne sais pas trop si je dois y percevoir un compliment ou une critique. — Vous êtes mariés depuis combien de temps ? — Moins d’un an. — J’étais au courant de votre mariage ? — Comment ? — Je veux savoir si je le savais. Ai-je je fais un scandale, empêcher le mariage, quelque chose dans le genre ? demande-t-elle. — Non. Rien de ce genre. Etrangement d’ailleurs. — Pourquoi es-tu là ? C’est Travor qui t’envoie ? — À vrai dire non. Je suis venue de moi-même. — Pourquoi ? — J’imagine aisément ce que tu vis et… — Non c’est faux. M’interrompt-elle abruptement. — C’est faux ? — Tu n’imagines pas ce que ça fait. Parce que tu n’es pas dans le cas. Tu ne t’es pas réveillée dans un hôpital, en réclamant un homme qui pour toi est censé être ton mari. Tu n’as pas lu et ressenti le mépris dans son regard et la haine dans ses paroles, tu n’as pas découvert quel genre de monstre tu es, tu n’as pas tué ton enfant. Donc non ! Tu ne peux pas savoir ! — Je suis désolée… Je ne sais pas quoi dire d’autres. Il est vrai qu’exposé ainsi, je n’ai aucune idée de ce qu’elle ressent. La pauvre. Calme toi kaylee. — J’oubliais, tu ne fais pas semblant d’apprécier une discussion pour le moins creuse avec la nouvelle femme de celui qui est censé être ton mari. Le message est passé. Qu’espérais-je de toutes manières ? Que l’on devienne copines ? — Où comptes-tu t’installer après ta sortie ? — Je ne sais même pas si j’ai une maison. Tu sais la question que je me pose ? Je fais non de la tête, alors qu’elle se recouche en faisant de grands gestes. — Pourquoi moi ? J’aurais pu me casser une jambe, un bras, mais non. J’ai perdu la mémoire. Je ne me rappelle même pas avoir fait ce pour quoi Travor m’en veut. Je n’en ai aucun souvenir. Geint-elle en se tenant par la tête. Je compatis à sa peine. Comme elle l’a dit, je ne pourrai effectivement pas comprendre sa douleur. — Je… Je ne sais même plus qui je suis. À chaque fois, je me demande ce que la moi d’avant aurait fait. Je… Me sens si seule… Sanglote-t-elle, visiblement à bout. Que faut-il faire ? La rejoindre ? Essayer de la calmer ? Suis-je la seule à me dire que la bizarrerie de cette situation est à la fois tragique et comique ? L’ex-femme et la nouvelle femme qui se tombent dans les bras l’une de l’autre. Je secoue la tête pour chasser cette image théâtrale de mon esprit. — Travor ne… — Il me déteste ! Alors que moi je… je… Elle me jette un regard en coin avant de reprendre ses sanglots de plus belle. — Tu ? — Je l’aime. — Okay. Dis-je en hochant la tête, comme si elle ne venait pas de l’avouer son amour pour lui. Ce n’est pas la première fois que je suis en face d’une femme qui l’aime. Il y a eu Victoria. Sonia a le mérite de ne pas être hypocrite. — Je suis désolée, mais c’est la réalité. Travor est mon premier petit ami, mon premier amour. Je ne sais pas ce qui m’a pris dans le passé, je ne sais pas pourquoi exactement je l’ai blessé, j’ai beau vouloir me rappeler, je me heurte à un mur. Je voudrais tellement qu’il me pardonne, qu’il vienne me voir… — Je voudrais que les choses soient claires entre nous. Travor est mon époux et je suis sa femme. La relation que tu as eue avec lui relève du passé et n’a même pas lieu d’être évoquée. Son expression se renferme au fur et à mesure que je parle. — Travor ne veut pas entendre parler de toi. Je n’ai pas envie de te blesser, mais c’est moi qui l’ai convaincu d’autoriser ton opération. Elle retient son souffle en ouvrant grand la bouche. — Qu. Quoi ? — Oui. Le mieux pour moi est de ne pas être égoïste. Je suis enceinte et je veux donner une famille unie à mon enfant. Excuse-moi, mais je ne veux pas que ton retour trouble Travor plus qu’il n’en faut. Je veux presque autant que toi que tu recouvres la mémoire, mais pour ça tu as besoin d’être dans un environnement stable, sans prise de tête. Chose qui sera impossible en vivant avec nous, et encore moins en vivant seule. Je te propose d’habiter chez ma mère. — Enceinte ? Vous allez avoir un enfant ? répète-t-elle, ébahie, fixant mon ventre. — Oui. Elle baisse la tête, laisse tomber quelques larmes, et reprend. — Ta mère sera d’accord pour m’héberger ? — Oui. Je vais l’en informer si tu es d’accord. Tu pourras venir chez nous dîner pourquoi pas, je crois que revoir les personnes de ton passé te ferait du bien. — Les personnes ? Je croyais qu’il n’y avait que Travor. — Il y a sa mère et Jared. — Jared ? Qui est-ce ? — Le meilleur ami de Travor. Tu dois le connaître. — Non, son nom ne me dit rien. — Peut-être qu’en le voyant… — Oui peut-être. Tu n’as pas peur que ma proximité avec Travor mette votre relation en danger ? — Non. Pourquoi devrais-je avoir peur ? — Pour rien. Tu sais ce qui est arrivé à ma mère ? — Elle est décédée. Il y a trois ans, des suites d’un cancer. — Un cancer ? — Oui, je n’en sais pas trop, mais… Sonia ? Ses yeux sont perdus dans le vague, comme si elle se souvenait de quelque chose. — Sonia ? Ça va ? Tu as un souvenir ? Je m’approche d’elle pour essayer de la faire reprendre contact avec la terre ferme. — Sonia ? — Ma mère était malade, moi aussi. J’étais comme elle, comme ma mère et ma Gény était un bébé… Un bébé qui ne faisait que pleurer… — Sonia ? — J’ai perdu mon bébé. J’ai perdu mon bébé. Gémit-elle, les yeux dans le vide. — Oui, Gény est morte… — Non, pas Gény. Pas Gény. Mon bébé, notre bébé, Travor n’acceptera jamais, il ne voudra jamais… Il ne me pardonnera jamais… — Sonia ? Elle délire ? Que faire ? — Ahhhh… Ma tête. Hurle-t-elle, d’une voix plaintive en se tenant le front avec acharnement. — Sonia ? Docteur ! Docteur ! M’écrié-je à travers l’entrebâillement de la porte. Une infirmière, nous rejoint et rapidement, s’affaire autour d’elle. Que vient-il de se passer au juste ? Était-ce un flash ? Mais rien de ce quel a dit n’a de sens. Du moins pour moi. — Madame, je lui ai injecté un calmant. Le mieux serait que vous reveniez la voir plus tard. — Je… Comment va-t-elle ? Fais-je déboussoler. — Mieux. Que sait-il passer ? — On discutait quand elle s’est mise à parler toute seule, comme si elle voyait quelque chose… — Une vague de souvenir lui est sûrement revenue. — Des souvenirs ? Mais aucune de ses phrases n’avaient de sens ! — C’est peut-être dû à la manière dont elle exposait ses images qui lui revenaient. Elle a besoin de se reposer. — À son réveil, elle s’en souviendra plus clairement ? — Il n’y a aucune certitude pour le moment. — Merci. Où est le docteur Dubois ? — En salle d’opération. Il y est allé d’urgence pour un cas d’accident grave. — Puis je vous demander, un service ? — Lequel ? — Je sais que ce que je vais vous demander n’entre pas dans la déontologie de votre métier. Mais j’ai besoin de votre aide. L’air tantôt sympathique de la jeune infirmière brune se fait plus méfiant. — Quel service ? — Pourrais-je avoir le dossier médical complet de la patiente ? Elle écarquille les yeux, et croise les bras sur la défensive. — Êtes-vous un membre de la famille ? Même dans ce cas, les informations qui y figurent relèvent du domaine strictement privé. Je sais que ce que je fais est répréhensible. Mais j’ai la nette impression que le docteur Dubois nous cache quelque chose de capital sur la santé de Sonia. J’ai le pressentiment que cette information est la clé pour comprendre le mystère qui entoure la mort de la petite Gény. — S’il vous plaît mademoiselle, c’est très important. Je ne vous le demanderai pas si ce n’était pas si important. Trouvez-moi dans le bureau du docteur Dubois son dossier s’il vous plaît. — Je suis désolée, mais ce que vous me demandez est impossible. D’ailleurs, ce n’est pas le docteur Dubois qui se charge d’habitude de madame McCoy. — D’habitude ? Elle se faisait soigner ? Pour quelle raison ? — Réfléchissez. Il est le chirurgien qui s’est occupé d’elle. Certes, mais le seul qui peut en savoir beaucoup sur elle c’est le docteur Calvin. Il est son médecin depuis toujours. Si vous voulez plus d’informations sur son état de santé, allez le voir. — Le docteur Calvin ? Quelle est sa spécialité ? — Je ne peux pas vous en dire plus. Je vous prie de ne pas répéter ce que je vous ai dit, quelque part. Je peux perdre mon travail. — Très bien. Elle sort aussi vite qu’elle est entrée de la pièce. Je pose un regard inquiet sur une Sonia, qui dort paisiblement. Qu’est-ce qu’il s’est réellement passé ? Pourquoi ai-je le sentiment que cette histoire est beaucoup plus compliquée que ce que pense Travor ? Le mieux serait qu’elle vienne vivre avec nous. Il faut que je réussisse à le convaincre, car je suis certaine qu’il y a une vérité enfouie. Pour la découvrir, il faut l’avoir à l’œil. Comment vais-je m’y prendre pour lui faire accepter une telle idée ? En attendant il faut que je sache, qui est ce Docteur Calvin. Je me rends à l’accueil, en reprenant mon calme. Je croise les doigts pour que l’une des infirmières ne me reconnaisse pas. Dans ce cas, mon plan tombe à l’eau. Je patiente un instant, en courant sur la démarche à adopter. Un homme assez grand s’appuie sur le comptoir, devant celle que j’ai vue à mon arrivée. Génial ! C’est l’opportunité que j’attendais. Sans perdre une minute, j’apostrophe, la seconde. Elle m’adresse un grand sourire. — Bonjour madame que puis-je vous ? — Je voudrais prendre un rendez-vous avec le Docteur Calvin. — Oh ! Sa mine change et elle m’observe avec plus d’attention. Qu’ait je dis de travers ? — Le docteur Calvin est en voyage. Je vous présente toutes mes excuses, madame. — En voyage ? — Oui, pour un congrès sur la psychopathologie. — La psychopathologie ? Il est psychopathologie ? Questionné-je en tombant des nues. — Oui… Vous ne connaissiez pas sa spécialité ? On parle bien du Docteur Calvin Gareth non ? — Euh… si si bien sûr ! C’est lui. Bredouillé-je, avec confusion. Tu ferais un piètre agent d’infiltration. Ironisé-je, intérieurement. Piètre est un bien doux euphémisme, pour décrire ta prestation. Renchéris la voix dans ma tête. — Mais, vous pouvez prendre rendez-vous auprès de sa secrétaire. Il revient dans trois jours. Il paraît qu’il a écourté son séjour, pour une femme. Chuchote-t-elle, se penchant vers moi, la bouche recouverte par une main. Elle est plutôt bavarde. Si seulement, celle qui m’a parlé du docteur l’était autant qu’elle. Je soupire en écoutant la suite de ses confidences. — Il faut dire qu’il est très beau. Et très séduisant. Les hommes comme lui on n’en trouve pas à tous les coins de rue. Dommage pour lui, il ne s’entoure que de femmes dans votre genre. Sa phrase s’achève sur une note de pitié. Hein ? Des femmes comme moi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? — Des femmes comme moi ? — Mais oui, des femmes avec des problèmes mentaux quoi ! Comme vous. Je hausse les sourcils, intriguée et choquée par ce qu’elle dit. — Vous… Je… Oh mon Dieu ! Je n’arrive même pas à formuler une phrase intelligible. Au moins, je n’ai pas à feindre ma torpeur. C’est venu tout naturellement. — Oh ! Excusez-moi Madame, je ne voulais pas paraître blessante. Vous êtes enceinte ? Vous avez déjà accouché ? Si tel est le cas, vous ne devriez pas attendre son retour, trouvez-vous un autre spécialiste, il en va du bien être de votre bébé. Quel est le rapport avec mon soi-disant trouble mental ? Et d’ailleurs pourquoi m’en parle-t-elle ? Mais enfin de quoi me parle-t-elle ? Je suis au bord de l’explosion ! Je ne peux pas paraître plus curieuse, cela risque de lui mettre la puce à l’oreille en même temps il faut que j’en sache plus en attendant le retour du docteur Calvin. Que faire ? — Pouvez-vous m’indiquer le bureau du docteur Calvin ? — Oui oui, bien sûr ? Prenez-le deuxième couloir à droite, après la quatrième porte, vous verrez une sorte de hall d’attente. Sa secrétaire vous recevra. Vous ne risquez pas de vous perdre, vous verrez des brochures et des affiches collées au mur. — Des affiches ? — Oui, avec des conseils pour des femmes comme vous. Je hoche la tête, sans grande conviction en m’éloignant de la réception. Je suis toute retournée. Je me pose de plus en plus de questions. Dans le couloir, je compte, les portes… Deuxième, troisième.. Quatrième… Ah voilà le fameux hall, par contre il est vide, pas de secrétaire. Mes yeux sont immédiatement attirés par les affiches dont m’a parlé l’infirmière bavarde. Des illustrations de tout genre, des conseils, des indications. Oh mon Dieu ! — Et m***e ! Murmuré-je pour moi-même, en laissant tomber mon sac. Je me pétrifie, en plein milieu du hall, quand je comprends enfin, quelle est la spécialité du docteur Calvin. Il faut que je m’assoie. Oh, mon Dieu. C’est horrible ! Travor ne le savait sans doute pas. Il l’ignorait. Mais comment est-ce possible ? Cette découverte me renforce dans la décision que j’ai prise. Il faut qu’elle vive avec nous. Mes derniers doutes sont balayés. Il faut qu’elle reste avec nous. Et il faut que je rencontre ce docteur Calvin. Comme je le redoutais, cette histoire va au-delà d’une simple trahison. C’est pire.  
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