J'entends la porte s'ouvrir, je me redresse le cœur battant. La lumière s'allume en m'agressant les yeux. Je ferme mes paupières en essayant de les rouvrir progressivement en m'adaptant à la lumière.
Je cligne plusieurs fois des paupières, je remarque un homme assis sur une chaise en face du lit. Il est brun, sa carrure est imposante, ses épaules sont si larges, son bras gauche est complètement tatoué, en fait le tatouage part jusqu'à son cou, ses yeux sont d'un noir intense, ses cheveux foncé son en bataille, quelque mèches lui tombent sur le front. Je le scrute ouvertement, et il fait autant.
-Qui êtes-vous ? Demandais-je en me cachant la poitrine comme-ci elle était nue.
-Je ne t'ai pas demandé de parler que je sache. Dit-il dans un accent italien parfait.
Non mais je suis en train de rêver ! Pour qui se prend-t-il à me donner des ordres comme ça ! Je ne suis ni son animal, ni sa soumise !
-Et je n'ai pas besoin de ton autorisation pour parler, tu sais, j'ai une bouche, et même une langue, et tu ne vas jamais le croire ! Je peux aussi parler avec des gestes ! Dis-je en lui montrant mes mains.
Il sourit en me fixant intensément.
-Aleksander m'a bien dit que tu as un caractère bien à toi, mais j'aime ça, j'aime briser les gens pour les reconstruire à ma façon.
Ses mots me fatiguent, mais ils me troublent aussi. Cet homme ressort une telle froideur que mon cœur se gèle. Comme si je faisais face à un monstre tout droit sorti des profondeurs de l'enfer.
-Tu n'y arriveras jamais, tu entends ? Jamais ! Cri-je à m'en crever les poumons.
-Et il m'a aussi donné le feu vert. Tu sais ce que cela veut dire ?
Je le fixe en avalant ma salive de travers. Il se lève en me regardant tel un prédateur prêt à bondir sur sa proie.
-Je peux te faire mal, très mal même. Dit-il en souriant perversement. Je peux aussi...te torturer à en pleurer, je peux te blesser jusqu'à l'agonie, et même te b****r sauvagement, violemment, jusqu'à ce que je ferais de toi la parfaite esclave ! Qu'en dis-tu ?
-Alec ne le voudra jamais ! Il ne fera jamais de moi son...esclave merde ! Et il ne laissera jamais une ordure comme toi m'approcher !
-Pourtant il a fait appel à un dresseur d'esclave. En plus l'un des meilleurs. Dit-il avec fierté. Comment peut-on être fier d'une chose pareille ? Aussi immorale, aussi hors d'éthique. Je le regarde avec dégoût.
-Tu mens ! Voilà ce que j'ai appris depuis que je suis dans ce monde de merde! Vous passez votre temps à mentir, mentir et mentir ! Tous autant que vous êtes !
Même lui...
-Provoque-moi encore petite, et tu verras si je mens. Dit-il en me menaçant du regard. Ou pas...Ajoute-t-il en éclatant de rire.
Je respire lentement pour ne pas laisser mes larmes coulaient sur mes joues, dont l'une d'elles a reçu un coup douloureux.
-Lève-toi maintenant si tu as envie de manger !
-En quoi consiste ton truc...
Il lève un sourcil en me dévisageant d'un air curieux mais aussi malicieux. Je ne comprends pas une chose, est-ce que Dieu a décidé de faire de tous les hommes possédants un physique d'anges ténébreux des criminels ?
-Mon truc ? Tu sais petite ce mot veut dire beaucoup de choses. Dit-il en usant d'un sarcasme fastidieux.
-Je...et ben...et puis ton truc de m'apprendre tes choses-là...je veux savoir si...
-Si je vais te faire du mal. Dit-il en m'interrompant.
Je hausse les épaules.
-Oui. Dis-je en soutenant son regard.
-Ça dépend. En fait tout dépend de toi.
Après cette rencontre une idée me traverse l'esprit. Je dois être coopérative, faire ce que cet animal me demandera, et quand il sera satisfait de mon comportement, lorsque il aura une certaine confiance en moi, je m'enfuirais, je m'enfuirais le plus loin possible, loin de lui, loin d'Alec, loin de tout.
Mes sentiments pour Alec ne pourront jamais prendre l'avantage sur la haine que j'éprouve pour lui en ce moment même.
-Lève-toi !
Je lève les sourcils l'air étonné.
-Je te rappelle que je suis enchainée au lit !
-Dommage. Dit-il en quittant la chambre et en fermant la porte derrière lui me replongeant dans l'obscurité.
Mon plan d'évasion n'est pas si concret que ça si je reste ainsi attachée au lit. Mes larmes commencent à couler de nouveau. Est-ce ma seule option de révolte désormais ? Pleurer à chaque fois que je me sens impuissante, faible, captive...
Je soupire en sentant ma gorge se serrer, comment les choses ont pu prendre cette direction-là ?
Tout était prévu dans ma misérable vie, finir mes études de commerce, trouver du travail, me marier avec un homme bien, avoir des enfants, mourir de vieillesse.
Je ris nerveusement, car j'ai fini mes études après avoir passé une période de ma vie dans un centre ou on effectuait des tests sur des humains, j'ai trouvé du boulot au sein d'une entreprise ou le P-DG fait partie d'un groupe de proxénète, je me suis presque marié avec un chef de gang impitoyable, j'ai perdu un enfant le jour-même. Et je crèverais surement avec une balle perdue dans la tête, ou je me suiciderais.
C'est incroyable comme les choses peuvent changer en un claquement de doigts.