Chapitre 46 Repartir, quitter la Tour. Je marche comme un zombie. Les jambes en coton, l’estomac en plomb, la tête en feu, les narines, la gorge en papier de verre. L’odeur de vomi partout jusqu’au plus profond de moi. L’odeur me suit, l’odeur me précède. Glisser dans le dégueulis, patiner mollement sans pouvoir avancer sur les pavés mouvants. Avec des gens sur les trottoirs qui campent, qui boivent déjà. Des corps qu’il faut enjamber. Toute la ville sent la vomissure. Maudite braderie. Ils sont déjà là avec des matelas, des tentes, des remorques pour réserver leur place pour le week-end. Je ne sais pas si je vais supporter l’odeur de friture et de bière, qui montera jusqu’aux combles, jusqu’au ciel. Je n’en peux plus. Monter les escaliers est un calvaire. C’est trop. La solitude insup


