Chapitre 47 Les gens qui campent sur les trottoirs, l’effervescence qui monte doucement, les groupes qui vont et viennent, les langues étrangères qui déboulent au coin des rues, les Péruviens qui s’amusent avec les instruments de musique, les Anglais qui testent les vinasses d’épicerie, tout cela Bernard aimait bien. Contrairement à la majorité de ses collègues. Les odeurs de bière, les montagnes de coquilles de moules, tout ce folklore tranquille et joyeux l’accompagnait depuis des années. Depuis une première affectation dans ce Nord qu’il pensait sombre et triste, et qu’il aurait dû subir comme une sanction, comme une relégation. Bien au contraire. Il l’avait inventorié avec soulagement. Il n’aurait plus supporté la chaleur, l’odeur de poussière surchauffée mélangée aux épices après c


