23 heures 20.L’homme avait le négligé chic. La cinquantaine, les cheveux, poivre et sel, en un désordonné savant, le teint hâlé aux ultraviolets, une mince chaîne en or autour du cou, une chemise mauve, négligemment entrouverte sur un torse musclé, un jean étroit et moulant, tombant impeccablement à la verticale sur des mocassins. — Je souhaiterais parler au lieutenant de Kermadec, dit-il. La voix était posée, légèrement émue. Le brigadier lui désigna Kermadec d’un mouvement de la tête. — Je suis Charles Couron. Vous m’avez téléphoné au sujet de Mathieu. De Mathieu Bellac. Je suis venu aussi vite que j’ai pu… Que lui est-il arrivé ? — Il ne fallait pas vous déranger, lui répondit le lieutenant. Mon coup de fil n’était pas une convocation. Juste une information, conformément à la loi. C


