Chapitre 7

1596 Mots
Aujourd’hui, je me lève de bonne heure et respecte ma routine matinale à la lettre. Au moment de m’habiller, j’opte pour un t-shirt noir, une taille au-dessus de la mienne, avec un jean boyfriend ample et bleu, soigneusement décoré avec des autos collantes roses un peu partout. Ce jean, c’est l’œuvre d’Emily, je n’ai pas pu lui reparler hier, mais j’espère qu’elle n’est plus fâchée contre moi. Bref, je prends mes affaires et descends prendre un petit déjeuner rapidement avant de sortir. Par précaution, j’ai demandé à Maël de venir me chercher ce matin, au cas où Elyas ne viendrais toujours pas, ce qui fut le cas. Je me retrouve donc à faire le trajet en compagnie de mon nouveau et premier faux petit ami. On ne s’est même pas échangé un mot sur le chemin, à part bien sûr « bonjour ». Honnêtement, je ne sais même pas ce que je suis censée faire, je n’ai jamais été en couple et encore moins fait semblant de l’être. On arrive au lycée et à peine est-on sortit de la voiture, que tous les regards sont braques sur nous. Les filles regardent toujours Maël avec envie et convoitise, mais moi, on me regarde comme le déchet qu’il est en train de se trimbaler, si le regard pouvait tuer, je serais transpercée de partout. Un immense frisson me traverse la colonne vertébrale et je regarde le sol, ne pouvant supporter tant de mépris dans les yeux. Au fond, personne dans ce lycée ne m’a jamais vraiment regardée, et je crois qu’en fait ce n’était pas plus mal. Sans arranger les choses, Maël vient passer son bras autour de mon épaule et me sourit gentiment. - Ignore-les, elles sont juste jalouses - Juste ? Il glousse doucement et me fait signe d’avancer. Mais en à peine deux mètres, je ne peux pas compter le nombre de filles qui m’ont lancées des avis de meurtre par regard ou télépathie. Tout ce stress commence à me donner envie de vomir, j’ai mal à la poitrine, je vois clairement que je ne suis pas à ma place et j’ai l’impression que ce plan sera plus compliqué que prévu. D’un geste très discret, je retire la main de Maël de mon épaule et je mets quelques centimètres entre nous. Il me regarde avec interrogation, mais je me contente de m’excuser et de disparaitre dans la foule aussi vite que possible. Heureusement, il ne me court pas après… J’arrive devant mon casier et rencontre Emily qui quittait le sien. Nos regards se croisent et je ne la sens pas très joyeuse, mais je préfère faire comme si de rien n’était. Je lui fais un petit sourire en allant vers mon casier juste à côté. - Hey ! Ça va ? - Moins que toi, visiblement - Je ne vois pas de quoi tu parles, je suis comme d’habitude - D’habitude tu ne viens pas à l’école dans la voiture du Petit Prince Je me fige une seconde et me mords la lèvre, je me sens toute bizarre, mais ce n’est pas le moment de culpabiliser. Je respire un grand coup et essaye de paraitre naturelle. - Ah tu nous as vus ? - Toute l’école vous a vu, t’inquiète Je referme mon casier et hausse les épaules comme si ça ne me faisait rien, avant de commencer à marcher vers la salle de classe. Elle me suit en poursuivant la conversation. - Dis, tu es sérieuse ? Je croyais que tu étais amoureuse d’Elyas. Il ne vient plus à l’école et au lieu de chercher à arranger les choses avec lui, tu es en train de fricoter avec le chouchou de toutes les nanas du lycée Je me stoppe net et me retourne pour lui répondre, et je dois avouer que ma réponse ne tient pas totalement de la comédie. - J’en ai marre de courir après quelqu’un qui ne me voit pas… Si Maël me voit, c’est déjà pas mal - Tu n’as aucune idée de ce qu’il voit en toi - Et toi tu sais ? Elle reste silencieuse et baisse le regard. - Je me disais bien… Et je m’en vais. Mais étonnement, elle n’a pas lâché l’affaire. Durant les jours qui ont suivi, on s’est disputées, plusieurs fois par jours, tous les jours, toujours à propos de ma relation avec Maël. S’il fallait l’énervée, c’est réussi, mais elle ne s’est pas pour autant rapproché de lui, enfin pas que je sache. Quand a Elyas, il n’est pas venu à l’école durant le reste de la semaine. J’ai essayé de le joindre, mais il ne me répond pas, par contre il reste en contact avec Emily qui n’a pas manqué d’enfoncer le couteau « Pourquoi il devrait te donner de ses nouvelles ? Tu es heureuse avec ton nouveau petit ami, n’est-ce pas ? Tu peux dormir la conscience tranquille, il n’est pas mort de ta trahison… ». Elle peut être vraiment dure quand elle veut… Aujourd’hui c’est samedi, on n’a pas cours et Maël m’a proposée d’aller en balade. Je n’ai pas refusé, j’ai franchement besoin de prendre de l’aire, de plus, passer du temps avec lui hors de l’école pourrait enlever le malaise que j’ai ces jours-ci près de lui. Maël vient me chercher à 12h et nous nous mettons en route vers une destination qu’il refuse de m’avouer. Nous parcourons quelques kilomètres à l’opposé de la route du lycée. Nous prenons un chemin que je connais bien, je me rappelle d’ailleurs qu’il y a un bon restaurant dans le coin, le seul dans lequel je peux manger sans avoir peur de ce qui est dans mon assiette. Et comme s’il lisait dans mes pensées, c’est exactement devant ce restaurant qu’il se gare. Je ne peux pas m’empêcher de me retourner vers lui avec un grand sourire. - J’adore ce resto - Super ! Moi j’aimerais bien le découvrir - Tu vas adorer On sort de la voiture et allons vers la porte alors que la conversation devient fluide. - Apparemment, il y a un ciné pas loin. On pourrait y aller après manger - Si le film ne dure pas trop, je dois rentrer chez moi avant 18h - T’inquiète, on va gérer Sur ses derniers mots, je lui souris gentiment alors qu’il m’ouvre la porte tel un vrai gentleman. Je me sens honorée, mais je déchante vite lorsque mon regard croise les pupilles chocolatées d’Elyas. Mon cœur rate un battement et je dois me tenir au mur le plus proche pour ne pas tomber. Mais quand je dis que mon cœur a raté un battement, c’est au sens littéral. Je le sens se serrer dans ma poitrine et j’ai soudainement du mal à respirer. Je finis au sol et me bat pour essayer de me calmer, mais en vain, j’ai été un peu trop surprise. Point de vue externe : Maël et toutes les personnes présentes observent la jeune fille en peine sans savoir quoi faire, comment réagir. Seul Elyas, qui la connait si bien et maitrise comment gérer ses crises, se décide à bouger. Il quitte son comptoir en flèche et vient soulever la belle comme une princesse. Il l’aide et la rassure avec des mots qu’elle comprend bien « Reste avec moi, il faut te calmer, c’est rien, tu as déjà vécu pire que ça, respire comme le docteur te l’a appris, 1…2…3… » Il l’allonge sur un large canapé qui permet normalement aux clients de s’assoir à plusieurs à une table. Il pousse la table et se met en face d’elle pour tenir sa tête pendant qu’il l’aide à respirer plus calmement. Tous les observent, mais les deux semblent coupés de tout. Quelques minutes plus tard, elle respire plus calmement, mais elle est visiblement toujours en peine, elle pleure en cherchant à s’exprimer. - J’ai mal… - Je sais, ça va passer, respire… - Les pilules… - Où ? - Sac… Elle n’en dit pas plus et il comprit ce qu’il fallait faire. Il balaye la salle du regard à la recherche du sac en question. Il reconnait le petit sac en forme de tête de chat qu’il lui avait offert pour son anniversaire, mais il est entre les mains de Maël. Automatiquement, son regard change. Il laisse Maya et se dirige vers l’autre en le fixant avec le regard d’un guerrier sanguinaire. Il lui arrache le sac sans dire un mot et le fouille rapidement pour trouver la boite de médicaments. Il sert un verre d’eau et va aider la mourante à s’assoir pour prendre ses pilules. À peine la mission accomplie, que Maël décide de s’approcher des deux jeunes. - Merci bien, mais je crois qu’elle va mieux, tu devrais retourner travailler Elyas aurait préféré ne pas entendre la voix de ce type, mais la bêtise est faite. Il se redresse et s’approche de son interlocuteur l’air menaçant. - Elle va mieux, oui. Mais ce n'est certainement pas grâce à toi, alors ne me dit pas quoi faire - Si tu veux perdre ton boulot, c'est ton problème, mais elle, elle est avec moi - Et si ça ne tenait qu’à toi, elle serait morte sous tes yeux. Incapable… - Moi au moins elle me considère comme un homme… La seconde qui suivit, le poing d’Elyas s’abattu sur le visage de Maël, qui s’effondra aussitôt. Elyas se mit sur lui et continua de déchainer des coups de poings plus violents les uns que les autres, au point où sa victime se mit à pisser du sang du nez. La police du intervenir…
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