Point de vue externe:
Elyas a passé la nuit en garde à vue, au commissariat, et a été relâché le lendemain matin. Maël, complètement défiguré, a reçu des soins et plusieurs points de suture sur le visage. Quant à Maya, ce soir-là, elle est rentrée en taxi chez elle, elle ne se rappelle pas réellement les avoir vus se battre, car elle était trop dans les vapes. Mais ce dont elle est sûr, c’est qu’ils n’auraient jamais dû aller dans ce restaurant. Elle a pu joindre Maël au téléphone et il s’est excusée en disant qu’il voulait juste remplir sa part du marché en rendant Elyas jaloux, mais il ne s’attendait pas à ce que ce soit si v*****t. Elyas refuse toujours de répondre à ses appels et messages…
Grace aux personnes qui ont assisté à la scène, et a la vitesse de propagation des ragots, il n’a fallu qu’un weekend pour que tout le monde soit au courant de cette bagarre. Tout le monde, sauf Emily qui pleure et déprime seule dans sa chambre depuis vendredi soir. Ces derniers jours, elle a essayé de se contenir et de se convaincre que ça ne lui faisait rien, mais elle a finalement craqué. Malgré tout ce qui s’est passée, voir Maël avec une autre lui fait beaucoup de mal. Oui, elle avait encore des sentiments pour cette personne qui aurait fait de sa vie au collège, un véritable enfer. Et maintenant, elle n’a plus qu’une pensée en tête, « Si elle ne veut pas s’éloigner de lui, je vais devoir l’y forcer ».
Et le lundi matin…
Point de vue de Maya :
‘‘ (Voix de Rose)
Chers lecteurs, excellent début de semaine à vous. Malheureusement, en ce moment, pour la plupart des filles du lycée, la semaine s’annonce mal vu que leur Petit Prince est suspect. Laissez-moi donc dissiper vos doutes.
Le Petit Prince a bien et bel trouvé sa Petite Princesse, je parle bien sûr de Maya Besses…"
Je m’arrête sur cette phrase et regarde par la fenêtre alors que mon père se gare devant le lycée, et j’ai soudain un fort sentiment d’appréhension. C’est vrai que ça fait presqu’une semaine que lui et moi trainons ensemble dans tout le lycée, mais dit comme ça, en plus par Rose, je crois que ça risque d’attiser les esprits de…rébellion. Je reste encore à hésiter quelques minutes dans la voiture, avant de finalement descendre pour ne pas inquiéter mon père. Je m’avance lentement vers les portes de l’établissement malgré mes jambes flagellées. Je sens déjà les regards sur moi, des moqueries, du mépris, des chuchotements, je me sens jugée de partout. C’est très dérangeant et stressant. Je couvre ma tête avec la capuche de mon pull et baisse la visage pour essayer de passer invisible.
Je commence à marcher plus vite jusqu’à mon casier et au loin, je vois Emily devant le sien. Elle se retourne et quand son regard croise le mien, elle se fige et fait mine de vouloir me dire quelque chose, mais comme un mur qui se dresse entre nous, Lyse, Benedicte et Ruby se postent. Par réflexe, je fais quelques pas en arrière, alors que je sens les battements de mon cœur partir en vrille. Elles me font de faux sourires en m’encerclant pour que je ne puisse pas m’enfuir.
- Hey Maya l’abeille, on a quelques mots a te dire…
Je commence à trembler alors que le souffle m’échappe. Je crains le pire. Heureusement, la sonnerie se met à retentir dans les couloirs et Benedicte les arrête.
- Il faut qu’on aille en classe
- Pourquoi ? Rien ne presse
- Le prof a promis que si je suis de nouveau absente et préviendra mes parents…
- Arfff…
Lyse lève les yeux au ciel avant de les reposer brutalement sur moi.
- J’en ai pas finie avec toi l’abeille, tout à l’heure…
Puis elles s’en vont en pressant le pas. Je ferme les yeux et essaye de respirer profondément alors que mes jambes me lâchent et que je finis assise au sol. Emily accours vers moi l’air inquiete.
- Est-ce que ça va ?
Je me contente d’esquisser un sourire en hochant la tete. Les larmes lui montent aux yeux et, pour une raison que j’ignore, elle se met à s'excuser d’une voix tremblante. Je crois qu’elle s’en veut de ne pas être intervenue, mais je comprends, elle est terrorisée par ces filles, elles lui ont aussi fait la vie dure lorsqu’elle venait d’arriver ici. J’essuie doucement les larmes sur ses joues rouges et lui dit que tout va bien. Puis, elle m’aide à me relever et nous allons en classe.
Mais j’ai beaucoup de mal à suivre le cours. J’ai des vertiges en etant assise, j’ai chaud, la nausee, j’arrive pas me concentree. Je tiens le coup pendant une heure, mais ensuite finis par aller aux toilettes où je vais vomir abondamment. Une fois la chasse tirée, je me mets devant le miroir et prends les comprimés que j’avais pris avec moi en espérant que ça me permettra de tenir le coup jusqu’à la fin de la journée. Puis je me retourne pour sortir, mais la porte s’ouvre sur la b***e à Lyse. Elles entrent et referment derriere elles en prennant soin de bloquer la porte.
Mon cœur se remet à se serrer dans ma poitrine alors que je sens l’hostilité dans leurs regards.
- Je t’avais bien dit que je n'en avais pas fini avec toi…
Je recule et tente d’aller me cacher dans la cabine la plus proche, mais Benedicte et Ruby m’attrapent et me plaquent brutalement au sol, chacune retenant un de mes bras au sol. Je panique, gigote, pleure et crie, mais je m’épuise et m’étouffe seule. Lyse me regarde avec dégoût et pitié, puis elle se retourne pour prendre un seau et le mettre sous le robinet pour le remplir.
- Tu sais, tu as vraiment du cran ma petite. C’était d’abord Elyas, le beau gosse qui refuse de parler aux autres meufs, mais lui on a laissé parce qu’il est trop v*****t. Mais ça ne t’a pas suffi, il a fallu que tu jettes ton dévolu sur mon Petit Prince. Il s’est même fait tabasser à cause de toi !
Je pleure à chaudes larmes alors qu’elle me fait son discours de psychopathe. J’ai tellement peur, j’ai la poitrine en feu, j’ai mal. Il faut savoir que personne ne sait que je suis malade à part Elyas, même Emily ne sait pas. Même si je lui parle tout de suite de mon etat de santé, je ne pense pas qu’elles me croiraient ou qu’elles comprendraient. Je regarde Lyse s’approcher avec un sourire sadique et le seau plein d’eau, et je me demande si je vais survivre. Elle fait sortir une lavette jaune de sa poche et la pose sur mon visage en déferlant des insultes, mais je suis tellement dépassée par la situation que je n’entends plus rien.
Elle maintient le tissu sur mon visage avec sa main et commence verser brutalement de l’eau dessus. C’est comme si je me noyais, hors de l’eau. J’essaye de me retenir de respirer, mais je n’y arrive pas, l’eau me rentre par les narines, la bouche, j’étouffe, je panique et gigote dans tous les sens, mais elles me tiennent fermement. Elle continue de verser l’eau à forte pression sur mon visage pendant ce qui me semble être une éternité. J’avale et respire de grosses bulles d’eau qui veulent tout de suite ressortir, mais finissent par s’accumuler dans mes poumons. Très vite, mes membres s’engourdissent, je sens mes forces m’abandonner et je me dis que c’est peut-être la fin pour moi…
Heureusement, à ce moment, elle arrête de verser l’eau et retire le mouchoir. Je me mets immédiatement à tousser et recracher toute l’eau que j’avais ingurgitée. Elles me laissent agoniser au sol et sortent de la pièce en me jetant un « Si tu veux te comporter en p**e, on va te traiter en p**e ».
Je reste au sol et continue à cracher de l’eau, vomir, et pleurer en me demandant comment j’ai fait pour me retrouver dans cette situation…