Le froid de décembre enveloppait Tôtes d’une étreinte implacable, transformant les ruelles en corridors glacés où la neige crissait sous les pas. Les cheminées des maisons de pierre fumaient sans relâche, et les habitants, emmitouflés dans des manteaux épais, se hâtaient pour échapper au vent mordant. Dans la maison de Charles Bovary, l’atmosphère était aussi pesante que l’hiver, saturée par le désespoir d’Emma, qui s’était intensifié depuis l’arrivée de Rodolphe Boulanger. Leur rencontre, lors de sa visite pour un domestique blessé, avait allumé une flamme en elle, semblable à celle qu’elle avait ressentie pour Léon Dupuis, mais plus vive, plus dangereuse. Les mots de Rodolphe – Une femme comme vous devrait vivre dans un palais – résonnaient dans son esprit, ravivant ses rêves d’une vie p


