Dans les rues animées de Rouen, l’automne de 1860 drapait la ville d’une lumière dorée, où les pavés, humides des pluies récentes, luisaient sous un soleil pâle, et les quais de la Seine s’animaient d’une brise fraîche portant des senteurs de feuilles mortes et de pain frais. Les passants, enveloppés dans leurs manteaux, poursuivaient leur routine, indifférents aux échos d’histoires oubliées. Quinze ans après la mort d’Emma Bovary, emportée par son agonie, et celle de Charles, terrassé par une crise cardiaque, leur tragédie persistait comme une ombre à Tôtes, où Emma était devenue une fable moralisatrice contre l’ambition féminine. Berthe, leur fille, grandissait dans la pauvreté à Rouen, ignorant ce passé. À Tôtes, l’écrivain Valéry avait éveillé la curiosité en s’intéressant à Emma. Déso


