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Dans les rues animées de Rouen, l’hiver de 1861 enveloppait la ville d’un voile de brume, où les pavés, humides des pluies persistantes, luisaient sous des réverbères vacillants, et les quais de la Seine frémissaient sous une bise glacée. Les senteurs de bois brûlé et de café chaud emplissaient l’air, tandis que les passants, emmitouflés dans leurs manteaux, pressaient le pas. Seize ans après la mort d’Emma Bovary, emportée par son agonie, et celle de Charles, terrassé par une crise cardiaque, leur tragédie résonnait encore à Tôtes, où Emma était une fable moralisatrice contre l’ambition féminine. Berthe, leur fille, grandissait dans la pauvreté à Rouen, ignorante de ce passé. L’écrivain Valéry, ayant découvert les journaux d’Emma dans une vente aux enchères, venait de publier des extraits

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