CHAPITRE 18 : LES CICATRICES DU DESTIN PARTIE I : LES SENTINELLES DE QUARTZ Le silence qui régnait dans l’infirmerie du Palais de Quartz était une entité presque palpable, une nappe de plomb étouffant les échos des cristaux qui composaient les murs. L’air, saturé d’une humidité lourde, portait les effluves âcres des racines de mandragore macérées, la fraîcheur terreuse de la mousse de roche et, surtout, ce relent métallique persistant : celui du sang des braves. Pour Sacha, la nuit n’avait pas été une simple succession d’heures, mais une tranchée de guerre creusée contre la faucheuse qui rôdait, invisible, entre les colonnes de quartz. Ses mains, habituellement d’une précision chirurgicale, commençaient à trahir une fatigue abyssale. Un léger tremblement agitait ses doigts alors qu’ell


