Cette voiture m'avait laissé quelques égratignures. Le chauffeur s'était rendu compte de son dérapage et dans le but de se rassurer de mon état de santé, il avait garé sur le côté, était venu se rassurer que je n’avais rien de grave. J'étais couchée à plat ventre. C'est avec délicatesse qu'il m'avait retourné et m'avait fait me tenir debout.
Lui : madame vous allez bien ?
Cette voix j'aurais pu la distinguer parmi mille autres, ça ne pouvait être que lui
Moi : ohhhhhh mon Dieu m'exclamais-je avant de fondre en larme dans ses bras.
Il avait aussi l'air très surpris de me revoir et se contentait juste de me serrer encore plus fort...
Hummm qu'elle sensation de bonheur en un petit instant je me suis rendu compte de tout l'amour que je ressentais pour lui. Je m'étais enfin desserré de ses bras pour enfin lui adresser la parole.
Moi : c'est vraiment toi ??
Oliver : c'est bien moi Émilie. Qu'est-ce que tu fais en route et à pareille heure ? En plus à Douala. Je te croyais marié a limbe
Moi : c'est une longue histoire. Je suis en train d'aller chez mes parents
Oliver : à pied ?? Tu n'es pas sérieuse la ?? Il est où ton mari ?? Ne me dis pas que tu as marché de limbe pour Douala .
Moi : (il s'est avancé...) non non j'ai eu panne raison pour laquelle je me suis mise a marché espérant trouver une voiture.
Oliver : tu ne sais même pas mentir. Ça se vois que tu as tellement marché au point où tes pieds ont gonflé. Dis-moi la vérité Émilie !
Moi : c'est une très longue histoire
Oliver : j'espère que tu me raconteras un jour ??
Moi: peut-être. Mais pour l'instant je n'ai pas la tête à cela.
Oliver : monte en voiture je te dépose disait-il en ouvrant la portière de la voiture.
Moi : Merci. Tu es vraiment mon ange gardien aujourd'hui
J'avais pris place à ses côtés et pour la première fois depuis très longtemps je me sentais en sécurité...
Oliver : qu'est-ce qui t'amène chez tes parents ?? À ma connaissance depuis ton mariage, t'es plus jamais passé par là
Moi : j'ai perdu mon bb, mon nouveau-né. Je pars comme ça l'enterrer
Oliver : je suis vraiment désolée pour toi Émilie. Toutes mes sincères condoléances
Moi : Merci Oliver.
Oliver : Il y a quelque chose que je ne comprends pas toujours
Moi : quoi Oliver vas-y, je vais t'aider à voir plus clair si possible
Oliver : tu es toujours marié n'est-ce pas ? Comment une femme mariée à un homme tellement riche comme ton mari, peut-elle se retrouver entrain marcher à pied pour aller à l'enterrement de son enfant ?
Moi : nous avons eu un petit problème, je suis troublé par le deuil encore, j'ai préféré voyager seul
J'avais tellement envie de raconter tout ce que j'ai vécu depuis mon mariage à Oliver, mais la peur de le perdre me faisais garder le silence. J'avais trop peur des menaces de mon mari
Nous avons roulé durant tout le trajet sans plus dire un mot. Je l’avais remercié à notre arrivée chez mes parents. Puis quelque temps après nous avons pris la route direction du village... À notre arrivée il y avait déjà du monde autour de la dépouille de mon bb... Ma mère était venue voulant me serrer dans ses bras mais je l’avais clairement fait savoir que je ne voulais rien avoir à faire avec elle. Mon supposé père n'avait pas mon temps et moi non plus d'ailleurs. Je m'étais jeté en pleure dans les bras de mon grand frère Ben.
Moi : ohhhhhh Ben si tu savais à quel point tu m'as manqué mon grand frère. (Disais-je en pleure.)
Ben : me serrant très fort contre lui... Tu m'as aussi manqué ma petite sœur Chérie, tu m'as tellement manqué.
Moi : pourquoi tu ne m'as pas cherché quand tu es rentré ??
Ben : Dieu seul sait à quel point je t'ai appelé et cherché. Les parents m'ont toujours dit que tu es une femme très occupée raison pour laquelle c'est difficile de te joindre...
Moi : et tu les as cru ??
Ben : bien-sûr que non ma chérie qu'est-ce que tu crois ?? Je ne sais vraiment pas pourquoi ils n'ont pas voulu me dire où tu habitais... j'ai fait des recherches partout pour te retrouver mais ça ne donnait rien à chaque fois, j'étais même à limbe 3 fois mais toujours aucun résultat
Regarde comment tu as maigri ma chérie c'est quoi le problème ?? Et ne me dis pas que c'est la mort de ton bb parce que je sais qu'à part ça il y a autre chose. Même ta beauté tu l'as perdu
Moi : (essuyant mes larmes). Ohhh grand frère. Si seulement tu savais par quoi je suis passé depuis que je me suis mariée.
Ben : tu peux tout me raconter maintenant, je dis bien tout Emi, je suis là.
Moi: tu sais depuis que je me suis mariée ma vie est un véritable m...
Hervé : paradis sur terre. N'est-ce pas mon amour ??? Disais Hervé en interrompant mes retrouvailles avec mon frère et me lançant un regard menaçant noir et vide...
Moi : oui oui c'est ce que je voulais dire. J'ai été très heureuse. C'est juste la mort de mon bb qui m'a autant affecté, je suis meurtri de l'intérieur
Ben : tu es sûre ma petite sœur ??
Moi : certaine Ben ! tout va bien ne t'inquiète pas.
Ben : d'accord. Je suis désolée que tu aies à subir une telle douleur ma chérie. disait-il en me serrant contre lui...
Comme cette chaleur m'avait manqué.
Hervé : puis-je vous emprunter ma femme pour quelques secondes beau-frère ??
Ben : oui bien-sûr allez-y.
Hervé m'avait arrêté par la main et m'avait emmené hors du regard de tous.
Hervé : qu'est-ce que tu comptais dire à ton frère ? Je vois que tu es vraiment égoïste et que tu ne l'aimes pas. Vas-y et tu vas voir, j'ai déjà tout dit pour moi
Disait-il en me serrant fort l'avant-bras
Moi : aïe tu me fais mal lâche moi disais-je en me débarrassant de lui
Hervé : écoute moi bien Émilie n'ose même pas raconter ce que tu sais ou a subies à qui que ce soit si non... tu connais-toi même. C'est la vie des gens que tu aimes...
Moi : je connais déjà la petite chanson mais tu ne me fais pas peur
Hervé : hahaha je n'ai pas envie de te faire peur justement c'est l'objectif.
Moi: sache que tu ne me fais plus peur et je te jure sur mon fils que je viens de perdre que tu vas payer pour chaque goûte de larme que j'ai versé. Crois-moi que tu vas regretter de ne m'avoir pas tué avant. Et sache qu'après l'enterrement je vais divorcer de toi. Disais-je en regagnant la cour du deuil.
Certains membres du village réclamaient qu'on devait faire une autopsie pour savoir la raison du décès de mon bb. Mais mon mari s'y opposait et chose curieuse mon cher père l'avait soutenu dans sa décision. En disant que l'enfant était mort-né qu'il ne croyait pas qu'on pouvait en vouloir à un petit enfant qui était encore dans le ventre et qu’en plus l'église n'acceptait pas ces pratiques. Tout ce que je voulais c'était en finir avec cette douleur qui me rongeait tant, raison pour laquelle je m'étais rangé de leur côté. Mais je savais que c'était mon époux qui était la cause directe du décès de mon bb. On avait finalement enterré le bb et tout c'était passé dans de très bonnes conditions malgré la douleur des uns et l'indifférence des autres. Après l'enterrement chacun rentrait chez soi tandis que nous étions restés quelques instants dans notre maison du village. J'étais adossé sur un poteau à l'extérieur en train de réfléchir lorsque j'avais été interrompu par Oliver
Oliver : tu comptes vraiment divorcer ??
Moi : (étonné) pourquoi cette question ??
Oliver : j'ai écouté votre conversation
Moi : pourquoi cette question ??
Oliver : parce que je n'ai jamais cessé de t'aimer et le fait de te voir aussi triste me rend malade
Moi : écoute Oliver je n'ai rien contre toi. Mais au stade où je suis il n'y a pas de place pour une aventure
Oliver : tu sais bien Que j'ai toujours voulu du sérieux avec toi. Rien à voir avec l'aventure. Je vois bien comment tu es triste dans ton mariage.
Moi : je suis très heureuse dans mon foyer ok ??
Ben : tu n'es pas heureuse ma chérie. Je ne sais pas ce que t'a fait cet homme mais, je suis sûr d'une seule chose, il te rend très malheureuse... Regarde toi... Tu es toute maigre comme une personne mal nourrie. Dis moi maintenant ce qui ne va pas avec lui.
Moi : je vais très bien grand frère. Je t'assure.
Ben : tu es convaincu ??? Disait-il en s'adressant à Oliver
Oliver : pas du tout. Elle cache quelque chose.
Moi : vous devez me croire quand je dis que je vais bien ok ??
Ben : comme si j'allais te croire... Peu importe ce Que tu me caches je finirai par découvrir.
Oliver : pour ça tu pourras compter sur moi. S'adressant à Ben.
Ben : allez va te changer on rentre en ville.
Je m'étais changée et avant de partir, je m'étais recueilli auprès de mon bb.
Moi : mon amour, mon bb. Tu ne sais pas à quel point tu m'as blessé en m'abandonnant toute seule dans cette vie pleine de méchanceté. Tu étais mon seul espoir, la seule raison pour laquelle je voulais me battre. Et maintenant tout ce que je ressens c'est de la haine et de la rancœur. Mais cette fois je suis fatiguée. Fatiguée de pleurer, fatiguée d'être maltraité, ta mort ne va pas être impuni, ceux qui ont fait ça vont regretter. Donne-moi la force de combattre tes ennemis mon enfant, je suis tellement triste.
Je pleurais ainsi à voix haute avant d'être interrompu par Oliver.
Oliver : j'aimerais tellement avoir le pouvoir d'effacer ta tristesse...
Moi : malheureusement tu ne peux pas... Personne ne peut m'aider
Oliver : écoute. Si tu ne peux pas te confier à moi, confie-toi à Dieu. Lui seul a la solution à ton problème.
Moi : non mais de quel Dieu me parles-tu ?? Que lui ai-je fait pour qu'il ne me laisse aucun répit ?? Je suis fatiguée de tout ça je n'en peux plus...
Oliver : viens la ma chérie disait-il en me serrant très fort contre lui... Tiens ceci.
Moi : qu'est-ce que c'est ??
Oliver : c'est un dizainier. Utilise-le pour implorer la Sainte Vierge Marie d'intercéder pour toi.
Moi: merci j'en ferai bon usage
Après cette discussion je suis allée dire aurevoir à mon frère qui m'avait d'ailleurs promis de me visiter désormais chez moi avec ou sans le consentement de mon époux. Après cela j'avais regagné ma place dans la voiture au côté de mon mari puis nous avons repris la route en direction de Limbé. Sur le chemin du retour nous avons été percutés par une semi-remorque qui transportais des conteneurs. Cette fois-là j'avais repris connaissance dans un vrai hôpital...
C'était le début de la guerre
Je m'étais réveillée de cet hôpital sans égratignures. La seule chose qui s'était brisé est le dizainier que m'avait remis Oliver à l'enterrement... À mon réveil, Ben et Oliver étaient à mes côtes
A suivre...