*****Hafsa DIAKITÉ
Les jours filent à une vitesse folle. Et avant même que je ne m'en rende compte on est déjà dimanche. Et qui dit dimanche dit repos. Aujourd'hui je n'ai rendez-vous avec aucune cliente. Je compte me reposer.
Je suis dans le jardin près de la piscine entrain de faire des vidéos avec mon téléphone. Tante m'a prêté son... comment est-ce qu'elle a appelé ça déjà ? Ri..Rin..ring light. Voilà. Elle m'a passé son ring light et je suis entrain de faire des vidéos avec.
Je me trouve trop belle dans les vidéos. J'utilise les filtres. Le téléphone m'a suggéré une musique. Oh j'adore cette musique. Je commence à danser.
Ouaiiiss je bouge bien. Ouais allez Hafsa. Je danse très bien.
Moi : (criant) Ouaisssss!
Je m'éclate comme une folle.
*****Ibrahim MOCTAR
Je rabats mon ordinateur puis me lève de mon siège. Ça ne peut plus continuer. C'est invivable. Je suis dans ma maison quand même. MA MAISON. Et la moindre des choses serait d'avoir un peu de silence non? Est-ce trop demandé ?
Mais non! C'est impossible d'avoir du silence avec cette fille dans les parages. Elle ne fait que crier. Je l'entends même dans la chambre. Elle a quoi à crier tout le temps ? Est-elle une sirène ? Je n'en peux vraiment plus.
Je me dirige tout furieux vers la sortie. Je vais lui en toucher deux mots moi. Elle peut me croire.
J'étais sur le point de ressortir de ma chambre lorsque ma mère voulait faire son entrée. On a manqué de se cogner.
Ma mère : Ibrahim ? Mais qu'est ce que tu as ? Tu es en colère ?
Moi : Cette fille maman. Cette villageoise. Tu peux me dire ce qu'elle a à crier ? J'ai besoin de silence pour travailler moi. Je dois finir un truc très important.
Ma mère : Je te comprends mon fils. Calme-toi d'accord ?
Moi : Non maman. Je vais lui dire ce que je pense moi.
Ma mère : Non calme-toi. Je vais lui parler. Elle va arrêter de faire du bruit. Elle ne fait pas exprès tu sais ?
Moi : Tu la défends toujours maman. Tu ne fais que la défendre.
Ma mère : Non ce n'est pas ça. Essaie juste d'être tolérant avec elle.
Moi : Je te rappelle que je tolère déjà sa présence dans ma maison. Je ne vais pas aussi tolérer ses cris. Il est hors de question.
Ma mère : Ok ok. Tu as raison. Tu as raison mon fils. Je vais lui dire de faire moins de bruit d'accord ? Retourne à l'intérieur. Va travailler allez!
Moi : Ok maman. Mais dis-moi tu sors? Dis-je en la contemplant.
Elle est élégamment habillée.
Ma mère : Oui je venais justement te le dire. Je me rends à la fête d'anniversaire d'une de mes copines. Elle m'a invité et je ne pouvais pas manquer.
Moi : D'accord maman. Profite bien de la fête. Ne rentre pas tard.
Ma mère : C'est promis.
On se fait la bise puis elle est partie. Je suis retourné à mon travail. Je vois que ma mère a fait comme elle a dit vu que je n'entends plus les cris de la villageoise.
Je soupire de soulagement. Enfin ! Je vais enfin pouvoir travailler en paix.
*****Hafsa DIAKITÉ
Tante est sortie. D'après ce qu'elle m'a dit, elle se rend à la fête d'anniversaire d'une de ses copines. En partant, elle m'a dit de ne plus faire de bruit parce que ça perturbe monsieur Ibrahim qui est entrain de travailler.
J'ai donc éteint la musique. C'est mieux que les problèmes. À présent, je m'ennuie. Je ne sais plus quoi faire.
Je m'apprêtais à retourner à l'intérieur lorsque je vois Doggy courir vers moi. On dirait qu'il veut qu'on joue et ça tombe bien. Je veux bien jouer avec lui.
Il s'arrête devant moi. Je commence à lui faire des papouilles. Il a l'air d'aimer. Il commence à aboyer.
Moi : Allez Doggy viens! Essaie de m'attraper. Allez!
Je cours et il court derrière moi. On court autour de la piscine. Je ris aux éclats. Tout à coup, j'ai glissé sur les carreaux et j'ai lourdement atterri dans l'eau de la piscine. Je suis allée au fond puis une fois à la surface de l'eau, j'ai commencé à essayer de sortir mais je n'y arrivais pas.
L'eau était beaucoup trop et le bassin, très profond. En plus, je ne sais pas nager. Je commence à me débattre. Oh mon Dieu. Je ne veux pas mourir. Je sens l'eau pénétrer mes narines. J'avale aussi au passage.
Moi : (essoufflée) Doggy aide-moi! Doggy.
Il a plongé dans l'eau et a essayé de me sortir de là mais j'étais trop lourde pour lui. Il n'arrivait pas à me tirer de l'eau. Et je me noyais d'avantage. Très bientôt, je n'avais plus de force pour me débattre. J'ai commencé à couler. Tout ce que j'ai entendu avant de perdre conscience était les aboiements de Doggy.
*****Ibrahim MOCTAR
Oh non! Dites moi que ce n'est pas vrai. Maintenant que la villageoise a cessé de faire du bruit, c'est au tour de Doggy de commencer pour lui. Je me demande ce qui ne va pas dans cette maison.
Les aboiements de Doggy sont de plus en plus forts. C'est bizarre. Ce n'est pas dans ces habitudes d'aboyer ainsi. On dirait qu'il a un problème.
Je suis allé près de ma fenêtre puis j'ai jeté un coup d'œil dans le jardin pour voir à peu près ce qui se passait. Et je suis choqué de voir la villageoise dans la piscine et Doggy essayant de la faire sortir. Oh mon Dieu, on dirait qu'elle se noie.
Ce n'est pas possible. Oh non!
Je ressors de la chambre en courant. J'ai dévalé les escaliers puis me suis précipité vers la piscine.
Immédiatement, j'ai plongé puis je l'ai sorti de l'eau. Elle est complètement inconsciente. Je l'ai posé sur le bord de la piscine puis j'ai commencé à faire tout mon possible pour la réanimer.
J'ai essayé tout ce que je savais en secourisme mais elle ne se réveillait toujours pas. Non ça ne peut pas arriver ! Je refuse qu'elle soit morte.
De mes mains, je commence à appuyer sa poitrine en faisant des petites pompes. Je la vois recracher de l'eau en grande quantité. Je continue dans cette lancée jusqu'à ce que tout l'eau soit finie de son ventre.
J'ai cru qu'elle allait se réveiller après cela mais ce n'est pas le cas. Je n'ai pas le choix. Il ne reste plus qu'une seule solution. Lui faire du bouche à bouche.
Je lui pince donc le nez et souffle dans sa bouche. Et là, comme par magie elle reprend profondément son souffle.
Elle commence à tousser et recrache de l'eau. Je l'aide à se redresser.
Moi : Ça va ? Vous allez bien ?
Elle : Oh mon Dieu ! Dit-elle en larmes.
Elle s'affale contre moi.
Elle : J'ai tellement eu peur. J'ai.. j'ai..j'ai crû que j'allais mourir. Dit-elle appeurée.
Elle est dans un état de panique. Je peux sentir tout son corps trembler. J'essaie de la calmer.
Un peu hésitant au début, j'ai fini par la consoler. Lentement, je caresse son dos. Je la serre fort contre moi. Juste pour la réchauffer. La calmer.
Moi : Ça ira. Tu es saine et sauve maintenant. Ne pleure pas.
Je passe lentement mes doigts dans ses cheveux mouillés.
Elle se décolle de moi. On se regarde dans les yeux.
Elle a de beaux yeux.
Elle : Merci de m'avoir sauvé la vie monsieur Ibrahim.
Moi : Ce n'est rien. C'est tout à fait normal. En plus, tu devrais remercier Doggy aussi parce que sans lui je n'allais pas réaliser ce qui se passait.
Doggy aboie au même moment. Un peu comme s'il appuyait mes propos.
Elle : (rigolant) Oui bien sûr que je vais te remercier mon Doggy. Mon chien à moi. Mon super héros. Merci.
Doggy aboie.
On rigole. Je constate qu'elle grelotte.
Moi : Entrons à l'intérieur ! Vous allez vous réchauffer.
Elle : Oui.
Je l'aide à se relever mais elle n'arrive pas à tenir sur ses pieds, tellement elle tremble de partout. Elle s'écroule à nouveau sur le sol.
Je me penche vers elle pour la porter.
Je la soulève du sol puis la prend comme un bébé. Elle est fermement agrippée à moi. On a regagné l'intérieur. Plus précisément sa chambre. Je l'ai posé sur le lit avant de lui chercher des vêtements qui la tiendront au chaud.
Moi : Ça va mieux ?
Elle : Non. J'ai toujours aussi froid. Dit-elle toute tremblante.
Ses lèvres vibrent et ces dents se claquent l'une contre l'autre au moment où elle parle.
Je vois qu'elle a attrapé froid.
Moi : Restez là. Je vais vous apporter quelque chose de chaud à boire puis j'appellerai un médecin d'accord ?
Elle hoche la tête.
Moi : Bien! Couchez-vous ! Allongez-vous !
Je l'aide à s'allonger. Je la couvre avec plusieurs couvertures avant de la délaisser dans la chambre pour aller lui préparer le chocolat chaud.
Moi non plus je n'arrive pas à croire que j'ai dit cela mais c'est pour la bonne cause. Elle ne va pas bien alors c'est juste pour lui rendre service. Rien de plus.