Je vais retirer ma plainte.

1466 Mots
*****Ibrahim MOCTAR J'arrive à l'entreprise et je peux voir mes employés qui ont formé un cercle et étaient entrain de faire le commérage. Ils sont si préoccupés qu'ils n'ont pas remarqué ma présence. Je pouvais entendre les chuchotements du genre : «Tu es sûr qu'il est gay ? J'ai toujours du mal à croire que le patron soit un homosexuel.» Et un autre du genre : «Donc il nous cri dessus tout le temps ici alors que c'est ce qu'il fait inh. Malchance» Je me racle la gorge. Ils sursautent. «Bonne arrivée monsieur » «Oui monsieur soyez le bienvenu » Moi : Depuis quand mon entreprise est devenu un lieu de ragots ? Je vous paie pour médire c'est ça ? «Non non monsieur. » Moi : Retournez au travail ! «Oui. Tout de suite monsieur » Ils se sont dispersés et chacun a pris son chemin. Je me dirige vers l'ascenseur. Je pouvais néanmoins sentir leur regard sur moi. À cause de cette stupide villageoise, mes employés n'ont plus le moindre respect pour moi. Ils se permettent de parler de moi en mon absence. Une chose est sûre, elle va me le payer très chèr. À l'heure qu'il est, les policiers doivent être entrain de procéder à son arrestation. Quelques jours en cellules lui permettront de savoir qu'on se mêle de ses affaires dans cette vie. L'ascenseur s'ouvre et je regagne mon bureau. Mais qu'est ce que c'est que ce bazar? Soraya n'a pas encore rangé mon bureau ou quoi? Je commence par l'appeler. Elle arrive. Soraya : Oui bonjour Ibrahim. Bonne arrivée. Moi : Pourquoi mon bureau est-il toujours dans cet état ? Soraya : Désolée. J'avais les idées ailleurs. Je vais m'en occuper tout de suite. Excuse-moi. Moi : Dépêche toi! Soraya : Oui oui un instant. J'ai donc été obligé attendre pour qu'elle fasse le rangement. Après cela, j'ai regagné mon siège. Moi : Et que ça soit la dernière fois. Apporte-moi mon café. Soraya : D'accord. Dit-elle en voulant s'en aller mais elle revient sur ses pas. Au fait Ibrahim, je...je voulais savoir si ce que cette fille a dit hier chez toi était vrai. Sur le fait que tu étais...que tu es un homosexuel. Moi : Waouh ! Waouh! Non mais quelle audace ! Franchement ! Soraya : Ne te fâche pas s'il te plaît Ibrahim. Je veux juste savoir afin de voir si je peux toujours espérer ton amour. Ou si je vais cesser de me faire des idées. Parce que ça n'arrivera jamais. Moi : Tu as raison. Tu dois cesser de te faire des idées. Oui. Honnêtement. Arrête de rêver Soraya parce que toi et moi, ça n'arrivera jamais. Pas parce que je suis homosexuel mais parce que c'est ça. C'est tout. Soraya : Donc tu n'es pas homosexuel ? Moi : Soraya, apporte-moi mon café. Soraya : (toute contente) Oh je savais. Je suis tellement contente d'apprendre cela Ibrahim. Je savais que cette fille racontait des bêtises. Tu n'es pas homosexuel. Oh mon Dieu merci. Le café bien sûr. Je vais te l'apporter tout de suite. Un instant ! Elle est partie toute contente. Je soupire exaspéré. Mon téléphone commence à sonner. C'est ma mère qui m'appelle. Je décroche. Moi : Oui maman ! Ma mère : Ibrahim comment tu as pû faire ça ? Elle a crié si fort que j'ai été obligée d'éloigner le téléphone de mon oreille. Ma mère : Va retirer ta plainte tout de suite ! Demande les de libérer la pauvre Hafsa. Moi : C'est tout ce que tu avais à me dire maman ? Je pensais que c'était quelque chose d'important. Maman, je suis au boulot actuellement. Et j'ai beaucoup de travail. À ce soir d'accord ? Je t'aime. Bisous. Je raccroche avant de souffler. Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre franchement. Cette fille n'est pas prête de sortir de prison. *****Hafsa DIAKITÉ On m'a enfermé dans une cellule où il fait noir. Il y a les moustiques qui me piquent et il y a une femme avec moi dans la cellule qui me fait peur. Je pleure de toutes mes forces. Oh mon Dieu, sauve-moi. «Hafsa!» raisonne la voix de tante. Je lève la tête et remarque qu'elle est venue. Je me suis levée puis me suis approchée des barreaux qui nous séparent. Tante : Oh Hafsa cesse de pleurer s'il te plaît. Moi : Tante je suis tellement désolée si tu savais. Je te jure que je suis prête à présenter mes excuses même à genou à monsieur Ibrahim si c'est ce qu'il veut mais s'il te plaît tante, je ne veux pas aller en prison. Je ne veux pas. Tu dois me faire sortir d'ici s'il te plaît tante. Tante : Je suis entrain de faire mon possible pour que tu sortes Hafsa. Je te promets que tu vas sortir d'ici ce soir. Moi : Tu es sûre tante? Tante : Oui. Arrête de pleurer. Moi : Oh tante tu me manques tellement déjà. Tante : Tu me manques aussi Hafsa. Ne pleure plus ma belle. Tu as mangé dis moi? Moi : Non tante et je n'ai pas faim. Je veux juste sortir d'ici. Tante : Ne t'en fais pas. Tu vas sortir d'accord ? Dit-elle en me touchant affectueusement la joue. Je hoche la tête. Elle essuie les larmes de mes yeux. *****Le soir *****Ibrahim MOCTAR Je suis de retour à la maison. Vous ressentez ce que je ressens ? Je ressens la paix, la tranquillité et l'intimité. Cette fille est enfin à l'endroit où elle mérite d'être. Je fais mon entrée, tout enthousiaste. Moi : Maman ? Je suis rentré. Maman ? Je la trouve au salon. Elle paraît triste et pensive. Je suis allée l'embrasser sur la joue. Moi : Bonsoir maman. Elle ne me répond pas. Bon! Je n'ai pas voulu lui poser de question parce que je sais déjà à peu près pourquoi. Je lui ai faussé compagnie puis j'ai regagné ma chambre. Je me suis changé puis je suis descendu pour le dîner. Maman m'attendait déjà autour de la table à manger. Elle ne m'a pas servi comme elle a l'habitude de le faire. Bon! Je me suis servi moi même. Je lui ai souhaité un bon appétit puis j'ai commencé à manger. J'ai remarqué qu'elle ne mangeait pas de son côté. Moi : Maman il y a un problème ? Pourquoi tu ne manges pas ? Ma mère : Je n'ai pas l'appétit. Moi : Tu ne te sens pas bien ? Tu veux que j'appelle le médecin ? Ma mère : Ce n'est pas le médecin qui va m'aider à aller mieux. La seule chose qui pourra me redonner l'appétit est que tu libères Hafsa. Moi : Encore cette histoire maman ? Ma mère : Oui encore cette histoire. Encore et encore cette histoire. Comment tu peux avoir la conscience tranquille tout en sachant qu'une innocente se trouve en prison par ta faute. Moi : Une innocente ? Dois-je te rappeler ce qu'elle a fait ? Ma mère : Elle a mal agit. Ça je reconnais et je ne la défends pas. Mais de là, à l'enfermer, c'est abusé quand même. C'est méchant. Cruel à la limite. Cette fille a quitté le village pour venir séjourner chez moi et non pour être en prison. Moi : Et que veux-tu que je fasse ? Ma mère : Retire ta plainte. Moi : Impossible ! Ma mère : Dans ce cas, je ferai une grève de faim. Je ne vais ni boire ni manger jusqu'à ce que tu la fasses sortir de cellules. Et tanpis si je meurs. Au moins, tu seras fier de toi. Excuse-moi. Elle se lève de table et s'en va. Moi : Maman tu sais très bien que je ne souhaite pas ça. Maman ! Je soupire puis me lève à mon tour. Je suis allé la retrouver dans sa chambre. Elle était entrain de pleurer. Moi : Ok. Tu as gagné. Je vais retirer ma plainte. Elle sourit. Quelle comédienne franchement ! Ma mère : Vraiment ? Moi : Oui. Cesse de pleurer s'il te plaît. Et viens manger. Ma mère : Allons-y tout de suite. Allons la chercher. Dit-elle en prenant son sac. Moi : J'ai dit que j'allais retirer ma plainte mais ça ne sera pas aujourd'hui. Je vais le faire demain matin. Elle va passer la nuit là bas ce soir. Ça lui servira de leçon. Ma mère : Mais... Moi : C'est soit ça, soit elle moisit en prison. Ma mère : Bon d'accord mais demain matin très tôt dans ce cas. Moi : Ok. Bonne nuit maman. Ma mère : Bonne nuit mon chéri. Et encore une fois, merci. Je ressors de sa chambre puis regagne la mienne.
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