Rachid supervisa son qamis un sourire de satisfaction sur les lèvres. Il souhaitait avant tout que Dina aimait son accoutrement traditionnel car il comptait l’inviter aujourd’hui, même s’il savait qu’ils n’étaient pas en bon terme tous les deux. Il n’avait pas eu le temps de la prévenir cependant à force de passé un an à la surveille à la dérober, il avait appris que sa future reine aimait les surprises, il espérait malgré leur mésentente que la surprise qu’il avait préparé pour Dina puisse la plaire. Aras, son meilleur ami rentra dans sa chambre à l’improviste, il s’empressa de dissimuler le sourire qui s’était affiché sur ses lèvres à la seul pensée que Dina puisse accepter son rendez-vous.
-Rachid pas la peine de me le cacher tu as quelque chose de spéciale en tête.
-en effet, Dina me doit un rendez-vous et c’est aujourd’hui que je compte l’inviter.
-étant ton meilleur ami permet moi de te parler franchement. Je ne pense que c’est une bonne idée de l’inviter aujourd’hui vu comment les choses sont passées entre vous hier.
-tu dis vraiment n’importe quoi. Je sais qu’elle a une forte tête mais elle finira par accepter ce rendez-vous.
-comment veux-tu qu’elle accepte après ce que tu lui as fait, elle n’acceptera jamais.
-tu ne l’as connais pas mieux que moi c’est ma fiancée alors arrête de me dire quoi faire dit-il en se précipitant vers la porte.
-je t’aurais prévenu mon ami.
Ignorant ses paroles Rachid quitta sa chambre puis se dirigea vers celle de Dina. Elle était assise au bord de la fenêtre contemplant la ville d’Al Wakhan le regard absent. Elle ne semblait pas remarquer sa présence.
-vous allez mieux maintenant. Tonna une voix qu’elle reconnaîtra entre mille.
Elle se mit sur pied passablement sous la défensif posa la main sur son cœur comme pour arrêter leur battement anormal. A quelques mètres d’elle se trouvait le cheikh vêtu d’un qamis blanche et d’un turban de la même couleur, il marcha vers elle d’un pas déterminé. Il avait cette prestance digne d’un roi. Pensa Dina émerveillé par le charmiste que dégageait cette homme. Attends ! Est-ce qu’elle venait vraiment de penser à cet homme qui l’avait retenu captive dans un terme élogieux ? Elle s’efforça donc de prendre un ton plus glacial pour tenter de faire taire son fichu conscience.
-que me voulez-vous ? S’entend-t-elle dire d’une voix blanche sans dissimulait sa haine à son égard.
-j‘espère que vous n’avez pas oublié notre rendez-vous je suis là pour vous le rappeler. J’ai choisi le moment propice qui s’avère être maintenant.
-vraiment ! Vous êtes sûr de m’en avoir parlé parce que je ne m’en rappelle pas.
-ne joue pas la maligne avec moi vous ne pouvez pas tout oublier en une nuit.
-puisque je vous dis que je ne me rappelle pas. Contrecarra Dina avec un sourire assassin. Pourquoi persistez-vous ?
Décidément Dina voulait lui rendre la tâche difficile en le faisant sortir de ses gonds. Le sourire provocateur de Dina prouvait qu’elle mentait. Il maitrisa tant bien que mal sa colère qui se remplaçait irrémédiablement par un désir ardent, un désir que la jeune femme avait le pouvoir de susciter en lui. Il s’admonesta au calme car si il savait pertinemment que la colère ne résoudra rien bien au contraire il ne fera qu’empirer les choses vu le caractère rébarbatif de Dina. Mais il ne comptait pas se laisse avoir,
-maintenant vous venez avec moi conclu-t-il comme pour clore cette discussion.
-je n’irai nulle part avec vous.
-je ne vous ais pas demandé votre avis habibti.
Il l’attrapa sans douceur et la mit sur son dos tel un sac de patate. Elle protestait, se débattait du mieux qu’elle pouvait mais leur force n’étant pas égal il avait constamment le dessus. Il le conduit à la salle à manger puis la dépose sur une chaise sans ménagement.
-j’ai appris que vous refusiez de manger commenta-t-il en se penchant vers elle, les mains sur sa chaise lui bloquant l’accès de fuir. Si vous ne mangez pas vous allez finir par tomber malade.
-je ne vois pas pourquoi ma santé vous intéresserait-il autant puisque je suis votre captive. Mais j’aimerai aussi savoir une chose, est-ce qu’elles ont toutes été soumissent ?
-de quoi parlez-vous ?
-ne faites pas l’innocent je ne suis pas la seul femme que vous avez retenu captive.
-vous êtes l’unique. Depuis le jour où je vous ai vu dans cet hôpital je me suis fait la promesse de vous avoir près de moi même contre votre gré.
Dina sentit son cœur prendre un rythme anormal, scotché sur ses paroles qui sonnait comme un avertissement plutôt qu’une promesse. Son ton moralisateur était voilé de détermination la faisait pressentir que son e********t était déjà planifié depuis le début.
-vous n’allez pas vous en tirer comme ça, les médecins de l’hôpital viendront me chercher même si elle doutait elle-même de la véracité de ses paroles, elle tente de ne rien laisser apparaitre ce qui n’échappa pas au cheikh.
-ils ne viendront pas parce que j’ai brouillé les pistes en laissant une lettre à ton nom, leur disant que vous avez décidé de prolonger votre séjour parce que vous avez rencontré ici l’amour de votre vie. Désormais vous êtes ma fiancée. Je veux que l’on soit en bon terme tous les deux.
-ne compte pas sur moi à ce sujet rétorqua-t-elle en colère.
Elle aurait voulu trouver une réponse blessante afin que Rachid puisse souffrir autant qu’elle dans cette histoire mais aucun mot ne franchi ses lèvres. Elle était enfermée dans une sorte de spirale de sensation contradictoire, la colère, le désespoir et de peur mêlé. Que lui arrivait-elle ? Était-elle en train de perdre la tête ? La voix du roi la coupa net dans ses résolutions ce qui ne la bloqua l’accès à toute cette tangence que lui objectait ses pensées.
-trêve de discussion habibti contenter vous de manger.
-je n’ai pas faim.
-depuis votre arrivé vous refuser de manger. Je commence sérieusement à perdre patience, je serai obligé de vous forcer à le faire.
-c’est la plus belle blague du monde répondit Dina sarcastique.
Bien qu’elle était convaincu que ce n’était pas vraiment une, vue le regard acéré qu’il coulait sur elle. Cet homme incarnait une autorité sans limite. Il suffisait d’un simple regard pour qu’elle se sentant faible. Sur la qui-vive, elle vit Rachid attraper au hasard un plat de sur la table, ses yeux s’écarquillait de stupeur, elle n’aimait pas du tout ce plat à cause d’une très mauvaise expérience. Elle se rappela soudainement de cet évènement qui avait failli lui couter la vie,
Dina était à la cafeteria de l’hôpital d’’habitude, elle ne mangeait que des repas simples. Mais sans trop savoir pourquoi ce jour-là elle avait envie de tenter quelque chose de nouveau, c’était un dessert assez populaire les luqaimats qui sont des boulettes sucres a la cardamone et au safran or elle était allergique à ce dernier, ce qui l’avait plus poussé à le gouter c’était les compliments de Gérald le médecin en chef de l’hôpital, elle qualifiait la saveur de ce plat succulent. Elle avait beaucoup hésité avant de se laisser tenter, elle mangea donc ce plat c’est à cet instant qu’elle comprit qu’il contenait ce produit néfaste, le safran .Elle a passé des jours entiers confiné dans sa chambre. Son visage était devenu horrible. Elle n’oubliera pas non plus le masque qu’elle avait fait avec le safran pour son visage au lieu de réparer les dégâts était mortelle pour son pauvre petit visage.
Elle frissonna d’effroi, elle ne souhaitait pas que cela lui arrive encore une fois.
-je ne peux pas manger ce plat de luqaimats.
-rien de ce que vous me dites ne me ferai changer d’avis Dina, vous manger et ce n’est pas négociable.
-vous ne comprenez pas, je ne peux pas manger. Il contient du safran et je suis aller…
-très bonne façon de chercher à me berner mais vous ne m’auriez pas cette fois Coupa-t-il. Il força Dina à avaler la première bouchée, l’effet de l’allergie fut immédiat car la jeune femme avait les joues enflés.
-Dina qu’est-ce que tu as au visage ?
-j’ai essayé de vous prévenir mais vous ne m’avez pas écouté je suis allergique au safran.
-tu…tu es allergique répéta-t-il comme un automate en paniquant.
Le regard de Dina se fit fuyant, lui aussi avait du mal à contenir son embarras. Après quelque secondes qui parut une éternité a Dina, Rachid évoqua d’une voix remplit de remord :
-Dina je vous jure je ne savais pas que vous étiez allergique à ce plat.
-comment auriez-vous pu le savoir Mr l’autoritaire. Si vous aviez dédaigné de m’écouter plutôt vous l’auriez su.
-Pourquoi vous n’avez pas essayé de m’en parler, je vous aurais donné un autre plat.
-figure vous que j’ai essayé mais vous m’avez coupé l’herbe sous le pied.
-Dina, je n’y avais pas prêté attention, je ferai mieux la prochaine fois.
-il n’y aura pas de prochaine fois. Je crois que j’ai eu ma dose de visage à la montgolfière pour aujourd’hui déclara-t-elle en se levant mais Rachid la devança en disant :
-à votre place je ne parlerai pas trop vite. Je vais te ramener dans ta chambre. Je vais me rattraper en demandant à ce que l’on vous mijote des plats sans safran.
Il l’attrapa par les épaules dans la ferme intention de la prendre à nouveau dans ses bras mais Dina protesta vivement,
-pas besoin de devenir mon chauffeur à titrer je peux marcher.
A contrecœur Rachid la relâcha, l’entrainant malgré elle vers sa chambre. Hors de question pour elle d’être force de le suivre. Tout à coup une idée des plus farfelu lui vient en tête, et si elle faisait semblant d’avoir une mal aise. Du geste à la parole elle feignit de tomber sur le sol la respiration haletante.
-Dina vous allez bien s’inquiéta le roi.
-je pense que ce sont les symptômes de mon allergie à ce rythme je ne peux rien faire. Seul un peu d’eau pourrait m’aider. Votre majesté, est-ce que vous voulez bien…
-inutile de me le demander Dina. Je vais demander à ce que l’on vous l’apporte de l’eau. Vous voulez autre chose ?
-non, ça va. Merci.
-ce n’est rien.
Il pivota dans la direction de Dina, puis maugréa en signe d’avertissement :
-attendez moi ici Dina je reviens.
-bien sûr. Même si je l’aurai voulu je ne peux plus marcher au risque de me casser la figure. Il disparut d’un pas pressé. Si le cheikh pensait clairement qu’il comptait l’attendre docilement ici, il se fourre le doigt dans l’œil. Une fois qu’elle était sûre qu’il n’était plus dans les parages. Elle s’enfuit a toute jambe évita les chemins les plus fréquentable pour se diriger vers l’écurie, elle se cacha parmi les chevaux. Elle entendit le bruit des pas se rapprochant de l’écurie. Elle se recroquevilla essayant de se faire aussi petit qu’elle l’eut été possible. Les pas devenaient de plus en plus proches. Aussitôt elle sentit une main ferme le tirer à l’arrière et remarqua sans peine les iris brun du Cheikh, elle l’avait retrouvé alors qu’elle croyait l’avoir semé.
-ahhhhhhhh…Lâcher moi.
Il l’emporta dans ses bras en mode princesse, ce qui étonna Dina.
-ne soyez pas autant surpris, je suis un homme a diffèrent facette vous les découvrirait assez tôt egzazi.
Les joues de Dina s’empourprèrent, elle dû détourner rapidement les yeux du regard brulant du Cheikh qui ne cesse d’irradier les battements irréguliers de son cœur. Elle éluda le sujet en le questionnant.
-comment m’avez-vous retrouvé ?
-vous n’avez pas pensez tout de même que vous étiez introuvable, le palais comporte de plusieurs caméra et devine ou l’un d’eux m’a conduit.
-ahh… très drôle. J’essayerai de les éviter la prochaine fois.
-qu’est-ce qui vous fait croire qu’il y aura une prochaine fois, dans quelque jours vous seriez ma femme.
Horrifié plus que de raison Dina sursauta, pétrifié que quelqu’un puisse prendre une telle initiative sur sa vie.
-vous êtes vraiment un monstre ma parole ! Comment osez-vous ? Vous n’avez aucun droit de décider sur ma vie.
-tant que je vous aie en ma possession je peux décider ce qu’il y a de mieux pour raffermir notre amour.
-possession ! Je ne vous appartiens pas, je suis médecin spécialisé dans les opérations chirurgicales. Et je ne voudrai pas de vous-même si vous étiez le dernier homme sur terre.
-laisse le temps en jugé.
-je vous déteste.
-et moi je vous aime. J’ai hâte que nous soyons marié habibti.
Si le cheikh l’épousera cela signifiait qu’elle serait liée à jamais à cet homme, ce qui impliquait aussi pour elle aucun moyen de s’enfuir. Il faillait qu’elle retarde l’inévitable si elle voulait vraiment une chance s’enfuit d’ici même si elle doutait fort que la tache soit aisé. Pour ça elle devait avoir plus qu’un tour dans sa manche, usé de la fourberie pour retarder leur mariage.
-malgré que vous sachiez que je ne vous aime pas vous voulez quand même m’épouser.
-l’amour, les sentiments viendront avec le temps, vous n’avez pas à vous inquiéter de ce côté-là.
-j’ai une requête à vous faire s’il vous plait, j’accepterai de vous épouser sans protester si vous me donnez un peu de temps pour que l’on apprenne à ce connaitre. Je…passerai toute ma vie à vos côtés donc je voudrais que vous donnez un peu de temps pour m’habituer à cette idée.
-vous êtes sincère habibti ? Ou devrait dire où est l’arnaque ?
Elle avait l’impression de jouer à un jeu dangereux ou les chances de gagner n’étaient qu’a 2 %. Si elle voulait que son plan fonctionne elle devrait se montrer très convaincante.
-il n’y en a pas.
-permet moi d’en douter habibti, depuis le début vous cherchez à fuir et vous voir capituler si aisément ne donne des puce à l’oreille. Alors qu’elle plan d’évasion préparez-vous ?
-je vous l’ai déjà dit il n’y en a pas.
-de toute façon je saurai ce que vous manigancez.
Il la dépose sur son lit s’apprêtant à analyser son visage mais elle s’interposa en répliquant,
-je suis horrible je vous en supplie ne regardez pas mon visage.
-parce que vous pensez que seul votre visage m’intéresse ?
Dina baissa les yeux ne trouvant pas ses mots, elle était terriblement mal à l’aise. A chaque fois que cela lui arrivait elle avait l’habitude s’enfermer dans sa chambre à l’abri des regards désormais ce sont les iris brun du cheikh qui semblait la dévorer des yeux malgré l’état déplorable où son visage était prisonnière. Elle avait la sensation d’être une pierre précieuse que l’on gardait loin des regards curieux et qui avait une importance capitale aux yeux de son possesseur. Pourtant le doute qui persistait dans son esprit fut plus intense,
-je ne sais pas je ne suis que votre captive après tout.
-est-ce que l’on peut éviter ce mot ? demanda-t-il le visage impassible cependant elle pouvait sentir une colère difficile à contenir.
Pourquoi la vérité blessait-il autant songea Dina en le détaillant dans son qamis hyper chic. Si seulement il avait échange ce qamis contre chemise ou il était torse nu elle aurait le loisir d’admirer ses tablettes de chocolat qu’elle devinait sous ce vêtement.
-vous avez finit de m’admirer.
Rougissante, Dina feignit de regarder le plafond et admirer leur architecture sans vraiment les voir, elle surprit involontaire le regard cynique de Rachid stocker sur elle. Par chance il ne releva pas son comportement ce qui la permit de pousser un soupir de soulagement intérieur. Rachid attrapa son visage sans prévenir, elle recula mais c’est mal connaitre cet homme à la détermination farouche. Il maintient fermement son visage entre les paumes de sa main.
-Dina, je vous aime et j’aime votre visage tel qu’il est. Une allergie que j’ai moi-même causé ne me fera pas fuir ce qui est aussi valable pour vous. Nous formerons très bientôt une famille, c’est vous et moi jusqu’à ce que la mort nous sépare. Vos problèmes serons aussi le mienne donc nous les résolvions ensemble.
Si la situation n’était pas cocasse Dina aurait volontiers sourit, elle lui fit une grimace, elle ne cherchait même pas à l’arrêter quand il toucha son visage.
-ça disparaitra dans très peu de temps. Que souhaitez-vous faire de votre journée.
Dina cilla des yeux pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Était-t-elle en présence du même homme qui l’avait retenu captive dans le dessert ?
-euh… je voudrais rester dans ma chambre seul ou du moins jusqu’à ce que mon visage redevient normal.
-je reste avec vous dans ce cas.
-tout bien réfléchit je vais faire une promenade admit Dina qui redoutait de passé un seul instant avec lui, seul dans cette pièce exigu et sans aucune échappatoire.
Il émit un rire provocateur qui glaça le sang de Dina. Ce qui ne présageait rien de bon pour elle.
-je suis content de vous voir si troublé. Je viens de prendre l’initiative et voilà le verdict, je compte rester ici avec vous. Mange.
Ses mots prononcés avec fermeté n’était pas enclin à la discussion, Elle aurait voulu protester lui dire ses quatre vérité mais son regard empreinte de tendresse et de domination la plongea dans un profond mutisme. Elle sortit du lit à brûle-pourpoint car quand Rachid était trop proche d’elle, elle perdait constamment le cours de ses pensées. Elle mit ses mains sur ses hanches leva la tête comme une guerrière qui malgré sa position non favorable durant la bataille campait sur ses convictions et sa détermination.
-ne vous avise surtout pas de me donner des ordres. Je suis déjà forcé de vous côtoyer contre mon gré donc ne m’impose pas votre présence.
-c’est une obligation.
Dois-je faire venir le Cadi pour célébrer notre mariage aujourd’hui ?
-je rêve ou vous me faite du chantage ?
-manger si vous ne voulez pas que je mets à exécution ma promesse.
Déconcerté Dina se laissa tomber d’un geste non chancelant sur le lit, elle aurait dû fermer sa bouche. Sous le regard attentif du cheikh elle mangea tout ce qu’on lui avait préparé.