LV LE GAGNANTLes volets clos laissaient passer un rai de lumière. Allongé sur le lit, les yeux grands ouverts, un vieil homme pleurait. Jouant avec son briquet, il fit apparaître une flamme. Un jerrican d’essence était posé sur le parquet. Le bas de son visage était brûlé à jamais, tout comme ses bras. La douleur n’était pas que physique, il l’avait en lui. Un sentiment de culpabilité rongeait tout son être. En bas, les voix s’étaient tues. Le bruit de verre brisé sonnait-il le début d’une fin annoncée ? Il se leva, empoignant le bidon et descendit les marches de l’escalier en bois. Les deux femmes étaient muettes, figées dans l’attente. Auguste Potier apparut sur la terrasse, sorti de nulle part. Alphonsine se jeta dans ses bras et l’étreignit en murmurant : — Jean est mort. — Je


