ROUND 12 la confrontation Jean-Paul et moi on s’est présentés à la propriété des Bertellec un peu avant onze heures le lendemain matin, on s’y était rendus avec sa voiture. La veille, il avait envoyé deux de ses collègues la récupérer à « La Bonne Source ». C’était une magnifique maison blanche, très inattendue pour la région, avec ses colonnes et son parc immense, une de ces bâtisses « antebellum » qu’on voit dans les films qui évoquent l’esclavage des Noirs aux États-Unis, dans les plantations de coton, au xixe siècle. Après les présentations, le domestique, qui s’appelait Vicken, nous a introduits dans le salon, un grand salon au sol de marbre qui étincelait par endroits. Vicken nous a priés de patienter, le temps qu’il prévienne sa patronne. C’était un homme mince, hâlé, aux sourci


