De Retour au Manoir SOLIS

1145 Mots
Le ronron du moteur du jet privé rythmait le silence dans la cabine, mais ce n’était pas un silence froid. Alexandre et Lyana étaient assis côte à côte, une distance calculée mais confortable entre eux. La table devant eux portait encore les traces d’un repas léger : des assiettes débarrassées, des verres à moitié pleins. Lyana jouait distraitement avec sa fourchette, ses yeux fixant les nuages qui dansaient par la fenêtre. Alexandre, pour une fois, semblait avoir abandonné son téléphone, ses mains croisées sur ses genoux, perdu dans une contemplation tranquille. "Ça a été… différent," murmura-t-il enfin, sa voix coupant doucement le silence. Il tourna la tête vers Lyana, son regard cherchant le sien. "Ces trois jours… Je suppose que je ne savais pas que j’en avais besoin." Lyana le regarda en coin, un sourire léger sur les lèvres. "Tu sais, je me souviens encore de ta tête au moment de sauter dans l’eau. Et cette tortue ? Alexandre Solis, émerveillé. Ça valait tout l’or du monde." Il éclata de rire, un rire clair qui sembla illuminer la cabine. "C’est vrai. Mais, Lyana… Tu m’as montré plus qu’une île. Tu m’as montré moi-même. Et ça… c’est un cadeau que je ne peux pas ignorer." Lyana resta silencieuse un moment avant de répondre, ses mots simples mais sincères. "Et toi, Alexandre ? Tu m’as montré qu’il y avait un cœur derrière tout ça. Je suis contente de l’avoir trouvé." Le reste du voyage continua dans une légèreté douce. Une chaleur encore palpable, comme l’écho de leur escapade, semblait flotter entre eux, même alors qu’ils descendaient finalement sur la piste d’atterrissage où une voiture les attendait L’arrivée chez Alexandre Lorsque le véhicule s’arrêta devant le bâtiment imposant où Alexandre vivait, Lyana sentit un léger frisson. Elle savait que le retour à cet environnement, si différent de leur île paradisiaque, mettrait leur fragile équilibre à l’épreuve. Mais lorsqu’elle traversa le hall, Alexandre marchant à ses côtés, elle remarqua quelque chose : une attitude différente chez lui. Son rythme était plus détendu, ses gestes moins mécaniques. Il salua même un employé avec un sourire — pas une habitude chez le maître des lieux. Arrivés à l’appartement, Lyana posa son sac sur le canapé avant de regarder autour d’elle. L’endroit était le même, mais il lui semblait différent. Peut-être était-ce à cause de l’attitude d’Alexandre, ou peut-être était-ce elle qui voyait les choses autrement. Ce qui était froid auparavant semblait être adouci par des souvenirs qu’ils avaient emportés de l’île. "Alors, qu’est-ce qui t’a manqué le plus ?" demanda-t-elle avec un sourire en coin, s’appuyant contre la table basse. Alexandre, debout près du bar, prit le temps de réfléchir avant de répondre. "Rien, vraiment. Mais… ça me fait penser que je pourrais ajouter quelque chose ici. Un peu de chaleur." Elle arqua un sourcil. "Une touche de chaleur dans le royaume de Solis ? Maintenant, ça, je veux voir." Les murmures du changement Le lendemain, alors que Lyana préparait un café dans la cuisine de l’appartement, des visiteurs arrivèrent. Les partenaires d’Alexandre, curieux de le retrouver après son absence, entrèrent dans le vaste espace. Leurs yeux semblaient balayer l’environnement, et rapidement, ils remarquèrent quelque chose de différent. L’un d’eux, une femme élégante nommée Valérie, murmura à son collègue : "Tu remarques quelque chose ? Solis semble… différent." L’autre, un homme plus âgé, hocha la tête. "Il est plus calme. Et cette femme, Lyana, elle est toujours là. Il y a une ambiance dans cet appartement que je n’avais jamais vue avant." Valérie observa Alexandre de loin, ses gestes plus naturels, son ton moins tranchant. "C’est comme si quelque chose avait adouci son bord. Mais je ne sais pas si ça va durer." Un geste inattendu Plus tard dans la journée, alors que Lyana discutait avec l'une des employées, vérifiant avec amusement les plats prévus pour le dîner, Alexandre fit quelque chose qui la surprit : il entra dans la cuisine. Lui, l’homme pour qui chaque interaction dans cette partie de la maison passait généralement par des intermédiaires, franchit la porte en personne, ses manches retroussées, un léger sourire sur les lèvres. Les conversations des employés se turent instantanément, leurs regards se tournant avec une pointe de curiosité discrète vers le maître des lieux. Lyana, tout aussi surprise, posa doucement une cuillère qu'elle tenait et se tourna vers lui. "Je ne savais pas que tu venais ici toi-même, Solis," lança-t-elle, un mélange de moquerie et de fascination dans la voix. Alexandre, imperturbable, s’avança jusqu’à elle. Entre ses mains, une petite boîte soigneusement enveloppée. "Un souvenir," murmura-t-il simplement, ses yeux plongeant dans les siens.Lyana ouvrit la boîte, découvrant une petite étoile de mer délicatement conservée dans un écrin. Elle leva les yeux vers lui, touchée par ce geste. "Merci, Alexandre. C’est… magnifique." Il se contenta de sourire, un sourire sincère qui ne portait pas le poids des calculs habituels. "C’est un rappel," murmura-t-il, "de ce qu’on a partagé là-bas. Et de ce que je veux essayer de garder ici." Alors que la soirée s’installait, Lyana et Alexandre étaient assis sur le canapé, un verre de vin dans les mains. Le crépuscule jetait des ombres sur les murs, mais la lumière douce des lampes les enveloppait. La chaleur de leurs échanges était encore présente, mais Lyana savait que le défi était là : combien de temps cette lumière pourrait-elle briller avant que les ombres ne reviennent ? Alexandre, pour l’instant, semblait déterminé à essayer. Et Lyana, dans son cœur, savait qu’elle serait là, non pas pour le sauver, mais pour lui rappeler qu’il avait ce choix. Ensemble, ils allaient voir combien de temps l’homme derrière l’empereur pouvait tenir avant que les murs ne reviennent. Dans un murmure à peine audible, deux des employés échangèrent discrètement quelques mots après qu’Alexandre ait quitté la cuisine. "Tu as vu ça ?" murmura une jeune femme, Maria, tout en ajustant une serviette sur le plan de travail. "Alexandre Solis, ici, dans la cuisine, et il souriait. Je veux dire… vraiment, il souriait." Son collègue, Paul, leva un sourcil, un sourire amusé se dessinant sur ses lèvres. "Si je n’avais pas vu ça de mes propres yeux, je n’y aurais jamais cru. Il semblait… détendu." "Détendu n’est pas vraiment le mot que je pensais pouvoir associer à lui un jour," répondit Maria en étouffant un rire. "Tu crois que c’est à cause d’elle ? Lyana ?" Paul haussa les épaules, un regard pensif dans les yeux. "Ça se pourrait. En tout cas, elle a quelque chose. Il n’a jamais été comme ça avant qu’elle n’arrive." "Eh bien," conclut Maria dans un souffle, "si elle peut faire sourire Alexandre Solis et le faire entrer ici, alors elle pourrait bien être un miracle ambulant." Ils échangèrent un regard complice avant de retourner à leurs tâches, mais une certaine intrigue flottait encore dans l’air, alimentée par cette scène rare et inattendue.
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