Mal aimée
_ Bonjour dis-je en entrant chez les Jules, j’ai trouvé sa maman à l’extérieur
_ Bonjour comment tu vas ? Me dit-t-elle d’un air étonné, ah oui c’était la première fois que je venais chez eux et je suis sûre qu’elle ne me connait même pas.
_ Je vais bien et vous ?
_ Bien aussi, t’es venu voir qui ?
_ Jules est-ce qu’il est là ?
_ Oui ; Jules cria-t-elle
La maman de Jules était une femme vraiment belle et qui prenait bien soin d’elle-même, Jules avait deux sœurs cadettes, il était l’ainé et le seul garçon de sa famille. Elle me regarda et me posa la question que tous les parents pose aux amis de leur enfant qui viennent les chercher à la maison, surtout s’ils sont de sexe opposé :
_ Tu es l’enfant de qui ?
_ Euh je suis la…
_ Eh Jess c’est toi, maman fallait me dire que c’est la plus belle fille de ce quartier qui me cherchait m’interrompit Jules en sortant de sa chambre ;
_ Hum voilà tu l’as vu alors, lui répondit-elle en s’en allant vers la cuisine,
J’ai soupiré, j’étais soulagé du fait que Jules m’interrompit, en fait cette question me gênait toujours quand on me la posait, les parents sont toujours comme ça, ils ont l’impression de connaitre tous les parents du monde entier, à chaque fois qu’il se retrouve devant un ado, la première question c’est « tu es l’enfant de qui »
_ Bonjour Jules ;
_ Jess ça va ? Qu’est-ce se passe ?
JULES
La visite matinale de Jess m’a fait peur étant donné qu’hier on s’est défoncé à la fête et qu’on est rentré tard, je me disais qu’elle avait eu des problèmes avec sa maman.
_ Rassure toi il y’a rien de grave mais je voulais juste te parler, on peut marcher un peu, je sens trop le regard de ta mère sur moi ;
_ Hum d’accord ! J’espère qu’elle ne t’a pas demandé le nom de tes parents, elle est championne dans ça,
_ Oh que si elle me l’a demandé, mais tu es venu nous interrompre, je ne lui ai pas répondu ;
_ HAHA elle est comme ça avec tous ceux qui viennent chez nous, que ce soit fille ou garçon, qu’ils viennent chez moi ou chez mes sœurs ils ont droit à la même question « c’est qui ton père, c’est qui ta mère »
J’affichais un rire jaune et Jules semblait l’avoir compris, nous sommes allés nous asseoir sur les rochers, à notre endroit habituel.
_ Alors dis-moi ce qui se passe, tu sembles anxieuse me dit-il
_ C’est encore ma mère, mais ne t’inquiète pas ça n’a rien à voir avec notre sortie d’hier ;
_ Ouf j’avais déjà peur ;
_ En fait je ne vais pas terminer mon année scolaire, mais ça c’est une autre histoire je voulais te demander un service, je t’en prie ne refuse pas
_ Qu’est-ce qui te fait croire que je vais refuser, et c’est quoi ?
_ Tu sais que ma mère s’est mise avec un homme… tout le monde en parle au quartier je sais tu l’as appris toi aussi ;
_ Tu n’aimes pas cela ?
_ Non pas du tout, cet homme est un profiteur, il ne fait rien dans la vie c’est plutôt ma mère qui prend soin de lui, je ne peux pas accepter cela ;
_ Ouais je comprends de plus tu n’as jamais eu de figure masculine à la maison et le fait qu’un homme vienne s’imposer maintenant tu ne peux pas l’accepter même s’il était bien…
C’est particulièrement ça qui me fait me sentir très bien avec Jules, il me comprend, même quand je ne dis pas un mot. Ça me faisait du bien d’être avec une personne qui me comprend toujours quelques soit la situation.
_ Oui c’est exactement cela, merci de me comprendre Jules ;
_ Je t’en prie bébé, c’est normal tu es mon âme sœur, donc tu n’as même pas besoin de me dire je peux le lire sur ton visage ;
_ D’accord !
_ Je sais aussi que tu te sens mal alors dis-moi ce que tu veux que je fasse ;
_ Tu sais normalement cette semaine ma mère devait payer ma pension, mais elle ne pourra plus parce qu’elle a donné cet argent à cet idiot soit disant qu’il avait de projets à réaliser avec… Je suis sûre que cet homme est marié, qu’il a une famille et qu’il se joue de ma mère, je ne vais pas le laisser faire. Et maintenant il essaye de me mettre mal avec ma mère ;
_ Comment ça, il a fait quoi ?
_ La dernière quand j’étais chez toi, tu te souviens que je t’avais dit que je voulais être à la maison avant ma mère, et bien quand je suis arrivé ce type était à la maison et juste quelques minutes après moi ma mère est arrivée elle aussi. Comme elle a constaté que je n’avais pas encore fait la cuisine, elle voulait savoir pourquoi, il lui a dit que je n’avais pas passé la journée à la maison et que je venais de rentrer, elle m’a grondé. J’ai laissé passer, mais ensuite il est venu me trouver à la cuisine et m’ demandé pourquoi est-ce que je ne l’aimais pas. J’ai saisi l’occasion pour lui dire ses quatre vérités, je lui ai demandé de ne plus jamais se mêler de mes affaires et que je ne voulais rien avoir avec lui. Il l’a répété à ma mère et ce matin, elle m’a réveillé avec les problèmes soit disant que je ne veux pas son bonheur pourquoi, qu’elle a le droit de refaire sa vie…
_ Je suis désolée ma puce, c’est juste un malentendu tu peux lui parler ;
_ Non elle ne veut rien entendre, j’étais au bord des larmes il m’a prise dans ses bras
_ Calme toi Jess, ça va aller
_ Ce que je veux c’est que tu fasses un peu de recherche sur lui, je veux savoir d’où il vient s’il a une famille etc. parce qu’il me faut des preuves pour que ma mère saches vraiment avec elle ordure elle traine s’il te plait tu peux faire ça pour moi ?
_ Oui bien sûr chérie. Ne t’inquiète pas ta mère trouvera une solution pour payer tes études ;
_ Non je la connais elle ne fera pas ça, en fait j’ai comme l’impression qu’elle ne m’aime pas trop.
_ Ne dit pas de pareilles choses voyons chérie, c’est ta maman elle t’aime…
_ ça j’en doutes Jules ; de grosses larmes s’écoulèrent sur mes joues, c’était la première fois que je confiais cela à quelqu’un, toute ma vie j’ai dû prendre ça sur moi, je trouvais cela trop difficile à dire, ma mère ne m’aime pas, pour moi c’était la plus douloureuse des réalités et je faisais tout pour changer cela, je donnais le meilleur de moi, j’étais obéissante, respectueuse, travailleuse, correcte. Je crois que j’ai développé toutes ses qualités pour que ma mère m’apprécie un jour, qu’elle me montre un peu d’affection et d’amour. Mais hélas… Je cachais ce sentiment à tout le monde, je ne voulais pas que les autres sachent que je mendiais de l’amour, de la considération à ma propre mère. Je me sentais vraiment mal à cet instant, le fait d’en parler est aussi douloureux que de ne rien dire. Jules me serra très fort contre lui ;
_ Calme toi Jess, ne pleure pas je peux comprendre ce que tu ressens…
Jules a essayé tant bien que mal de me rassurer, nous sommes restés pendant un moment encore avant que je décide de rentrer, Jules m’accompagna jusqu’à la maison.
À suivre !