5. Tracer des plans

1517 Mots
Il prit le téléphone et composa le numéro affiché à l'écran, peu importe qu'il soit deux heures du matin. Un souffle chuchoté, un "allo" haletant résonna dans son oreille. Il se déplaça mal à l'aise dans son lit. Sa voix était incroyable. "Kellie ?" "Oui, qui est-ce ?" "Issac Rochet. Je dois te demander comment tu as obtenu les informations que tu m'as données plus tôt ce soir." Son grognement lui fit éloigner le téléphone de son oreille et faillit lui faire frotter son entrejambe. Sa voix était digne d'un film porno ; douce, séduisante et endormie. "Tu veux dire hier soir ? Il est deux heures du matin." "Je suis conscient de l'heure. Tu as des informations sensibles ici. Comment les as-tu obtenues ?" Il admit être préoccupé par la légitimité de sa source. Elle resta silencieuse. "Est-ce important ?" "Cela l'est." Il allait s'en servir de toute façon, mais il avait besoin de savoir. "Mon ex avait l'habitude de travailler constamment. Tout le temps, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. J'admirais sa motivation et sa détermination, et j'appréciais son travail acharné, mais maintenant je pense qu'il m'évitait." Elle poussa un soupir dramatique. "Quoi qu'il en soit, souvent, la batterie de son propre ordinateur portable se vidait parce qu'il était constamment dessus. Quand cela arrivait, il prenait simplement le mien et l'utilisait. Quand il m'a dit de manière très indélicate qu'il avait mis ma sœur enceinte, il a oublié qu'il n'avait pas effacé les informations de son ordinateur sur le mien. C'est mon ordinateur, acheté avec mon propre argent. Il est ancien. Je l'ai depuis au moins huit ou neuf ans. Je l'utilise pour regarder des films et faire mes opérations bancaires. Il se fige tout le temps, mais c'est le mien. Les informations contenues dans mon ordinateur sont à moi, n'est-ce pas ?" "Je suis assez sûr que ce n'est pas ainsi que ça fonctionne. De plus, il ne serait pas difficile pour quiconque de faire le lien et de supposer que tu m'as fourni des détails à partir de l'ordinateur partagé afin que j'utilise ces informations pour prendre des affaires à ton mari. Je devrais te le dire. Je peux très bien le faire moi-même sans aide, mais cela accélérerait certainement le processus." "Je sais que tu peux t'en occuper seule. Il se plaignait constamment du fait que tu lui as pris les deux derniers contrats, l'un pour le développement du lotissement dans la clairière et l'autre où tu lui as soufflé le centre commercial sous le nez. Il pensait que c'était personnel." "C'était le cas." "Pourquoi ?" "Je n'apprécie pas son père. Nous en resterons là pour le moment. Quoi qu'il en soit, je suis curieux de savoir ce que tu veux négocier en échange d'informations supplémentaires." "J'ai supprimé la majeure partie de ses informations de mon ordinateur portable. Elles sont sécurisées ailleurs, réparties en fichiers et dossiers que moi seul peux trouver. Cependant, son compte e-mail est toujours ouvert sur mon ordinateur portable, et j'ai laissé deux fichiers contenant d'autres informations clés. Ce serait malheureux si quelqu'un ayant les moyens et les connaissances pour contourner mon système de sécurité venait chez moi pendant mon absence et volait mon ordinateur portable. Il n'a aucune valeur intrinsèque. Pour faire bonne figure, je suis prête à déposer une plainte auprès de la police si le voleur vole d'autres objets dans la maison. Je n'y tiens vraiment pas, sauf ce qui se trouve dans ma chambre et mon atelier d'art." "Tu veux que je te cambriole ?" "Les riches ne deviennent pas riches en étant gentils, Monsieur Rochet. C'était l'une des expressions préférées de George. Je suis sûre que tu as un individu à ton service pour effectuer des travaux de nature néfaste tout le temps." "Je suis simplement un développeur, Madame Martin, et je pourrais être offensé par ton insinuation." "Pourtant, je parie que tu ne l'es pas." Elle éclata d'un rire grave. Il se demanda quels autres bruits elle pouvait produire. Il chassa cette pensée et dit : "Non, tu as raison. Je ne le suis pas. Que veux-tu en échange de ton ordinateur volé ?" "Je veux que tu viennes à mon exposition d'art." "Exposition d'art ?" Le dossier qu'il avait reçu de sa sécurité indiquait qu'elle était une artiste travaillant principalement dans une galerie locale. "Un homme avec ta réputation qui se présente à ma soirée attirera l'attention sur moi. Mon objectif est de ne pas toucher un seul centime de ma pension alimentaire. Je déteste avoir l'impression d'être encore soutenue par lui. Je veux tracer mon propre chemin avec mon art. Si tu viens à l'exposition, les paparazzis suivront et les gens viendront. De plus, cela mettra vraiment en colère toute la famille Martin. Je veux qu'ils brûlent de rage." "Je vois," dit-il doucement. "Tu me laisseras prendre ton ordinateur avec l'e-mail ouvert et accéder aux fichiers restants sur l'ordinateur, et je pourrai utiliser les informations comme bon me semble. Tu déposeras une plainte pour dire que tu as été victime d'une effraction pour couvrir tes arrières, et tout ce que j'ai à faire est de devenir mécène des arts ?" "En réalité, Monsieur Rochet, tu es déjà un mécène des arts. Quand je t'ai vu assis à la table, je t'ai reconnu mais j'ai d'abord pensé que c'était probablement lors d'un événement auquel j'avais été traînée avec George. Cependant, plus j'y réfléchissais, il s'est avéré que tu as acheté l'une de mes peintures il y a plusieurs années. J'étais étudiante à l'époque et tu étais là, à la foire d'art, avec une femme très royale qui a acheté l'une de mes peintures et tu en as pris une aussi. À l'époque, je ne gardais pas de registre des noms de mes acheteurs, mais j'ai fouillé dans mon portfolio de l'époque et effectivement, tu es en arrière-plan d'une photo." "Je connais la foire d'art dont tu parles, mais j'ai acheté la peinture il y a au moins dix ans. Tu te souviens de moi après tout ce temps ?" Il regarda son bureau à domicile vers la toile de onze sur dix qu'il avait encadrée il y a des années, aux teintes dorées et rouges. "Tu n'as pas la même apparence. Je me souviens que tu étais plus pulpeuse." Il se rappela sa mère qui le taquinait sur le fait qu'il reluquait les fesses de l'artiste. Elle éclata d'un rire amer. "J'étais beaucoup plus enrobée à l'époque, mais c'était bien de moi que tu l'as achetée. Je me souviens de chaque personne à qui j'ai vendu une peinture. Les tableaux font partie de mon âme. Chaque fois que je peins et que j'en laisse partir un, je laisse aussi une partie de moi partir." Il resta silencieux à ses paroles, puis soupira. "Quand est-ce que tu quitteras ta maison ?" Elle poussa un cri de joie. "Je vais voir un agent immobilier demain après-midi pour discuter de la mise en vente de la maison. Je vais la vendre en dessous de sa valeur réelle juste pour énerver George. Il ne pourra pas m'embêter demain car il se marie avec ma sœur et ils partent ensuite en lune de miel. Mes vœux de mariage pour lui sont un sexe mou et pour elle d'être plus sèche que le Sahara. Je veux que la maison soit vendue et sous contrat avant leur retour. Je prie seulement pour que l'acheteur ne la lui revende pas." "Pourquoi ne pas la vendre avec profit ?" "Parce que ma sœur veut l'avoir pour élever son enfant dedans. Si j'avais le choix, je la vendrais à un acheteur qui veut la démolir. Mon frère a vraiment envie de passer un bulldozer à travers depuis qu'on a découvert qu'ils avaient eu des relations sexuelles sur mes plans de travail de cuisine." Il considéra que cette femme était très amère et en colère, et qu'il devrait marcher sur des œufs. Tout en lui disait de raccrocher et de s'éloigner autant que possible de ses projets fous. Cependant, avant qu'il ne puisse se retenir, il parla. "Je te donnerai la pleine valeur marchande, je laisserai ton frère conduire le bulldozer, mais je tiens beaucoup à diffuser l'événement en direct pour que sa famille le voie. Je veux aussi que ce soit de notoriété publique que c'est moi qui le prends et je veux que cela soit fait le jour où ils reviennent de leur lune de miel. Je veux qu'il soit là mais qu'il ne puisse rien y faire." "Vraiment ?" "Oui. Autant profiter de sa stupidité. Demain après-midi, sors de chez toi. Continue à jouer le jeu avec l'agent immobilier. Mon équipe fera des recherches et nous avancerons à partir de là. Quand a lieu ton exposition d'art ?" "Le vendredi soir prochain." "Parfait. Je te verrai alors. Bonne nuit, Kellie." "Bonne nuit, Monsieur Rochet." "Appelle-moi Issac. Vu les facéties dans lesquelles nous allons nous engager, je pense que les prénoms sont de mise." "Alors, bonne nuit, Issac." Elle pouffa de rire à ses paroles avant de raccrocher. Le doux son de son rire le tint éveillé le reste de la nuit.
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