Point de vue de Cercei
Approchant la table occupée par un groupe d'hommes d'âge moyen bruyants, je collectais silencieusement leurs verres vides et les remplaçais rapidement par des verres pleins. Mes mains tremblaient légèrement lorsque je posais les verres, mes nerfs me trahissant.
"Soyez prudente, ma chère. Vous pourriez renverser ma boisson", remarqua l'un des hommes en remarquant mon malaise.
Surpris par son commentaire, je retirai instinctivement ma main, craignant les conséquences de la violation des règles qui nous avaient été explicitement enseignées. Il nous avait été strictement interdit d'interagir avec les invités. Cependant, ma terreur me fit trébucher, et dans un malheureux concours de circonstances, je renversai du vin sur le pantalon de l'homme.
"Pardonnez-moi, mon seigneur", balbutiai-je, la peur me saisissant tout entière. Mon cœur battait lourdement dans ma poitrine lorsque je tendis une serviette en sa direction.
Des tremblements parcoururent mon corps alors que j'anticipais les conséquences de mon erreur. Vienna avait clairement fait comprendre que tout faux pas serait sévèrement puni. Tout ce à quoi je pouvais penser maintenant, c'était la punition imminente que j'aurais à subir pour avoir désobéi à ses règles.
"S'il vous plaît, pardonnez-moi, mon Seigneur", répétai-je rapidement en tendant une serviette vers lui, mes mains tremblant de crainte.
La pièce tomba dans le silence alors que l'incident perturbait les conversations en cours des autres convives.
"Ma chère, tout va bien. Essuyez-le pour moi", répondit-il, son sourire ayant une aura sinistre et troublante. Il saisit fermement ma main et la dirigea vers son pantalon, ses intentions incontestables. Instinctivement, je me dégageai de son emprise, le mouvement soudain attirant l'attention de ceux assis à proximité.
"Adolphus, relâche cette jeune femme", intervint l'un des hommes, sa voix ferme et autoritaire. Je tournai mon regard vers lui, cherchant un peu d'empathie dans ses yeux.
"Comment oses-tu renverser une boisson sur moi !" s'écria Adolphus, son orgueil blessé alimentant son indignation face à mon refus de céder à ses avances inappropriées. Je sentais le poids des regards de tous posés sur nous.
"Je vous supplie de me pardonner, mon Seigneur", réussis-je à articuler, ma voix tremblante et des larmes aux yeux.
"Retirez votre masque immédiatement", ordonna-t-il, ses paroles emplies d'une menace sous-jacente.
La peur me saisit alors que je contemplais les conséquences de désobéir à l'instruction stricte de ne jamais dévoiler mon visage en aucune circonstance.
M'agenouillant brusquement, je suppliai à genoux, mes paroles à peine audibles dans ma détresse. "M-monsieur, je..."
D'un geste vif, il arracha le masque de mon visage et le piétina impitoyablement. La tête inclinée en signe de soumission, il posa sa main sous mon menton, le relevant pour rencontrer son regard. J'aperçus sa colère se transformer en un désir pervers.
"Quel visage captivant", murmura-t-il, ses doigts caressant doucement mon visage.
Désespérée d'éviter son contact, je détournai le regard, cherchant de l'aide du coin de l'œil.
"C'est vraiment triste de voir ton beau visage. Je ne peux m'empêcher de me demander quelle sorte de punition t'attend", murmura-t-il doucement, sa voix emplie d'une fascination perverse alors qu'il se penchait et murmurait à mon oreille.
"Viens travailler pour moi, et je veillerai à ce que tu sois satisfaite à tous égards", poursuivit-il, ses mots teintés d'une offre désagréable. Le dégoût monta en moi, car je n'étais pas ce genre de personne. Malgré mon dégoût pour cette demeure, j'avais le sentiment que son royaume recelait des terreurs encore plus sinistres.
Une voix forte brisa l'atmosphère tendue lorsque Monsieur annonça son arrivée. Des murmures soudains éclatèrent parmi les invités dans le grand salon. L'homme lâcha soudainement mon visage et se tourna vers la figure autoritaire de notre Alpha.
"Que signifie ceci ?" Le regard de Monsieur perça la pièce, ses yeux balayant la scène avant de se poser sur moi. Je rencontrai son regard avec des yeux larmoyants, un muet appel à la compréhension.
"Pardonnez-moi, Monsieur. C'était... c'était un accident malheureux, je vous le jure. Je n'avais pas l'intention de faire..." balbutiai-je, mes paroles s'effaçant dans la détresse.
Vienna apparut aux côtés de Monsieur, ses yeux autrefois curieux flamboyant désormais de fureur en me fixant.
"S'il vous plaît, Seigneur Adolphus, pardonnez ma servante. Je vous assure qu'un tel incident ne se reproduira jamais sous mon regard vigilant", intervint Monsieur Remus, tentant de désamorcer la situation avec son ton autoritaire.
"Ce n'était pas de la faute de la jeune fille, oncle", la voix de Dame Shire retentit, ses yeux fixes alors qu'elle se tenait à mes côtés, offrant son soutien. "Lord Adolphus harcelait honteusement la jeune fille."
Je levai les yeux pour rencontrer le regard persistant de Dame Shire, la gratitude inondant mon cœur pour sa défense courageuse.
"Comment osez-vous !" s'écria Lord Adolphus, sa colère résonnant dans toute la pièce.
"J'ai été témoin de l'incident tout entier, puisque je suis assise juste devant vous", rétorqua Dame Shire en faisant un geste vers la table directement devant nous.
"Shire", appela Monsieur Remus, sa voix lui commandant d'arrêter la confrontation.
Dame Shire tourna son regard vers moi, ses yeux emplis de préoccupation. Elle tendit la main vers moi, un geste de gentillesse et de compréhension.
"Seigneur Adolphus, je comprends que sa beauté puisse attirer votre attention, mais il n'est jamais acceptable de toucher une femme sans son consentement", affirma courageusement Dame Shire, ses paroles touchant une corde sensible.
Le visage de Lord Adolphus rougit, la colère émanant visiblement de lui comme des volutes de fumée. Il était sur le point de faire une explosion de colère lorsque ses compagnons parvinrent à le contenir.
"Seigneur Remus, veuillez accepter mes plus sincères excuses pour le comportement odieux de mon frère. Je veillerai à ce qu'il retrouve son calme", intervint l'un des seigneurs, intervenant rapidement et guidant Lord Adolphus loin de là.
Dame Shire tourna à nouveau son attention vers moi, ses yeux emplis de véritable préoccupation.
"Ça va ?" demanda-t-elle, sa voix empreinte d'empathie.
"Je m'excuse pour le tumulte, tout le monde. Il n'y a pas lieu de paniquer", rassura Monsieur Remus, son sourire amical visant à ramener un sentiment de calme dans la pièce.
"Cercei, retournez à la cuisine, et Shire, venez avec moi", continua-t-il, donnant des instructions à nous tous.
Dame Shire lança un dernier regard dans ma direction, et je lui répondis par un sourire rassurant, lui assurant que je n'avais effectivement pas été blessée. Elle suivit obéissamment Monsieur Remus, me laissant sous le regard sévère de Vienna.
"Espèce de g***e misérable !" cracha-t-elle, sa voix un murmure venimeux. Avec une poigne furieuse sur mon bras, elle me traîna violemment à l'extérieur, loin des regards indiscrets.
Nous arrivâmes dans un endroit isolé derrière la grande demeure, près de l'ombre protectrice d'un vieil arbre à pommes. Elle me poussa violemment contre le mur, ses yeux flamboyant d'une intense colère qui semblait la consumer.
"Alors, tu es désespérée à ce point pour attirer l'attention, hein ? Rien de nouveau là-dedans, s****e !" cracha-t-elle, ses paroles dégoulinant de mépris.
"Je ne voulais pas faire d'erreur. C'était purement un accident. Je vous en supplie, Vienna," plaidai-je rapidement, ma voix tremblant de peur.
"Je t'ai clairement dit de ne jamais faire d'erreur et de garder ton visage caché !" cria-t-elle, sa voix bouillonnant de colère tout en serrant fermement mon bras.