Chapitre 6: L'Étranger

1345 Mots
Point de vue de Cercei "Je vous en prie, suppliais-je, trouvez en votre cœur la force de me pardonner," sanglotais-je, les larmes coulant sur mon visage. Soudain, ses yeux prirent une teinte sinistre de jaune, ses mains se transformèrent en pattes sauvages recouvertes de griffes acérées. Instinctivement, je levai les mains pour protéger mon visage alors qu'elle se jeta sur moi, attaquant avec la force d'une bête sauvage. Désespéré et en douleur, je criai, tentant gravement d'éviter ses coups vicieux. "Tu n'es rien qu'un vil serviteur! N'oublie jamais ta place !" grogna-t-elle, poursuivant ses attaques impitoyables. Les larmes coulaient sur mon visage alors que je luttai pour esquiver ses ongles acérés. "Je vous en prie, suppliais-je, arrêtez!" criai-je et implorai-je, ma voix sonnant comme un appel désespéré au milieu de ses attaques continues. Mes cris se mêlaient à l'air, se mêlant au son de ma propre souffrance. "Vienna!" La voix impérieuse de Monsieur transperça la scène horrible, sa profondeur exigeant attention et obéissance. "Relâche-la," l'ordre impérieux de l'Alpha résonna dans l'air. Vienna émit un grognement sourd mais laissa à contrecœur ma prise, me permettant de m'effondrer au sol, tremblante et trempée de larmes. Monsieur Remus s'approcha rapidement, et de l'inquiétude apparut sur son visage. "Retourne à la réunion, Vienna," Monsieur parla glacialement à sa fille, son ton ne tolérant aucune argumentation. Vienna reprit sa forme humaine, se composa, puis s'éloigna, me laissant dans le sillage de son agression. "Es-tu en sécurité, Cercei?" Monsieur demanda doucement, me tendant son manteau pour couvrir mon corps strié de larmes et de sang. Avec douceur, il m'aida à me relever, son toucher étonnamment délicat compte tenu de notre manque d'interaction tout au long de ma vie. "Je vous en prie, Monsieur, c'était une erreur involontaire. Je n'ai jamais voulu que cela arrive. Je vous supplie de me pardonner," implorai-je, ma voix tremblant de remords. "Chut maintenant. Tu devrais retourner dans ta chambre et soigner tes blessures," répondit-il, sa voix mélangeant compassion et commandement. Sa véritable préoccupation me surprit, et notre proximité semblait être un événement nouveau et inattendu que je n'avais jamais anticipé. "Monsieur, votre présence est requise..." La voix de mon père s'éteignit alors qu'il me vit. Ses yeux se fixèrent sur mon visage, puis tombèrent sur le sang maculant mes mains. "Cercei," murmura-t-il, l'inquiétude se dessinant sur ses traits. Hâtivement, il essuya les larmes de mes yeux et examina mes blessures. Monsieur Remus éclaircit sa gorge, se retirant discrètement pour permettre à mon père de s'occuper de moi. Submergée par les émotions, je fondis en larmes incontrôlables, m'accrochant à mon père pour trouver du réconfort. Il tenta de me consoler, sa présence agissant comme une caresse apaisante pour mon esprit brisé. Cependant, les larmes continuaient de couler, ruisselant sur mes joues sans s'arrêter. "Je n'ai jamais eu l'intention d' offenser Lord Adolphus, Papà. Il me touchait, et j'étais effrayée, et..." Mes mots s'éteignirent lorsque mon père me serra plus fort dans une étreinte, me tenant étroitement. "Chut," me consola-t-il, sa présence source de réconfort pendant ma tourmente. Soudain, je vis la forme de notre Alpha à une courte distance. Je jetai un regard furtif à Monsieur Remus, qui se tenait devant nous avec une expression impassible, une présence mystérieuse dans le drame qui se déroulait. "Revenons à l'intérieur, Hènri," déclara Monsieur Remus, son ton dépourvu de chaleur. "Monsieur, puis-je rester avec ma fille ? Elle est blessée et bouleversée," supplia mon père, sa voix teintée d'inquiétude. "J'ai besoin de votre présence à l'intérieur. Je vais faire venir Cecè pour s'occuper d'elle," répondit Monsieur Remus, ses paroles exprimant une froide détachement. "Je vais bien, Papà. Allez maintenant," le rassurai-je, offrant un sourire empli de réconfort. Malgré son inquiétude et son hésitation, il se leva finalement et suivit Monsieur Remus à l'intérieur du manoir. "Cercei..." il appela doucement mon nom. "Va!" insistai-je, ma voix ferme. Il continuait de jeter des regards inquiets dans ma direction en s'éloignant. Je savais qu'il ne voulait pas me quitter, mais je ne pouvais supporter l'idée qu'il puisse subir des conséquences à cause de moi. Je levai les yeux vers le ciel solitaire, son obscurité et son vide reflétant l'angoisse dans mon cœur. Seule la lune solitaire offrait une compagnie, sa lueur pâle étant un témoin silencieux de mon tourment intérieur. J'avais envie de libérer ma colère refoulée, de crier et de la laisser sortir jusqu'à me sentir soulagée. Il semblait que chaque fois que je trouvais un semblant de bonheur, le destin intervenait, souvent pour briser ce bonheur fugace. Consumée par un tourbillon de rage et de désespoir, je cédai à la colère brute qui dévorait ma fragile santé mentale. Mon corps se contorsionna et se transforma, les os craquant et se reformant alors que je me métamorphosais en un redoutable loup. Déchirant mes vêtements, ma forme grandit, mes yeux autrefois verts devinrent d'un rouge ardent. Mes mains se transformèrent en pattes, chaque extrémité se terminant par des griffes tranchantes. Puis, laissant échapper un puissant hurlement, j'accueillis mon nouvel instinct animal, me transformant en un superbe loup au pelage brun riche et aux yeux rouges brûlants. Fonçant au cœur de la forêt, poussée par une envie irrésistible de m'éloigner brièvement, je sprintai avec des mouvements puissants. Le vent froid piqua ma dense fourrure, emportant le chaos de mon esprit tourmenté. Je ne me souciais pas de la direction, car mon seul objectif était de mettre de la distance entre moi et le tourment qui avait envahi mon existence. M'arrêtant brusquement, je découvris une grotte rocheuse isolée cachée au cœur de la forêt. Même de loin, je pouvais entendre le doux murmure de l'eau à l'intérieur de la grotte. Guidée par une force invisible, j'entrai prudemment, revenant lentement à ma forme humaine, et bientôt la transformation s'estompa. À l'intérieur de la grotte, une source chaude réconfortante se dévoila, ses eaux invitant. Progressivement, je m'approchai du bord de l'eau, sentant sa chaleur m'envelopper, apportant du réconfort à mon corps meurtri. En m'immergeant, le toucher guérisseur de l'eau effaça mes blessures, soulageant la douleur qui m'avait étreint plus tôt. En cet instant paisible, une odeur inhabituelle flotta dans l'air, éveillant quelque chose en moi. Elle était à la fois familière et étrange, éveillant mes sens. Je regardai autour de moi, essayant de trouver d'où venait ce parfum mystérieux, mais malheureusement, tout ce que je pouvais voir étaient des rochers. Secouant la tête, je la chassai comme une création de mon esprit. Je m'immergeai complètement dans l'eau, trouvant du réconfort en respirant l'air frais lorsque je remontai à la surface. Cependant, lorsque j'ouvris les yeux, j'en restai bouche bée : un loup énorme et magnifique se tenait juste en face de moi, me laissant sans voix. Couvert d'une fourrure aussi pure que la neige fraîchement tombée et avec des yeux aussi rouges que du sang versé, il avait une présence captivante et mystérieuse. Surprise et anxieuse, je réagis rapidement, reprenant ma forme de loup. Une interaction silencieuse suivit, nos regards se croisent, formant un lien profond qui allait au-delà des mots. L'odeur avait réveillé un sentiment caché au plus profond de mon cœur, libérant une partie de moi que je n'avais jamais explorée auparavant, une sauvagerie brute et inentravée. Submergée par des sentiments indescriptibles, je sprintai immédiatement, m'éloignant du mystérieux loup. Les échos de sa poursuite résonnaient dans mes oreilles, mais la forêt était mon havre de paix, et je connaissais ses sentiers. Après une course interminable, j'ai finalement perdu de vue le loup majestueux. Ma tête battait lourdement, comme si elle allait exploser à tout moment, le poids des événements de la journée pesant sur moi. Des émotions confuses bouillonnaient en moi, me laissant à la fois épuisée et vide. À chaque pas, j'avais l'impression de marcher sur un nuage, détachée du monde réel à mesure que je me rapprochais des imposantes portes de mon propre enfer personnel, le manoir Crescent. Levant les yeux vers la massive porte, elle semblait m'inviter à retourner au manoir, une grande demeure de chaos et de souffrance, un rappel évident de l'obscurité qui avait consumé ma vie pendant dix-huit ans.
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