Je pousse la porte de la salle de classe, les mains dans les poches, comme d’habitude. Quelques têtes se tournent. Rien d’inhabituel. Et puis cette odeur de tableaux mal effacés et de parfums trop forts. Ma place m’attend, tout au fond à gauche, près de la fenêtre. Une place stratégique : assez loin pour fuir les bavardages inutiles, assez près pour tout observer. Je m’y installe sans un mot. Le bois de la chaise grince comme un vieux réflexe. À peine assis, une voix me tire de mes pensées : - Salut, mec. Je tourne la tête. Yassine, installé une rangée plus loin, me fait un signe de la tête. Toujours avec son sourire moqueur, l'air de celui qui en sait plus qu’il ne dit. C’est le genre à avoir tous les ragots avant même que les gens les vivent. Il porte encore sa veste de foot du week-


