Le silence du matin a changé de goût. Il n’est plus tendu. Il est suspendu comme si on ne savait plus vraiment ce qu’on attendait. Plus d’examen. Plus de fiches. Plus de panique. Juste ce vide bizarre entre deux fins. En cours, tout le monde est amorphe. Certains bavardent doucement, d'autres somnolent. En fin de journée, on s’installe, Lucas et moi, au fond de la bibliothèque. On a presque terminé. Il ne reste que les finitions. Des ajustements de design, une dernière vérification de l’algorithme, et préparer la présentation orale. Lucas sort son carnet, branche son ordi, et commence à coder. Je fais de même, commencant par par du travail. Nos gestes sont synchrones maintenant. On ne se marche plus dessus. On ne se cherche plus. Et pourtant, j’ai du mal à me concentrer aujourd’hui. L


