Les jours ont filé à une vitesse étrange. Pas trop vite, juste assez pour que je sente chaque minute. Chaque regard. Chaque parole. Entre Lucas et moi, les séances de travail se sont enchaînées. Toujours à la bibliothèque. Il ne parle plus du carnet rouge, et moi je ne pose plus de questions. Mais je n’oublie pas. Impossible d’oublier. Il continue d’être agaçant. Il continue aussi d’avoir raison, souvent, trop souvent. Mais je m’habitue à sa présence comme on s’habitue à un courant d’air. Il est là, constamment, à la fois discret et impossible à ignorer. Il me surprend parfois à me regarder au lieu de son écran. Je fais semblant de ne rien voir. Parfois, je le fixe aussi, sans trop savoir pourquoi. Juste pour le comprendre, peut-être. Sébastien a remarqué quelque chose. Je le vois à la


