Je sirote mon thé en silence, encore à moitié dans le brouillard du réveil. Assise à la table de la cuisine, j’écoute le cliquetis des casseroles, le bruit de la cafetière et les pas de ma mère qui s’activent comme chaque matin. Elle me jette un regard de côté, entre deux mouvements, et me sourit doucement. - T’as bien dormi ? me demande-t-elle en déposant un panier de pain chaud sur la table. - Oui. Je crois. En vérité, j’ai rêvé de crème solaire dans des mocassins hors de prix et de cochons volants. Merci Sébastien. Je commence à beurrer une tartine quand la porte s’ouvre avec fracas, comme si quelqu’un s’était entraîné à faire une entrée dramatique. Aucun doute possible. - Claire ! s’exclame Sébastien en écartant les bras comme un acteur de comédie musicale. Ma mère se retient de


