Je passe le portail du lycée à l’instant même où la cloche retentit. Le timing parfait. Je relâche un soupir discret, la main encore crispée sur la sangle de mon sac. Mes yeux balayent la cour, et je repère Élise à quelques mètres de là. Elle m’attend. Elle se balance légèrement d’un pied su3r l’autre, comme si elle avait du mal à rester en place. Dès qu’elle m’aperçoit, elle lève la main. - Claire ! T’as vu l’heure ! J’ai cru que tu ne viendrais pas. - Panne d’oreiller, je souffle, un petit sourire en coin. Elle rit doucement, mais je vois qu’elle est distraite et nerveuse. Elle se rapproche de moi, se penche un peu comme pour chuchoter un secret. Et dans un geste hésitant, elle sort une enveloppe de son sac. Elle me la tend. - J’ai écrit la lettre hier soir. Elle ajoute, dans un


