J’ai déposé mon stylo avec une seconde d’avance, presque essoufflée. Mon poignet me fait mal, mais j’ai tout rempli. Je relis vite. Il y a quelques hésitations, des trucs que j’ai peut-être mal posés. Mais dans l’ensemble, ça tient. Le professeur récupère les feuilles avec une efficacité militaire. Il ne sourit jamais, ce prof. Il donne l’impression de garder tous ses sourires dans un tiroir verrouillé qu’on ne lui a jamais appris à ouvrir. Une fois les feuilles ramassées, il se dirige vers le tableau et annonce d’un ton sec : - Nous allons revoir ensemble la correction de l’exercice précédent. Quelques soupirs s’élèvent. Moi, je m’assois un peu plus droit. Je prends des notes en silence. Élise, elle, s’enfonce un peu plus dans sa chaise. - J’ai tout raté, je le sens, murmure-t-elle.


