Plusieurs semaines se sont écoulées, sans que je sache comment j’ai vécu. Je sors de grand matin pour éviter même les visites d’Ernest, car chaque jour je deviens plus misanthrope, plus morose ; je me promène dans les endroits solitaires, je rentre de bonne heure et j’ordonne toujours à mon portier de dire que je n’y suis pas. C’est aussi mon portier qui est mon domestique, qui a soin de mon appartement, lequel est même assez mal soigné. La maison où je demeure maintenant me convient sous beaucoup de rapports : triste et sombre comme la plupart des maisons anciennes du Marais, elle renferme, je crois, fort peu de locataires, car je n’en rencontre jamais sur l’escalier. Cependant j’ai un voisin dont je me passerais volontiers : c’est un homme qui loge dans les chambres mansardées, lesquell


