CHAPITRE XVIII Une rencontre – Le départ Ma conversation avec le tailleur m’a distrait ; mes idées sont un peu moins noires, et je dors mieux : lorsque nous devenons mélancoliques nous nous refusons à toutes distractions, nous fuyons nos amis, dont la présence adoucirait à la longue nos peines. On devrait alors nous traiter comme ces malades que l’on force à prendre des tisanes qu’ils refusent et qui sont nécessaires à leur guérison. Un matin je me rends chez Ernest, qui est venu au moins dix fois chez moi sans me trouver. Sa femme me gronde beaucoup sur ma conduite : – Vous fuyez vos vrais amis, me dit-elle, vous vivez comme un loup !… cela n’a pas le sens commun… Devez-vous vous punir des fautes des autres ? Votre femme a voulu garder sa fille… est-ce une raison pour vous désoler… n


