CHAPITRE PREMIER - Ursule

3045 Mots
CHAPITRE PREMIER Ursule Né à Paris le 15 septembre 1746, Desforges se déclare, conformément à l’usage légal : Pater is est quem nuptiæ demonstrant, le fils d’un digne homme, honnête bourgeois de Paris, marchand de profession, et d’une femme peu jolie, mais parfaitement aimable, très bien faite et fort spirituelle. En réalité, Desforges ne nous laisse pas ignorer qu’un certain médecin, familier de la maison de son père, le docteur Petit, n’était pas étranger à sa naissance. Élevé à la campagne par les soins d’une nourrice qui dut reconnaître son propre lait comme insuffisant, il suça celui d’une bonne chèvre, prénommée Jeanne, qui fit de lui un garçon robuste et bien constitué. À deux ans, il rentre à Paris, auprès de ses parents, et à cinq ans et demi on l’emmène à la pension Maltor. Si j’écrivais un roman, je glisserais sur une foule de détails du jeune âge, pour arriver à la fulminante époque des passions. Mais je suis historien. C’est ma vie entière que j’écris. Je l’écris de préférence pour moi. Mon but est de me rendre à moi-même le compte le plus fidèle possible de tout ce qui m’est arrivé dans le cours d’une existence très tourmentée. Il est probable que j’aurai peu de lecteurs ; mais il est sûr que je me lirai souvent moi-même, pour revivre, s’il m’est permis de parler ainsi, dans ma vie passée, et composer mes derniers instants du souvenir des premiers. D’après cela, il est essentiel que je donne un peu de latitude au récit de mes jeunes aventures. Je n’abuserai pourtant pas, si je puis, de la permission que je m’accorde, et je vais parcourir, en bref, l’espace qui sépare les grands évènements des petits, par un exposé succinct de ces derniers. La pension de M. Maltor, à la barrière du Trône, était belle ; la maîtresse à la grande dent, bonne ; le maître, son mari, brutal ; des deux précepteurs, l’un était imbécile et méchant, et l’autre ivrogne et bon diable. Les élèves en grand nombre étaient aussi différents de caractère que de figure. On buvait de l’abondance, on ne mangeait pas toujours suivant son appétit. On jouait avec ardeur. On travaillait avec nonchalance, souvent grondé, quelquefois corrigé. Les écoliers se réfugiaient machinalement de cette vie assez peu agréable au fond, dans l’insouciance de leur âge, dans leurs espiègleries, dans le sommeil et dans la santé, inséparable compagne de la tempérance, de l’exercice et de l’innocence. Du reste, on était très proprement entretenu, passablement nourri, assez doucement traité, mais faiblement instruit. Ce n’était qu’un passage, une préparation à une éducation plus mâle, plus développée, et il n’en fallait guère davantage alors. Le portrait que je viens d’esquisser est à peu près celui de toutes les pensions consacrées à cet intervalle qui mène de l’enfance à l’adolescence. Enfin m’y voilà installé. Commencements pénibles, regrets tardifs du séjour paternel, habitudes lentes à se former, et enfin résignation totale, telle fut ma marche ; telle sera, je crois, celle de tous les enfants à cette époque. Supposez que, dans ce chaos de volontés, de contrariétés, de tourments et de jouissances de tous les genres analogues à mon âge, j’ai atteint six ans et demi. Supposez que je suis assez gentil, frais, gai, amusant, pas plus bête qu’un autre, avide de m’instruire, dévorant le latin comme un bonbon, brûlant à mon insu d’un certain feu intérieur qui se manifestait d’une manière significative quoique enfantine à l’aspect d’une petite personne qui ne me voyait pas de travers avec ses jolis yeux de douze ans, et vous voilà déjà au tiers du chemin d’un grand évènement. C’est ici que je suis vraiment dans la crise, et la petite anecdote qu’on va lire porte un cachet de singularité qui pourra n’être pas sans intérêt, ne fût-ce que celui de la bizarrerie. Je décris cette aventure avec d’autant moins de scrupules que la plus pure innocence y présida de mon côté et que l’instinct puissant d’une nature précoce en fit les frais de part et d’autre à coup sûr. Voici le fait tel qu’il s’est passé : C’était vers la fin d’avril 1753. Le soir était fort beau. Nous nous étions tous promenés après souper au lieu de jouer comme à l’ordinaire dans les classes. Nous avions beaucoup parlé des revenants, du diable, conversation favorite et dangereuse de tous les enfants. On monte se coucher. Le dortoir était vaste. De deux rangs de lits en face les uns des autres, l’un était adossé au mur, l’autre était disposé de façon qu’il se trouvait entre chaque lit une croisée qui donnait sur la cour. Le mien était le dernier de la ligne et le premier, quand on entrait dans le dortoir qui avait deux issues par la chambre du maître de pension, dans laquelle on descendait par trois marches, et qui restait ouverte toutes les nuits du côté du dortoir. L’autre porte de cette chambre du maître, en face de la porte du dortoir, était sur l’escalier qui conduisait dans le reste de la maison, et la clef y restait presque toujours. Cette description un peu longue était nécessaire pour l’intelligence de ce qui va suivre. Un de mes camarades avait deux dés ; et quand tout le monde est couché, quand les lumières sont éteintes, il se relève, fait rouler ses deux dés sur le carreau, tout près de mon lit, en disant, d’une voix effrayante, que, si les deux dés ont amené treize, le diable viendra emporter, cette nuit même, celui sous le lit duquel ils seront. La frayeur me saisit. Sans réfléchir que deux dés ne peuvent pas amener treize, je saute à bas de mon lit. Je me traîne à terre ; je rampe, je cherche partout dans les environs les maudits dés. Bref, je les trouve, j’ouvre la fenêtre voisine de mon lit, je les jette dans la cour ; je me recouche tout à fait rassuré, et je m’endors d’un sommeil de six ans et demi. Qui ne croirait que le diable ne viendra pas m’emporter ? Hélas ! je le croyais bien moi-même qu’il n’aurait jamais cette audace-là, puisque quand même les dés auraient amené treize, ils n’étaient plus sous mon lit. Mais le diable est bien malin. Écoutez et frémissez. Voici sa première niche, et je puis vous assurer que ce ne sera pas la dernière du même genre. J’étais dans les premiers moments de ce sommeil si profond, qu’on nomme vulgairement le premier somme. Tout à coup je sens comme un fardeau extrêmement pesant, mais ambulant, qui se traîne de mes pieds jusqu’à ma poitrine et s’y étend avec un râle sourd et continu qui me remplit d’épouvante. Je fais un mouvement que j’accompagne d’un signe de croix, fermement persuadé que c’était le diable qui venait me saisir. Le mouvement fait reculer le diable jusqu’à mes pieds, avec lesquels je soulève violemment la couverture. Le diable tombe à terre en miaulant. C’était un gros chat de la maison qui, mal reçu sur mon lit, alla sans doute chercher dans le dortoir quelque hôte plus complaisant. Plus tranquille sur le compte du diable, je me rendors paisiblement, et c’était là où le diable m’attendait, et c’est ici qu’il faut frissonner, fût-on de marbre. J’avais renoué le fil de mon premier rêve, je ne sais pas même si je ne ronflais pas bien fort quand je me sens tirer tout doucement, tout doucement, hors de mon lit. Je n’ai pas besoin de dire que pour cette fois il n’y eut plus moyen de douter que ce fût vraiment le diable qui m’emportait. L’effroi glaça tous mes sens, enchaîna ma voix et toutes mes facultés, et je passai du sommeil de la nature à celui de l’évanouissement. Je ne sais pas trop combien dura ma défaillance, mais je sais bien qu’à mon retour à la connaissance je me sentis caressé, serré, réchauffé, baisé avec ardeur par toutes les parties de mon corps et surtout celles qui prononçaient mon s**e. Extrêmement sensible et très délicat, je ne sortis d’une extase que pour entrer dans une autre, car la manière dont on m’électrisait m’avait rendu, non seulement à la vie, mais même à la plus irrésistible volupté. On s’était emparé de mes menottes que l’on promenait amoureusement sur des petits monticules placés les uns à la partie supérieure, les autres à l’inférieure et du côté opposé. J’ai reconnu depuis que ces deux jolis globes, si doux au toucher, pouvaient bien être ce qui se nomme, en langue un peu vulgaire, des… Je crois qu’on me devine. Quoi qu’il en soit, on ne s’épargnait point pour me rendre la chaleur que la frayeur m’avait ôtée, et l’on choisit, pour y parvenir, un petit asile où l’on me plaça dans une charmante attitude, en serrant et agitant mes jeunes reins par des mouvements délicieux que l’on partageait, et dont le résultat me sera toujours présent. Le jeu fut continué jusqu’au moment où la fatigue d’un exercice bien neuf pour un enfant de six ans et demi me replongea dans un sommeil presque léthargique, à la fin duquel je me trouvai seul dans mon lit. Je ne doute pas qu’on ne soit un peu curieux de savoir quel était le diable qui m’avait emporté, comme je viens de le décrire. On n’attendra pas longtemps. La pension dans laquelle j’étais renfermait, outre les paysans de l’un et de l’autre s**e, car ma sœur y fut quelque temps avec moi, des enfants plus ou moins âgés, mais toujours des filles que la commisération de la dame à la grande dent y recueillait avec bonté. On leur donnait le nécessaire et quelque éducation élémentaire, à condition qu’elles rempliraient dans la maison quelques petites fonctions concernant le linge, la propreté des chambres, etc., etc. Une d’entre ces élèves de la bienfaisance, âgée de douze ans, fraîche comme une rose, ronde comme une boule, blanche comme la neige, gaie comme un pinson, agile comme un cabri, douce comme un agneau, vive comme un poisson, sensible comme une tourterelle, ardente comme… vous voudrez l’imaginer, était le charmant lutin qui m’avait fait tant de peur et tant de plaisir dans cette incroyable nuit. À peine fus-je réveillé – il était tard, – que je vis arriver auprès de mon lit le précepteur, ivrogne et bon enfant, qui, ne m’ayant vu ni à la prière ni à la classe du matin, venait s’informer de moi à moi-même. La petite Ursule, – c’est le nom de mon lutin, – l’accompagnait. L’abbé me demande ce que j’ai. – Il est malade, dit Ursule ; je le vois bien. Tenez, ce pauvre petit homme, voyez comme il est changé. – C’est vrai, dit le bon précepteur. Et c’était vrai, car j’étais horriblement fatigué tant de la frayeur que des suites de l’e********t. – Eh bien ! continue l’abbé, d’où cela vient-il, mon ami ? – Du diable qui m’a… – C’est un enfant, interrompt Ursule ; il a peur du diable. Tenez, monsieur l’abbé, il faut le laisser se reposer ; je crois qu’il en a besoin. – Et je le crois de même. Allons, repose-toi mon petit homme, et ne t’amuse pas à avoir peur du diable, entends-tu ? Ursule dit qu’elle allait dans un instant m’apporter un bouillon. En effet, quelques minutes après, elle revint. Il n’est sorte de caresses que cette chère enfant ne me fît. Notre conversation fut courte, et sa singularité veut que je la rapporte. C’était l’heure de la classe du matin ; tout le monde était occupé ; nous étions absolument seuls. Ursule va fermer les portes et me dit ensuite, en me baisant bien tendrement, bien amoureusement : – Qu’est-ce qui t’est donc arrivé cette nuit, mon petit homme ? Je lui racontai tout ce que l’on vient de lire avec la plus enfantine naïveté. La petite espiègle me fit insister sur les détails, me força à répéter, à peindre mes jeunes sensations, et, pour compléter l’interrogatoire, se glissa dans mon lit, où sûre d’être seule avec moi, sans crainte d’être interrompue, elle entama une seconde représentation de la scène nocturne et se livra à des développements qui me firent connaître à fond le joli démon auquel j’avais eu affaire. Ah ! j’en demande bien pardon aux rigoristes. Je sais que cette anecdote n’est pas du genre le plus édifiant ; mais j’ai promis d’être exact et vrai. Peut-être même aurai-je quelques envieux quand je soulèverai le voile bien blanc qui cachait des attraits de douze ans plus blancs encore, quand je dirai avec quelle ardeur d’innocence et d’instinct je baisais ces formes si fines, si délicates. Je ne sais pas si mon cœur ne palpite pas encore à ce doux souvenir. Ô ma bonne petite Ursule ! que tu étais donc ferme, potelée, agile, industrieuse et caressante ! C’est toi, petite amie, qui m’as donné la première leçon d’amitié. Va, je ne l’ai pas oubliée, et la suite de mon histoire en donnera de fréquentes preuves. Bref, nous voilà bien convenus de nos faits. – Dors toujours tranquille, mon bon petit ami ; et, si la nuit il prend fantaisie à quelque lutin de venir de temps en temps te réveiller, n’aie plus peur du diable, je t’en prie. Après mille baisers, mille jolies caresses plus friandes les unes que les autres, il faut se séparer. Ursule me conseille de faire le malade, et se charge d’avoir bien soin de moi pendant ma maladie, qui peut devenir dangereuse. La petite friponne la fait durer trois grands jours et autant de nuits. Il faut être juste : je ne me rappelle pas d’avoir en toute ma vie eu de semblables jouissances. J’ai sans doute été depuis plus longtemps, plus savamment, plus complètement heureux, mais ce fut d’un autre bonheur que celui que je viens de retracer et qui n’a jamais pu sortir de ma mémoire. Hélas ! il ne dura qu’un an ; mais je passai cette benoîte année dans le paradis. Ursule, active et intelligente, adorée de la maîtresse à la grande dent, était en même temps la bonne amie de la fille de la maison, jeune personne toute aimable, qui se reposait sur elle des soins confiés à elle-même par sa mère. Ces soins étaient la garde des fruits, des liqueurs, des confitures, des biscuits, de toutes les friandises ; et Dieu sait combien le dépôt de toutes ces douceurs fut souvent écorné et v***é pour moi ! Qu’on ne croie pas que l’imprudente et trop éveillée Ursule exigeât de moi rien qui surpassât mes forces ; nos entrevues n’étaient pas si fréquentes qu’on pourrait se le persuader. Je ne sais même s’il n’était pas temps que mes parents me retirassent ; car, vers la fin de l’année, Ursule commençait un peu à s’attiédir, et cela vraisemblablement parce que j’étais, comme tant d’autres qui ont plus de sept ans, remplacé par quelque substitut que je ne connaissais pas. Au reste, mon heureuse étoile me sauva les tourments de la jalousie, les dégoûts du refroidissement, et l’humiliation d’être quitté. Un beau matin, au moment où je m’y attendais le moins, le docteur Petit et ma mère viennent me chercher et m’annoncent, en m’embrassant gaiement, qu’il faut faire mes adieux à la barrière du Trône et à ma pension. Cette nouvelle ne me causa pas la moindre peine. Je fis d’un air jovial ces derniers adieux au maître, à la maîtresse, à mes camarades et à Ursule, qui, sentant peut-être qu’elle allait pourtant perdre en moi quelque chose, ne put retenir une larme. Je l’essuyai, sans la partager, avec le b****r de la reconnaissance et le sentiment calme d’un doux souvenir. Mon paquet est fait, attaché derrière la voiture, dans laquelle je monte avec ma mère et le docteur, et me voilà en chemin vers la maison paternelle. Mon destin ne fut jamais d’y faire de bien longs séjours ; car une huitaine au plus après mon arrivée, on me signifia que j’allais entrer chez M. Aupy, maître de pension, rue Mazarine, et commencer ma sixième au collège des Quatre-Nations, ou Mazarin. J’aime et respecte trop mes lecteurs pour leur faire avaler l’ennui que me causèrent les Aupy, les leçons des manœuvres pédants et des pédants en chef. Je leur sauverai le détail nauséabond des aventures de cette émétique année. Un seul fait remplira l’intervalle qui s’est écoulé entre ma courte apparition au collège Mazarin et mon entrée à celui de Beauvais, l’année d’ensuite. Le fait que je vais rapporter ne m’est pas personnel, mais il n’est point étranger à mon histoire et peut servir d’exemple et de leçon à ces maîtres corrompus dont le nombre était immense à cette époque. Je tâcherai de couvrir mon récit d’un voile qui en cache la trop révoltante nudité et me sauve des reproches de l’oreille chaste. J’en étais là de ma narration. Un ami entre, me surprend au travail, veut voir ma besogne, m’arrête, et me dit, après avoir entendu de vive voix le sujet dont j’allais occuper ma plume : – Que vas-tu faire, mon ami ? Salir ce papier par le tableau hideux de scènes trop connues, trop multipliées, et sur lesquelles l’œil honnête ne saurait se fixer sans frémir. Crois-tu apprendre à quelqu’un que ces collèges, prétendus sanctuaires des vertus et des mœurs, qui devraient l’être du moins, sont des cloaques impurs de la plus dégoûtante corruption ? Ne sait-on pas que c’est dans leur enceinte empoisonnée que des millions de jeunes gens ont respiré l’air infect de la dissolution la plus effrénée et la plus faite pour épouvanter la raison et la nature ? Ignore-t-on encore que d’infâmes gardiens de l’innocence et de la pureté des élèves confiés à leurs soins, sont ceux-là mêmes qui ont perverti les esprits, incendié l’imagination, dégradé les cœurs, souillé les corps, gangrené les âmes ? Ne trempe point tes pinceaux dans les odieuses couleurs de la p**********n collégienne ; ne nous fais pas entrer dans les convulsions de l’indignation, à l’aspect hideux de ces satyres déhontés qui ont méphytisé la nature dans leurs sales orgies, et métamorphosé en rage infernale le plus doux et le plus céleste des plaisirs. C’est ainsi que mon sage ami exhala sa sainte colère. Je sentis combien il avait raison. Je me fais en conséquence un devoir et un plaisir d’épargner au lecteur la repoussante description que j’allais entamer. Il est extrêmement vraisemblable que la pureté la plus absolue ne sera pas la partie dominante de mes aventures ; mais je fais ici deux serments auxquels je serai fidèle. Le premier est de ne plus reporter ma plume vers ces anecdotes scandaleuses, dont le nombre est malheureusement si grand, et qui m’inspirèrent toujours une profonde horreur. Autant d’Ursules que l’on voudra, à la bonne heure. Il n’y a rien de joli comme une Ursule ; mais fuyez, fuyez loin de moi, Ganymèdes et Gitons, Encolpes et Ascyltes modernes ; fuyez pour jamais. Ce ne sera point moi qui profanerai mes crayons en les condamnant à tracer vos écarts inconcevables et vos plaisirs aussi révoltants que faux. Assez d’autres peintres, indignes d’être cités, ont fait rougir la toile de ces honteuses et inexcusables obscénités. Voilà mon premier serment ; il s’adresse aux deux sexes et à la société entière. C’est spécialement aux dames que je dois le second. Je leur promets et me promets à moi-même de ménager tellement les nuances, de respecter tellement dans l’expression ce qui sera un peu hasardé dans le fond, qu’on finira par convenir que tout le monde peut supporter la lecture de ces mémoires, s’y attendrir souvent, et y sourire quelquefois. Je n’aurai pas toujours neuf ans. Je marche pas à pas vers ma croissance ; je grandis imperceptiblement, et quelques chapitres me verront bientôt de toute ma hauteur. Terminons celui-ci par trois mots. Mon professeur de sixième, au collège Mazarin, veut me faire perdre une année à doubler cette première classe ; – il avait ses raisons. – Je les soupçonnai d’après des aperçus peu douteux. J’en fis part à mes parents. Le docteur Petit, leur guide ordinaire, conseilla le collège de Beauvais, rue Saint-Jean-de-Beauvais, et à la rentrée des classes, je me vis installé dans cette maison.
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