Il parle du ton sec de l’homme habitué à diriger. Introduisant une touche d’humanité dans sa voix, il reprend : — Je suis moi aussi un homme de terrain, voyez-vous. J’estime que les gars qui vont risquer leur peau ont le droit de donner leur opinion. De plus, il est possible que j’aie omis un détail. Je propose donc que nous enterrions la hache de guerre et que nous mettions nos expériences en commun. Qu’en dites-vous ? Je me contente d’opiner. S’il croit que je vais faire preuve de volubilité, il se trompe. Je me fais plus l’effet d’un collégien convoqué chez Monsieur le directeur pour recevoir une punition exemplaire en réponse à son comportement que celui d’un partenaire. Estimant que mon silence équivaut à un accord, il enchaîne : — J’attends de vous que vous vous rendiez dans un po


