4.Quand on passe entre cinq et sept heures du soir sur le boulevard des Italiens, on rencontre, se promenant depuis la rue Drouot jusqu’à la rue Laffitte, une collection d’individus qu’on peut classer parmi les curiosités de Paris. Sans un sou dans leurs poches, sans ressources d’aucunes sortes, n’ayant rien autre chose enfin que de l’audace et de l’intelligence, ils vont le nez au vent, fumant leur cigare, attendant qu’un million tombe d’un instant à l’autre dans leur portefeuille ouvert. Ils n’ont pas déjeuné, ils ne savent s’ils dîneront, ils n’osent rentrer chez eux pour ne pas avoir à payer les courses qu’ils ont fait faire le matin par leur concierge ; peu importe, ils comptent sur leur million et l’attendent ; tôt ou tard il viendra. Et à vrai dire, quelquefois il arrive. Ils ont fa


