6.— Combien j’ai été inquiète de vous ! me dit miss Clifton, car j’ai appris par les gens chez lesquels vous avez logé à Doncourt que vous ne pouviez pas marcher, dans ces douloureuses étapes de Sedan à Pont-à-Mousson. Comment donc avez-vous pu vous sauver ? Ce souvenir, cette marque d’intérêt, le ton avec lequel la jeune Anglaise m’interrogeait, le regard qui accompagnait ces paroles, tout cela me troublait et me remuait au fond du cœur. Il y avait donc au monde quelqu’un qui pensait encore à moi. Pendant la terrible journée où j’étais resté lié au cadavre du gendarme prussien, peut-être miss Clifton m’avait-elle suivi en pensée ! Mais je ne me laissai pas aller à ces impressions. — J’ai là un blessé bavarois, lui dis-je sans répondre à ses questions ; ne pourriez-vous pas lui faire don


