17.M’échapper dans les conditions où je me trouvais, enchaîné à un gendarme, surveillé par un autre qui me casserait la tête d’un coup de pistolet au premier pas que je ferais, me paraissait si parfaitement impossible que je n’y pensais même pas. Ma seule préoccupation était de chercher le thème que j’aurais à développer devant les autorités prussiennes de Sarrelouis, et il y avait là de quoi tenir mon esprit en éveil. Accepterait-on ma fable du gentleman anglais ? Elle n’était guère solide et dans le détail elle offrait bien des points faibles. Les chevaux de mes gendarmes avaient le pas long, il m’était assez pénible de les suivre ; mon pied n’était pas guéri complètement et je traînais la jambe. Quand je m’attardais, la chaîne se raidissait et d’un coup sec mon gardien me ramenait à l


